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CYCLE Acteur et actrices français _ Yvonne Printemps

  • Mis à jour : 9 mars

Yvonne Wigniolle, dite Yvonne Printemps, née à Ermont le 25 juillet 1894 et morte à son domicile 8 bis rue Saint-James, Neuilly-sur-Seine, le 18 janvier 1977, est une soprano lyrique et une actrice dramatique française de l’entre-deux-guerres.

YVONNE PRINTEMPS

ENFANCE

Yvonne Printemps est la fille de Léon-Alfred Wigniolle, né à Valenciennes, et de Palmyre Vignolle, née au Cateau-Cambrésis. Son père est caissier et délaisse le foyer familial pour courir les jolies filles et « faire la noce ». Sa mère l’élève ainsi que ses deux frères, Léon et Lucien, et sa sœur, Lucienne, en faisant de la couture à domicile. Léon est l’aîné, suivi de Lucienne et Lucien et enfin de la petite Yvonne, née au hasard d’un retour de flamme de son père. Sa mère aime toujours son père qui ne sait rester en famille et n’a de cesse que de les quitter pour finir par partir tout à fait. Yvonne a quatre ans lorsqu’elle lui dit de s’en aller. La vie n’est pas facile pour Palmyre. Il manque souvent le nécessaire et quand les aînés s’en vont, Palmyre s’occupe d’Yvonne.

CARRIERE PROFESSIONNELLE

Débuts au music-hall

Mais Yvonne n’est pas douée pour le malheur. Toute jeune elle a déjà un désir irrépressible de plaire et quoi de mieux pour ça que le théâtre. A 10 ans elle fait ses débuts sur scène à Butry sur Oise dans un petit spectacle amateur. Mais nécessité fait loi ! C’est là que par hasard Paul Louis Flers l’entend chanter ; Lui, c’est ce qu’on appelait à l’époque un revuiste. Ancien directeur du Moulin Rouge, il œuvre pour l’instant aux Folies Bergère. Il n’a pas trop de mal à convaincre Palmyre que sa fille a un rossignol dans la gorge et doit aller à Paris ! Un an plus tard Yvonne arrive flanquée de sa mère au théâtre de la rue Bergère ! Les artistes et les machinistes voient débarquer ’’une gosse dans toute la disgrâce de l’âge ingrat, maigre comme un jeune chat de gouttière, avec un gros nez, une grande bouche avec de jolies dents, mais par-dessus tout des yeux immenses’’. Et une voix naturellement ravissante. C’est à ce moment-là que Flers lui donne le surnom de ’’Printemps’’. Sa mère devenant dans la foulée madame Hiver

À quatorze ans, la voici à la Cigale dans une revue au titre évocateur, « Nue Cocotte », y campant un « Petit Chaperon Rouge » assez déluré. Ce rôle lui a-t-il ouvert des horizons, s’y est-elle épanouie ? Le fait est que Palmyre commence à justifier son surnom de madame Hiver en tentant de réfréner les ardeurs estivales ou automnales des hommes. Elle revient aux Folies Bergère. Ses rôles s’étoffent.

À quinze ans, elle entre aux Folies Bergère pour quatre années. À dix-huit ans, elle fait partie de la distribution de « Ah ! les beaux nichons » avec Maurice Chevalier. Son intelligence, son charme, sa beauté et sa voix exceptionnelle la font remarquer d’André Messager, de Sacha Guitry et d’Albert Willemetz qui écrivent pour elle comédies musicales, pièces de théâtre et sept revues. En 1916, Sacha Guitry la fait débuter aux Bouffes-Parisiens dans sa comédie « Jean de la Fontaine ». Elle y interprète le rôle de sa maîtresse. Ne connaissant absolument pas la musique, elle chante « naturellement », se bornant à améliorer certains aspects de sa voix auprès de Mme Paravicini.

