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Palmarès du FIFDH 2019

  • Mis à jour : 17 mars

Des salles combles, un public enthousiaste, jeune et venu de tous horizons : l’édition 2019 du Festival du film et forum international sur les droits humains, qui s’achève ce dimanche à Genève, aura une nouvelle fois été un immense succès public, avec un taux de remplissage de 92% dans 62 lieux du Grand Genève et en Suisse romande. Durant 10 jours, 300 intervenant·es se sont succédé·es à l’occasion de 200 événements autour de 47 films, dont de nombreuses premières mondiales, internationales et avant-premières, en présence des cinéastes et protagonistes.

Le FIFDH 2019 a été un espace d’actions, d’idées et de transformations, consacré aux nouvelles formes de résistances artistiques, politiques et collectives, avec des personnalités hors du commun, qui incarnent l’engagement face au recul sans précédent des droits humains à travers le monde, y compris en Suisse.

Célébrer l’engagement citoyen
« Je n’agis pas pour moi, mais pour les autres. » À l’image de Magdalena Nandege Lokoro, militante pour la paix au Soudan du Sud qui s’exprimait au Festival aux côtés de l’acteur Forest Whitaker, le FIFDH a donné la parole à celles et ceux qui résistent sur le terrain.

La participation des femmes au débat public aura été l’une des lignes directrices de cette édition. L’activiste féministe brésilienne Ludmilla Teixeira a dénoncé le recul de la démocratie et des droits humains au Brésil. Son appel à la vigilance de la communauté internationale sur la situation dans son pays et à la mobilisation des femmes contre un populisme misogyne, raciste et homophobea résonné au FIFDH. Au cœur de l’actualité, le Festival a consacré une soirée à la question du cyberharcèlement des femmes journalistes, il s’est interrogé sur les identités de genre et a mis à l’honneur les femmes défenseuses des droits humains.

Le Festival a mis en avant l’action des jeunes de LUCHA, mouvement citoyen militant pour la démocratie en République démocratique du Congo. « En prison, j’étais plus libre que ceux qui m’interrogeaient » a témoigné Fred Bauma, l’un de ses militants. Le FIFDH s’est intéressé à l’avenir de l’Irak avec Mustafa Saadoon, Directeur de l’Observatoire irakien des droits de l’homme, et Maha Alsakban, Présidente du Human Rights Advisory Board of Iraq, permettant ainsi de remettre les Irakien·nes au cœur des discussions sur l’avenir de leur pays.

Le Festival a interrogé les 30 ans du web en présence de son inventeur Tim Berners-Lee, ainsi que lors d’un hackathon destiné à faire naître de nouveaux projets pour mettre le numérique au service des droits humains.
L’identité de la Suisse et son rôle dans le monde ont été questionnés lors d’un débat réunissant Christine Beerli, Tim Guldimann et Dick Marty. Le Festival a également donné la parole aux personnes sans statut légal régularisées à Genève dans le cadre de l’Opération Papyrus, en partenariat avec la RTS.

Le cinéma peut-il changer le monde ?
« Il n’y a pas de meilleur instrument que le cinéma pour créer l’empathie et offrir la possibilité de se mettre dans la peau de l’autre. » L’acteur Forest Whitaker rappelait sur la scène du Festival la puissance du cinéma. Rithy Panh est venu présenter son nouveau film Les tombeaux sans noms, produit par ARTE, qui conclut une trilogie puissante consacrée au génocide cambodgien.
En avant-première internationale, le Festival a également présenté The Edge of Democracy, documentaire réalisé par Petra Costa et consacré à l’histoire récente du Brésil.
Pour la première fois cette année, le FIFDH s’est impliqué dans le développement de nouveaux projets. À l’occasion de sa journée professionnelle Impact Day, le Festival a réuni cinéastes, ONG, fondations et philanthropes autour de projets de film documentaires qui ont un impact sur la société. À la fin de la journée, le projet Mars de Dea Gjinovci et produit par Britta Rindelaub de Alva Filma (Suisse), a reçu le prix Impact FIFDH doté de CHF 2’000.

Bruno Boudjelal, Laurent Gaudé, Ai Weiwei, Roberto Saviano : un lieu de foisonnement artistique
Le photographe Bruno Boudjelal, artiste en résidence du Festival, a créé le projet Ne mourrons pas fatigués, qui aborde la question des flux migratoires à travers la narration et le témoignage personnel d’habitant·es de Meyrin. L’artiste Ai Weiwei est venu s’exprimer à l’issue de la projection du film XIMEI, de Andy Cohen et Gaylen Ross, dont il est producteur exécutif. Roberto Saviano, s’est exprimé par vidéoconférence dans le cadre de la parution en français de son nouveau roman Baiser Féroce. L’écrivain Laurent Gaudé est venu présenter au Festival des extraits de sa dernière pièce de théâtre, Et les colosses tomberont, inspirée de son expérience en tant que membre du jury du FIFDH 2017, ainsi qu’une performance photographique avec le photographe Gaël Turine. L’écrivain Yves Pagès a présenté une performance jouissive autour des graffitis de mai 68 à nous jours. Le musicien Sahin Najafi, membre du jury, s’est quant à lui produit en concert à l’Alhambra dans le cadre du Festival.

