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CYCLE grands acteurs et actrices français : YVES MONTAND

  • Mis à jour : 30 janvier

YVES MONTAND

BIOGRAPHIE
Famille

Ivo Livi, fils de Giovanni et Giuseppina Livi (1893-1971), naît à Monsummano Alto, en Toscane (Italie), un an avant l’arrivée au pouvoir de Benito Mussolini (le 31 octobre 1922) et la mise en place du régime fasciste. Il est le dernier d’une fratrie de trois enfants (sa sœur Lydia est née en 1915, et son frère aîné Giuliano — Julien — (1917-1994)). Il est issu d’une famille ouvrière et militante, qu’il vénérera toute sa vie, et qui lui transmet son attachement pour le communisme.

Jeunesse
En 1923, Ivo n’a que deux ans lorsque sa famille fuit l’Italie fasciste et émigre vers la France. Les Livi s’installent au sein des quartiers pauvres de Marseille. Le père d’Ivo crée une petite fabrique de balais dans le quartier des Crottes. Ses deux aînés quittent rapidement l’école pour gagner leur vie : Lydia devient coiffeuse, et son frère Julien serveur de café, et fervent militant communiste. L’enfance d’Ivo est difficile matériellement ainsi que moralement. Il est en effet considéré comme un « immigré rital ». C’est à cette époque qu’il se passionne pour le cinéma et notamment pour les comédies musicales américaines, en particulier celles de son idole Fred Astaire et ses numéros de claquettes.

Par décret du 20 janvier 1929, la famille Livi obtient la nationalité française et Ivo devient Yves. La même année, la famille déménage dans le quartier de La Cabucelle, dans l’impasse des Mûriers. Les conséquences de la Grande Dépression ruinent le père d’Yves qui se voit contraint de déposer le bilan de la fabrique familiale de balais en 1932. Yves a onze ans et est nettement plus grand que la moyenne des enfants de son âge lorsqu’il falsifie ses papiers pour se faire engager dans une fabrique de pâtes (la loi interdit le travail avant l’âge de quatorze ans). Il sera encore livreur, également serveur dans la confiserie « Mignon » avant d’être à quatorze ans apprenti dans le salon de coiffure pour dames où travaille sa sœur Lydia, et passe avec succès un CAP de coiffeur. Il travaille par la suite sur les docks de Marseille.

Carrière

Les débuts comme chanteur

En 1938, à l’âge de dix-sept ans, Yves Livi décroche une place de « chauffeur de salle » dans un cabaret de music-hall de Marseille. Par la suite, il participe à un spectacle dont la première partie accueille des débutants. Il chante Trenet, C’est la vie, Boum, Chevalier, On est comme on est et se livre à des imitations de Fernandel et de personnages de Walt Disney. L’organisateur le prend sous son aile et lui conseille de se trouver un nom de scène. Yves Livi devient Yves Montant — orthographié alors avec un « t » — pseudonyme choisi en souvenir de sa mère. En effet, par un mélange d’italien et de français, elle lui disait, afin qu’il monte à leur appartement : « Ivo, monta ».

Il travaille son jeu de scène avec Francis Trottebas — alias Berlingot — et prend des cours de chant avec Marguerite Fancelli à partir de l’été 1937. Le débutant, de temps à autre, décroche quelques engagements ; sur scène, il est accompagné au piano par Mado, la fille de son professeur de chant. Ses galas le conduisent parfois jusqu’à Narbonne et Toulouse et, au début de 1940, son nom attire le public. Montand ambitionne alors de passer à l’Alcazar de Marseille. Pour cela, il a besoin d’un répertoire original. Hubert Melone, alias Charles Humel, un auteur-compositeur aveugle, lui écrit deux chansons : « Y’a du swing partout », qu’il n’enregistrera jamais, et « Dans les plaines du Far-West » , qui sera son premier vrai succès

Le 21 juin 1939, il est sur la scène de l’Alcazar, le public est conquis par son tour de chant qui mêle aux reprises des créations originales. La guerre éclate et remet tout en cause pour celui qui ambitionnait de monter à Paris tenter sa chance.