Diva de l’opérette
Elle va s’essayer à l’art lyrique avec ’’les Contes de Perrault’’. Succès critique et public. Mais avec son intuition elle préfère être la reine de l’opérette sur les boulevards que le numéro 2 ou 3 à l’opéra. L’avenir et Guitry lui donneront raison. Sacha est toujours à roder autour d’elle. En 1915 il lui écrit avec Willemetz une revue ’’Il faut l’avoir’’. Le message est clair, mais...En 1916 il lui fait jouer le rôle de sa maîtresse dans ’’Jean de La Fontaine’’ mais...Mais Yvonne avait le cœur et la tête dans les nuages avec son bel aviateur Georges Guynemer.

Elle travaillera exclusivement pour Sacha Guitry jusqu’en 1932. Ce furent des années de triomphes, théâtre, music-hall, opérettes, comédies musicales, de fêtes, de soirées extravagantes, de bijoux, de toilettes, de voitures, de petits chiens, de scandales dans les gazettes, d’amants et de scènes de ménage, de voyages triomphaux en Angleterre et aux Etats-Unis. En 1925 A. Willemetz et M. Yvain écrivent pour elle le ’’pot-pourri d’Alain Gerbault’’ (célébrité du début des années 20 parti faire le tour du monde en solitaire pour oublier un amour malheureux pour la tenniswoman Suzanne Lenglen). On peut considérer que c’est le premier tube de l’histoire du disque.

Sa voix unique de « vrai rossignol » marqua son époque et l’opérette. Archétype de la diva, son mauvais caractère, ses frasques, ses bijoux parmi les plus beaux de l’époque (dont beaucoup de cadeaux de Sacha Guitry), ses chapeaux, ses petits chiens et ses toilettes alimentèrent la chronique. « Je ne suis pas ce que l’on pense … » lui fera chanter Albert Willemetz dans « Trois Valses ».
Entourée d’un nombre incalculable d’amants, Yvonne Printemps vécut jusqu’à la fin avec Pierre Fresnay qui souffrait sans broncher des souffrances et des rebuffades qu’elle lui infligeait, lui qui n’était pas non plus un modèle de fidélité.
Décédée à Neuilly-sur-Seine, en 1977, des suites d’une fracture du col du fémur, elle est enterrée aux côtés de Pierre Fresnay au cimetière ancien de Neuilly-sur-Seine.

Vie privée

Idylle avec Georges Guynemer
Pendant la première guerre mondiale, entre mars et avril 1916, Yvonne Printemps aurait visité Georges Guynemer, alors convalescent d’une blessure à l’hôpital militaire de l’hôtel Astoria, à Paris. Après une soirée au théâtre, début 19173, elle tombe sous le charme de l’as des as, Georges Guynemer. Leur idylle courte et intense, dont l’existence est parfois contestée et la durée, imprécise, aurait duré dix mois. Il est d’abord sous-lieutenant ; elle est au début de sa gloire.
Leur amour se défait bien vite. Yvonne est activement courtisée, notamment par Sacha Guitry, dont elle est peut-être déjà la maîtresse en 1917. Guynemer se console en travaillant aux plans de son avion, mais également auprès de Jane Renouardt, autre comédienne et ancienne maîtresse de son ami Maurice Lartigue. Guynemer et Yvonne Printemps resteront cependant liés jusqu’à la mort du capitaine-aviateur, le 11 septembre 1917.

Mariage avec Sacha Guitry
Sacha Guitry, son mariage avec Charlotte Lysès, l’ex-maîtresse de son père à qui il l’a chipée, commence à lui peser. Elle a 10 ans de plus que lui. Il règne sur Paris et a besoin d’une femme belle, intelligent et talentueuse. Et le charme d’Yvonne agit sur lui. Il se voit bien en Pygmalion.