Aïssa Maïga au Centre d’hébergement des Tattes
Le Festival s’engage en faveur de la cohésion sociale et de l’accès à la culture, en organisant un nombre toujours croissant d’événements gratuits dans des centres pour personnes migrantes,des institutions sociales, des hôpitaux, des centres de détention et en ouvrant ses portes aux bénéficiaires de l’Hospice Général. L’actrice française Aïssa Maïga a rencontré le public au Centre d’hébergement des Tattes (Vernier), à la suite de la projection du film The Boy Who Harnessed The Wind de Chiwetel Ejiofor.

PALMARÈS OFFICIEL

Section Documentaires de création

Le Jury International documentaires de création était présidé par Leïla Slimani, aux côtés de Fellipe Barbosa, Hussain Currimbhoy et Julie Trébault.

- GRAND PRIX DE GENÈVE
« DELPHINE ET CAROLE, INSOUMUSES » de Callisto Mc Nulty
« Nous avons été séduits par la vivacité, la fraîcheur et l’engagement de ce documentaire. Une ode à deux femmes d’action, à l’amitié et au pouvoir de la transmission qu’incarne la petite fille. »

-  PRIX GILDA VIEIRA DE MELLO EN HOMMAGE A SON FILS SERGIO VIEIRA DE MELLO
Offert par la Fondation Barbara Hendricks pour la Paix et la Réconciliation
« ON HER SHOULDERS » d’Alexandria Bombach
« Nous avons voulu saluer l’extraordinaire engagement de la réalisatrice auprès de Nadia Murad dont le courage et l’opiniâtreté nous ont bouleversés. »

MENTION SPÉCIALE du jury international compétition documentaire
« STILL RECORDING » de Ghiath Ayoub et Saeed Al Batal
« Mention politique et éthique. Nous ne pourrons plus dire que nous ne savions pas. »

Dans le Jury des jeunes Compétition documentaires de création : Eliot Brown, Justine Fontanet, Pablo Morsia, Alex Rey, Eliott Riat et Lucie Romer

PRIX DU JURY DES JEUNES COMPÉTITION DOCUMENTAIRE
Offert par les Peace Brigades International (PBI)
« STILL RECORDING » de Ghiath Ayoub et Saeed Al Batal

MENTION SPÉCIALE du jury des jeunes compétition documentaire
« GHOST FLEET » de Jeffrey Waldron et Shannon Service
« Ce documentaire a su illustrer le pouvoir du cinéma et de l’image qui permettent de marquer un moment dans le temps et de nous instruire. Tout cela en utilisant une mise en scène artistique hors du commun qui a su capter l’attention de toute la salle de cinéma. En nous faisant voyager à travers les océans, les sentiments et en nous impliquant dans la cause de l’esclavagisme moderne dans l’industrie de la pêche, j’ai le plaisir de vous annoncer que la mention du Jury des Jeunes est attribuée à Ghost Fleet de Shannon Service et Jeffrey Waldon. »

SECTION FICTION

Le Jury International Fiction était présidé par Pat Mitchell, aux côtés de Uzodinma Iweala, Shahin Najafi, Anne Deluz et Philippe Cottier.

GRAND PRIX FICTION ET DROITS HUMAINS
Offert par la Fondation Hélène et Victor Barbour
« THE BOY WHO HARNESSED THE WIND » de Chiwetel Ejiofor
« À travers une réalisation fluide, incarnée par des acteurs qui offrent une rare authenticité à leurs rôles, le cinéaste nous alerte sur l’importance de l’éducation, de la transmission entre générations, des enjeux qui concernent en particulier les femmes des zones rurales du Malawi. Le film reflète aussi de manière spectaculaire l’urgence à laquelle la société africaine est confrontée face aux changements climatiques. »

MENTION SPÉCIALE du jury international compétition fiction
« CARMEN & LOLA »
de Arantxa Echevarría
« Arantxa Echevarría signe ici son premier long métrage au ton naturaliste, avec deux actrices non professionnelles – les étonnantes Zaira Romero et Rosy Rodriguez –, dont le naturel et la vérité participent de la réussite du film. La force du récit tient autant dans le discours engagé que dans la résistance qu’opposent les deux héroïnes à leur environnement. Un cinéma qui témoigne ici avec pudeur et justesse de l’émerveillement d’un premier amour. »

Dans le Jury des jeunes Compétition fiction : Wedid Ben Hamiden, Leïla Berthoud, Mathilde Foehr, Julia Oliveira et Colin St Mary