Délaissant sa carrière, Montand se retrouve manœuvre aux Chantiers de Provence. Un emploi qu’il finit par perdre et, ne retrouvant pas de travail, il décide de chercher des engagements comme chanteur. Il passe dans des cafés, des cabarets modestes, des cinémas où il chante durant l’entracte. Il trouve un emploi de docker et chante encore parfois le dimanche. Berlingot, en janvier 1941, lui permet de reprendre à plein temps la chanson.

Yves Montand se produit une seconde fois à l’Alcazar et obtient un triomphe. Il est remarqué par le producteur Émile Audiffred, qui prend en charge sa carrière. Avec lui le chanteur suit des cours de danse et affine son jeu de scène, et lui présente Reda Caire pour travailler sa façon de chanter. Audiffred le fera chanter à Lyon en première partie de Rina Ketty. À Marseille, il obtient un nouveau succès avec son passage au Théâtre de l’Odéon. Il chante à Aix, Nice, Toulon…

Émile Audiffred monte la revue « Un soir de folie » dont Yves est la vedette. Envoyé aux chantiers de la jeunesse créés par Vichy, il y reste presque une année durant, puis reprend la scène. En cette période, malgré l’occupation, il gagne assez bien sa vie, mais doit régulièrement prouver que son nom Livi ne dissimule pas en fait celui de Lévy. Risquant enfin d’être envoyé en Allemagne, afin d’éviter le service du travail obligatoire (STO), il décide, en accord avec Émile Audiffred, de partir pour Paris.

En 1944, fraîchement débarqué dans la capitale, épaulé par Harry Max, Montand se produit au théâtre de l’ABC en février. Par la suite il joue à Bobino, aux Folies-Belleville et au célèbre Moulin Rouge, où il passe grâce aux relations d’Émile Audiffred, fin juillet, en première partie d’Édith Piaf. Cette rencontre est décisive pour Montand, désormais soutenu par la déjà célèbre chanteuse et ses conseils avisés sur le métier et la vie d’artiste. Piaf lui apporte la reconnaissance d’un public élargi et le présente à de nombreux futurs collaborateurs : Loulou Gasté, Jean Guigo, Henri Contet, Louiguy, Marguerite Monnot, Philippe-Gérard… Une idylle naît, mais ils doivent s’aimer en secret car Piaf est alors - pour un temps encore - la maîtresse d’Henri Contet.

Le chanteur, sous l’influence d’Édith, peaufine ses entrées en scène, abandonne son accent méridional, se constitue un nouveau répertoire et renouvelle son jeu de scène. Peu à l’aise dans « son nouveau costume », en tournée avec Piaf, durant l’automne 44, Montand ne convainc pas vraiment le public. Le chanteur emporte son adhésion, en février 1945 au Théâtre de l’Étoile, une fois encore en première partie d’Édith Piaf, laquelle lui a écrit plusieurs chansons, notamment « Elle a » … qui obtient du succès.

Le 15 mai 1945, il enregistre pour la première fois pour la marque Odéon : « Luna Park, Dans les plaines du Far West, Elle a…, Il fait des…. » En octobre, Édith Piaf permet à Montand de chanter en vedette à l’Étoile. Durant sept semaines, il obtient un considérable succès, qu’il prolonge à l’Alhambra. La carrière du chanteur est définitivement lancée.

Les débuts au Cinéma

La même année, il débute au cinéma dans « Étoile sans lumière » de Marcel Blistène, avec Édith Piaf en vedette.

En 1946, il obtient un succès d’estime avec « Les Portes de la nuit » de Marcel Carné qui est un échec critique et commercial. Yves Montand partage la vedette avec Nathalie Nattier, vedettes par défaut de rôles initialement prévus pour Jean Gabin et Marlène Dietrich. Le chanteur fera encore quelques films, avant de trouver la consécration au cinéma en 1952.

En 1946, Édith et Yves se séparent, à l’initiative de Piaf qui juge que le talent de Montand lui fait quelque peu de l’ombre. Six nouvelles chansons sont enregistrées en novembre, puis il passe au Club des Cinq, un cabaret Faubourg-Montmartre. Francis Lemarque est présent dans le public et enthousiasmé par la performance de Montand, il lui propose trois chansons : « Ma douce vallée, Bal, petit bal et Tueur affamé » . Cela scelle le début d’une collaboration fructueuse et Montand, qui se réserve l’exclusivité sur les chansons de Lemarque, lui devra quelques-uns de ses plus grands titres.