Et elle a bien besoin d’un Pygmalion. Elle a fait ses humanités dans les coulisses des music-hall. Si elle est intelligente et futée, Yvonne est totalement inculte et irrémédiablement fâchée avec la syntaxe. Si la fréquentation de Sacha lui apportera un joli bagage culturel, elle ne pourra rien pour son orthographe et ses fautes de français. Mais par contre elle aura toujours un sens très développé des chiffres, en particulier des additions. Sacha s’en apercevra au moment de son divorce.
Elle épouse Sacha Guitry le 10 avril 1919 à la mairie du 16e arrondissement, à Paris. Les témoins de la mariée sont Sarah Bernhardt et Georges Feydeau et ceux du marié : Tristan Bernard et Lucien Guitry. Brouillés depuis longtemps, le fils et le père se sont réconciliés, Lucien Guitry allant même jusqu’à accompagner les jeunes époux sur le quai de la gare pour la Côte d’Azur. La collaboration entre Yvonne et Sacha, très fructueuse artistiquement en France, en Angleterre et aux États-Unis, satisfaira leurs deux passions et durera douze ans. En 1926, de passa« ge à Londres, Yvonne provoque l’admiration du public pour son interprétation de « Mozart » de Sacha Guitry et Reynaldo Hahn. En 1927, Sacha et Yvonne partent en tournée à New York, Toronto, et Montréal et Yvonne parlera plus tard de sa « merveilleuse aventure américaine ».

En 1931, Sacha Guitry la fait jouer dans « Franz Hals » auprès de Pierre Fresnay. Les deux comédiens tombent fortement amoureux et formeront dès lors un couple tumultueux, mais inséparable. Le coûteux et bruyant divorce d’avec Sacha Guitry fera les beaux jours des prétoires ainsi que des journaux à scandales.

En couple avec Pierre Fresnay

En 1934, Yvonne Printemps et Pierre Fresnay, encore marié, qu’elle n’épousera jamais, entament en nouveau couple d’artistes une tournée en Angleterre et aux États-Unis avec « Conversation Piece », de Noël Coward (dans lequel elle chante en anglais phonétiquement), qui restera à l’affiche douze semaines à Broadway et « O Mistress Mine » de Cole Porter.

Ils jouent ensemble dans huit films dont : « La Dame aux camélias » de Fernand Rivers et Abel Gance, « Trois Valses » (musiques de Johann Strauss père et fils et d’Oscar Straus, livret de Léopold Marchand et Albert Willemetz d’après Knepler et Robinson) qui eut un succès considérable au théâtre et au cinéma en 1938,

« la Valse de Paris » de Marcel Achard en 1949 et« Le voyage en Amérique. » Yvonne poursuit sa carrière de chanteuse jusqu’à la fin des années 1950 tout en prenant la direction du Théâtre de la Michodière où elle fera sa dernière apparition sur scène dans « Hyménée » avec un rôle d’infirme, rôle dramatique bien éloigné de ceux qui avaient fait sa gloire.

FILMOGRAPHIE

Les années avant guerre* ]
1918 : Un roman d’amour et d’aventures de René Hervil et Louis Mercanton
1934 : La Dame aux camélias de Fernand Rivers et Abel Gance : Marguerite Gautier
1938 : Trois Valses de Ludwig Berger : Fanny, Yvette et Irène Grandpré
1938 : Adrienne Lecouvreur de Marcel L’Herbier : Adrienne Lecouvreur
1939 : Le Duel de Pierre Fresnay : Thérèse Jaillon
1943 : Je suis avec toi d’Henri Decoin : Elisabeth Laferrière et Irène Grégoire

Les années après guerre
1948 : Les Condamnés de Georges Lacombe : Hélène Séverac
1949 : La Valse de Paris de Marcel Achard : Hortense Schneider
1951 : Le Voyage en Amérique d’Henri Lavorel : Clotilde Fournier

CITATIONS

  • Yvonne Printemps : « Les femmes préfèrent être belles, plutôt qu’intelligentes parce que, chez les hommes, il y a plus d’idiots que d’aveugles ».
  • Yvonne Printemps : « On vous pardonne d’avoir l’air riche mais pas d’avoir l’air heureux ».
  • Portrait d’Yvonne Printemps par Colette, dans La Jumelle noire (1938) : « Son sourire, aussi lumineux que la lune par froid clair et comme elle en forme de croissant, sourire célèbre aux coins relevés, gaieté que parfois dément la confidence mélancolique de deux yeux pers — le sourire de la meilleure actrice d’opérette de ce temps. »