PRIX DU JURY DES JEUNES COMPÉTITION FICTION -Offert par la Fondation Eduki
« CARMEN & LOLA » de Arantxa Echevarría
« Ce film nous a laissé révoltés tout en nous donnant le désir de continuer à nous battre contre les inégalités et la discrimination. La diversité et la pertinence du traitement thématique décrit une réalité et dépeint des portraits à la fois complexes et nuancés. Il met à l’honneur des femmes fortes et libres, que cela soit la réalisatrice ou les personnages principaux. La réalisatrice a su traiter avec beauté et sensibilité d’une thématique universelle et très actuelle. Avec son film, elle lance un appel essentiel à la tolérance. »

MENTION SPÉCIALE du jury international compétition fiction
« ANOTHER DAY OF LIFE » de Raúl de la Fuente et Damian Nenow
« Pour l’originalité de son angle d’approche ainsi que sa richesse visuelle et sonore. »

SECTION GRANDS REPORTAGES

PRIX DE L’OMCT
Offert par l’organisation mondiale contre la torture (OMCT)
« CONGO LUCHA » de Marlène Rabaud
« Congo Lucha est un film plein d’humanité, très riche artistiquement, qui allie moments poignants et humour, pour montrer une image différente d’un pays accablé par plus de 20 ans de conflit. On y voit une jeune génération de défenseurs des droits humains qui lutte, par des moyens pacifiques et en dépit de tous les risques, contre la répression et la torture systématique. La tenue d’une élection présidentielle en janvier de cette année, qui a vu une première alternance – certes contestée mais aussi pacifique –, doit beaucoup au courage de ces jeunes. Ce prix est aussi un hommage à l’en- gagement de cette nouvelle génération de défenseurs, et un encouragement à leur action future. »

JURYS SPECIAUX

PRIX DU JURY DE CHAMP-DOLLON Unité Femmes - Offert par la Ville et l’État de Genève
« THE SENTENCE » de Rudy Valdez
« Ce film nous a touchées car la question de l’enfermement peut concerner tout le monde. La peine de Cindy a affecté toute sa famille mais malgré cela Cindy est restée mère, femme, fille et sœur. Tant qu’il y a de l’amour il y a de l’espoir. Cindy et sa famille nous l’ont prouvé tout au long de cette histoire. Merci d’avoir partagé avec nous un peu de votre intimité. »

PRIX DU JURY DE LA CLAIRIÈRE
Offert par la Ville et l’État de Genève
« UN JOUR ÇA IRA » de Stan et Edouard Zambeaux
« De trop nombreuses personnes vivent dans des centres d’hébergements d’urgence, traversent des moments difficiles, ce film est leurs histoires et en particulier l’histoire de Djibi qui à notre âge. Nous avons été interpellés et beaucoup touchés. Cette histoire c’est aussi celle de certains d’entre nous. Malgré leurs difficultés, le film nous a montré qu’il y a toujours de l’espoir et qu’il faut garder la foi. C’est pourquoi nous avons décerné ce prix pour l’espoir, la foi, pour Djibi et toutes ces personnes que nous avons découverts le temps d’Un jour ça ira. Djibi, tu es l’exemple que malgré la galère, on peut s’en sortir. Force à toi, Force à vous toutes et tous. »

MENTION DU JURY DE LA CLAIRIÈRE
« SONITA » de Rokhsareh Ghaem Maghami
« Nous avons aussi attribuer une mention spéciale au Film Sonita de Rokhsareh Ghaem Maghami afin d’affirmer notre soutien auprès de toutes les jeunes femmes victimes du mariage forcé. »

PRIX DU JURY DE LA BRENAZ
Offert par la Ville et l’État de Genève
« THE SENTENCE » de Rudy Valdez
« Nous, jury de la Brenaz, avons attribué le prix du meilleur film à The Sentence de Rudy Valdez pour son authenticité et l’espoir qu’il nous insuffle. Nous avons été particulièrement touchés car cette histoire c’est aussi la nôtre, celle de nos familles. C’est un film qui dénonce la justice arbitraire sans considérations humaines.Merci à Rudy Valdez. »

MENTION DU JURY DE LA BRENAZ
« GRAND ET PETIT » de Camille Budin
« Le jury de la Brenaz ont également attribué une mention spéciale au film Grand et Petit de Camille Budin. Merci de nous avoir invité à replonger dans nos univers d’enfants. »

PRIX DU JURY DES HUG HÔPITAL DE JOUR ET MALATAVIE
Prix Artopie - Fondation d’Harcourt
NI D’ÈVE, NI D’ADAM. UNE HISTOIRE INTERSEXE de Floriane Devigne
« Nous, Jury de l’Hôpital de jour et de Malatavie unité de crise, décernons le prix Artopie du meilleur film à Ni d’Eve Ni d’Adam - Une histoire Intersexe de Floriane Devigne. Le thème de l’intersexualité nous a beaucoup touché.Grâce au film nous espérons que l’intersexualité sera mieux comprise et respecté. C’est un sujet qui ne devrait pas être tabou et dont on devrait parler à tout moment et sans aucun problème.Merci aux protagonistes du film, Audrey, M. et Deborah et merci à Floriane Devigne pour nous avoir fait découvrir et mieux comprendre ce que vivent les intersexes. »