Début 1947, le chanteur passe en vedette à l’ABC. Il signe un contrat de sept ans avec la Warner, qu’il finira par juger trop contraignant et qu’il dénoncera plus tard. Attaqué en justice, l’affaire se conclut sans préjudice pour lui. En octobre 1947, il chante « Mais qu’est-ce que j’ai ? » (musique d’Henri Betti et paroles d’Édith Piaf) au Théâtre de l’Étoile et l’enregistre le 3 novembre. L’année suivante, il enregistre trois autres chansons composées par Henri Betti qui seront des succès : « C’est si bon » (paroles d’André Hornez) le 11 mai, « Maître Pierre » (paroles de Jacques Plante) et « Rien dans les mains, rien dans les poches » (paroles d’André Hornez) le 14 décembre.

Montand se console de la rupture avec Piaf en multipliant ses prestations sur scène. Il participe à l’opérette « Le chevalier Bayard » qui est un échec, sans que son succès personnel en soit entaché. Cette année-là, il engage le pianiste Bob Castella, qui pour les quarante-quatre années à venir sera son accompagnateur. Grâce à Jacques Prévert, il rencontre le guitariste Henri Crolla, qui sera emporté par un cancer en 1960.

Fort de cette fructueuse collaboration, le chanteur, plus jazzy, plus swing, enchaîne les enregistrements : « Clopin-clopant, À Paris, Les cireurs de souliers de Broadway, Les enfants qui s’aiment » - ces deux dernières sont signées Prévert - Clémentine… Le 2 mai 1949, il enregistre « Les Feuilles mortes ».

En 1948, son producteur Émile Audiffred meurt prématurément. Prévert lui fait découvrir La Colombe d’Or, une auberge de Saint-Paul-de-Vence. Il y devient un habitué et c’est là qu’il rencontre Simone Signoret le 19 août 1949. C’est un coup de foudre, ils ne se quittent plus. L’actrice met un temps sa carrière entre parenthèses et après son divorce avec le réalisateur Yves Allégret. ils vivent place Dauphine.

Le succès

En mars 1951, le chanteur triomphe avec un tour de chant de vingt-deux chansons, qui marque l’histoire du music-hall et influencera nombre de chanteurs qui s’essayeront au one-man-show. En 1953, ce tour de chant restera à l’affiche à l’Étoile pendant 8 mois à guichets fermés, un record, et ce sera le premier double album 33 T enregistré en live qui reste une leçon de music-hall toujours exemplaire.

Le 22 décembre 1951, Simone Signoret et Yves Montand se marient à la mairie de Saint-Paul-de-Vence et deviennent l’un des couples français les plus en vogue du monde du spectacle.

En 1953, Montand, avec le film d’Henri-Georges Clouzot « Le Salaire de la peur »r obtient son premier rôle marquant au cinéma. Cette année-là, le film obtient le Grand Prix du Festival de Cannes (ancêtre de la Palme d’or).

La même année, la chanson « Quand un soldat », datée de 1952, chantée par Montand et écrite par Francis Lemarque est interdite.

En 1954, le couple achète une propriété à Autheuil-Authouillet, en Normandie. Cette demeure devint par la suite un haut lieu pour des rencontres artistiques et intellectuelles. Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Serge Reggiani, Pierre Brasseur, Luis Buñuel, Jorge Semprún y séjournent régulièrement. Le couple milite en faveur de ses idées de gauche et est bientôt catalogué « compagnon de route » du Parti communiste français (PCF).

En 1955, Montand et Signoret se produisent au théâtre avec la pièce « Les Sorcières de Salem » de l’écrivain Arthur Miller. Traduite et adaptée en français par Marcel Aymé, elle est présentée pour la première fois au Théâtre Sarah Bernhardt à Paris, dans une mise en scène de Raymond Rouleau. Le succès est tel que les représentations durent jusqu’à Noël 1955.

En 1956, il s’apprête à entamer une tournée de music-hall en URSS, lorsque le 23 octobre les chars de l’Armée rouge envahissent Budapest, en Hongrie (insurrection de Budapest). Montand décide malgré tout de chanter devant les Soviétiques à Moscou, où il rencontre le Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de l’Union soviétique, Nikita Khrouchtchev. L’entretien dure quatre heures, et Montand demande personnellement des explications au chef du Kremlin sur les raisons de l’invasion de la capitale hongroise.

En 1957, accompagné de Simone Signoret, (et ses musiciens, Bob Castella, Henri Crolla, Emmanuel Soudieux, Roger Paraboschi, et Marcel Azzola, qui remplace Freddy Balta pour la tournée en URSS), il entreprend une tournée triomphale dans tous les pays du Bloc de l’Est. Cependant, il en revient profondément désabusé, déçu de ce qu’il a vu de l’application concrète du communisme dans ces pays de l’Europe de l’Est. Ses convictions dans ce système politique étant enracinées en lui avant tout par les profondes croyances familiales, surtout paternelles, il aura beaucoup de mal à les réfuter et mettra du temps à reconnaître ses erreurs de jugement.

MONTAND, VEDETTE INTERNATIONALE

En 1959, il est engagé par le producteur Norman Granz et, une fois les visas accordés, accompagné par Simone Signoret, il part pour les États-Unis, où, à partir du 22 décembre, il se produit à Broadway durant trois semaines. Le soir de la première, il est applaudi par de nombreuses célébrités : Montgomery Clift, Lauren Bacall, Ingrid Bergman et Marilyn Monroe. Le chanteur triomphe, obtient pas moins de seize rappels ; le lendemain, la presse ne tarit pas d’éloge sur sa prestation. Il chante ensuite à Hollywood, San Francisco et Montréal. Montand conquiert l’Amérique. Il accède alors au statut de vedette internationale : il se produira à New York en 1961 et sera de retour à Broadway en 1963. Il accomplit également avec succès plusieurs tournées à travers le monde, au Canada et au Japon.

À cette époque, il danse à la télévision avec Dinah Shore, et c’est grâce à cette apparition sur la chaîne NBC qu’il se voit proposer un rôle dans le film « Le Milliardaire » de George Cukor, avec Marilyn Monroe.

En janvier 1960, Signoret et Montand au Beverly Hills Hotel de Los Angeles sympathisent avec leurs voisins Arthur Miller et Marilyn Monroe, alors époux à la ville. En avril, Signoret reçoit l’Oscar de la meilleure actrice pour son interprétation dans Les Chemins de la haute ville de Jack Clayton, puis part à Rome pour un prochain tournage. Miller, lui, regagne New York. Marilyn et Montand tournent à Hollywood le film de George Cukor. Bientôt, ils sont bien plus l’un pour l’autre que des partenaires de cinéma… Leur brève liaison alimente la presse, brise le couple Miller-Monroe, alors que Simone Signoret donne le change face à la presse à scandale.

Il tourne encore « Sanctuaire » de Tony Richardson avec Lee Remick pour partenaire, puis déclinant plusieurs autres propositions, il rentre en France. Cette infidélité de Montand brise définitivement une bonne partie de la confiance que Simone Signoret portait en elle-même. Yves Montand, de son côté, demeure un séducteur impénitent. Bien que l’équilibre du couple soit profondément affecté par cet épisode, que Signoret en son for intérieur a très mal vécu, ils resteront uni jusqu’à la mort de Simone Signoret, en 1985.

En octobre 1961, Montand triomphe encore à Broadway, auGolden Theatre, où il chante durant huit semaines. L’année suivante, il effectue une longue tournée qui le mène de l’Angleterre au Japon. Début 1963, il chante à Paris à l’Étoile, où, bien que sa popularité soit sans faille, il constate que tout est en train de changer dans le métier. Il peine à trouver des titres nouveaux, et Francis Lemarque, à l’instar des Brassens, Brel, Ferré, Aznavour et autres Gainsbourg ou Nougaro, interprète désormais ses propres créations. Une autre génération, dont un certain Johnny Hallyday, bouleverse tout et Montand est conscient que sa grande période d’artiste de music-hall s’achève.

En 1963, il fait la narration dans le film « Le Joli mai » de Chris Marker et Pierre Lhomme, et y interprète la chanson « Joli Mai » , adaptation par Michel Legrand de la chanson populaire russe Odinokaya garmon (russe : Одинокая гармонь, littéralement, « accordéon solitaire ») composée par Boris Mokrousov.

YVES MONTAND favorise le cinéma

À partir de 1964, il se consacre presque exclusivement à sa carrière d’acteur et ne reviendra à la scène que de façon épisodique. C’est à partir de 1965 qu’il s’impose définitivement au cinéma. La rencontre avec Costa-Gavras, avec qui il tourne « Compartiment tueurs » en est la clef de voûte. Il tourne avec Alain Resnais, René Clément, Claude Lelouch, Philippe de Broca, Jean-Pierre Melville, Gérard Oury, Jean-Luc Godard… et devient l’un des acteurs fétiches de Claude Sautet avec qui il tourne trois films. Durant les années 1970, l’acteur alterne drames, films engagés et comédies et s’impose comme l’un des acteurs français les plus populaires.

Costa-Gavras, qui en 1969 a réalisé« Z », dénonçant le régime des colonels grecs,

adapte en 1970« L’Aveu » d’Artur London publié en 1968. Ce dernier, né à Prague en 1915, entré aux Jeunesses communistes à l’âge de quatorze ans, fut des Brigades internationales anti-franquistes, résistant en France, et déporté à Mauthausen. Après la guerre, il devient vice-ministre des Affaires étrangères de Tchécoslovaquie, il sera arrêté en 1951 et accusé de trahison lors d’un procès stalinien à Prague en 1952, au cours duquel onze condamnations à mort sont prononcées. Artur London en réchappera, et sera réhabilité en 1956. Le film L’Aveu s’achève sur l’arrivée des chars soviétiques à Prague en 1968. Cette fois encore, Costa-Gavras a coécrit le scénario avec Jorge Semprun, mais c’est l’interprétation magistrale d’Yves Montand qui retiendra l’attention et permettra de faire comprendre au grand public l’ampleur de la répression dans les pays du bloc soviétique.

LE RETOUR DU CHANTEUR

En septembre 1968, Yves Montand redevient chanteur le temps de se produire à l’Olympia. Il crée « La bicyclette » et « Mon frère » . Cette même année, son engagement et ses convictions politiques connaissent un revirement complet : après l’écrasement du Printemps de Prague, sa rupture avec le parti communiste français est définitive.

En février 1974, pour soutenir les réfugiés chiliens et condamner le coup d’état du général Pinochet, il donne un récital unique à l’Olympia. La préparation de ce tour de chant donne lieu à un film de Chris Marker « La Solitude du chanteur de fond, » dans lequel on voit les répétitions avec son pianiste Bob Castella et son interprétation, entre autres, du « Temps des cerises » .

1981 marque le grand retour d’Yves Montand à la chanson et à la scène. Le chanteur enregistre l’album Montand d’hier et d’aujourd’hui et triomphe sur la scène de l’Olympia, à guichets fermés trois mois durant, du 7 octobre au 3 janvier 1982. Le succès est tel que, après s’être produit en province de mars à juillet, il revient à l’Olympia durant l’été pour de nouvelles représentations, du 20 juillet au 14 août. Fin août, il entame une tournée mondiale, qui le conduit au Brésil, aux États-Unis, au Canada et au Japon.

Dans les années 1980, Yves Montand milite pour les droits de l’homme et s’engage en faveur du syndicat polonais Solidarnosc de Lech Wałęsa, en décembre 1981.

L’APOTHEOSE DE L’ACTEUR

Yves Montand campe aussi bien un flic alcoolique en recherche de réhabilitation dans « Le Cercle rouge »,

qu’un père primesautier dans « Tout feu, tout flamme » ;

un procureur intègre dans « I... comme Icare »

ou un désespéré amoureux dans « Clair de femme ».

Aussi à l’aise dans la comédie (« Le Sauvage », « La Folie des grandeurs »)

que le drame, il s’impose également dans plusieurs polars : « Compartiment tueurs », « Police Python 357 »,« Le choix des armes ».

Sa rencontre avec Claude Sautet lui permit d’apposer une empreinte supplémentaire sur le cinéma français :« César et Rosalie » (1972), « Vincent, François, Paul... et les autres » (1974) et « Garçon » (1983).

En 1986, Claude Berri l’appela pour camper un Papet plein de truculence et de tragédie dans le diptyque qu’il adapta de Marcel Pagnol : « Jean de Florette » et « Manon des sources ».

Enfin, en 1988, dans la comédie musicale « Trois places pour le 26 », Jacques Demy lui fit interpréter son propre rôle, revenant à Marseille pour y monter un spectacle chanté de sa vie. Il tourne encore deux autres films : « Netchaïev est de retour » de Jacques Deray (1991) et « IP5 » de Jean-Jacques Beineix.

Il cumule 94 739 993 entrées France et 39 films répertoriés au box office et il occupe encore à ce jour la 184ème place du classement "nombre de places cumulés par acteur /actrice.

DECES

Simone Signoret meurt d’un cancer à l’âge de soixante-quatre ans. La dernière compagne d’Yves Montand sera Carole Amiel, son assistante sur la tournée de 1982, avec qui il entretenait déjà une liaison au moment où disparut Signoret. Avec elle, il a son seul enfant, Valentin, né le 31 décembre 1988.
Le 9 novembre 1991, Yves Montand meurt d’un infarctus du myocarde à l’âge de 70 ans, le lendemain du dernier jour de tournage du film IP5 de Jean-Jacques Beineix (à la fin duquel son personnage, lui aussi, meurt d’une crise cardiaque). L’acteur ambitionnait de faire sa rentrée sur la scène de Bercy au printemps 1992.

FILMOGRAPHIE

Longs métrages
1944 : Étoile sans lumière de Marcel Blistène : Pierre
1946 : « Les Portes de la nuit » de Marcel Carné : Diego
1948 : L’Idole d’Alexandre Esway : Fontana
1950 : Souvenirs perdus de Christian-Jaque : Raoul, dans le sketch : Un violon
1951 : Paris est toujours Paris (Parigi è sempre Parigi), de Luciano Emmer - uniquement chanson
1951 : L’Auberge rouge de Claude Autant-Lara (non crédité au générique, n’apparaît que par son interprétation de la narration chantée)
1951 : Mon ami Pierre de Paula Neurisse et Louis Félix - Uniquement le commentaire
1952 : Paris chante toujours ! de Pierre Montazel : lui-même
1953 : « Le Salaire de la peur » d’Henri-Georges Clouzot : Mario
1953 : La Route du bonheur (Saluti e baci) de Maurice Labro et Giorgio Simonelli- Lui-même (participation)
1954 : Quelques pas dans la vie (Tempi nostri) d’Alessandro Blasetti et Paul Paviot : Vasco
1954 : L’Air de Paris de Marcel Carné - Uniquement la voix -
1955 : Les héros sont fatigués d’Yves Ciampi : Michel Rivière
1955 : Napoléon de Sacha Guitry : le Maréchal Lefebvre
1955 : Marguerite de la nuit de Claude Autant-Lara : M. Léon
1956 : Hommes et loups (Uomini e lupi) de Giuseppe De Santis : Ricuccio
1957 : La Rose des vents (Die Windrose) de Joris Ivens et Yannick Bellon, dans le sketch : Un matin comme les autres - Yves
1957 : Les Sorcières de Salem de Raymond Rouleau : John Proctor
1957 : Un dénommé Squarcio (La grande strada azzurra) de Gillo Pontecorvo : Giovanni Squarcio
1958 : Premier mai (Festa di maggio) de Luis Saslavsky : Jean Meunier
1958 : Les Vikings - (The Vikings) de Richard Fleischer - Uniquement la narration -
1958 : Django Reinhardt de Paul Paviot : voix off récitant
1959 : La Loi (La Legge) de Jules Dassin : Matteo Brigante
1960 :« Le Milliardaire » (Let’s Make Love) de George Cukor : Jean-Marc Clément / Alexander Dumas
1961 : Sanctuaire (Sanctuary) de Tony Richardson : Candy
1961 : « Aimez-vous Brahms ? » (Goodbye Again) d’Anatole Litvak : Roger Demarest
1962 : Ma geisha (My Geisha) de Jack Cardiff : Paul Robeix
1963 : Le Joli Mai de Chris Marker - Uniquement la narration -
1965 : Compartiment tueurs de Costa-Gavras : l’inspecteur Grazziani, dit « Grazzi »
1966 : La Guerre est finie d’Alain Resnais : Diego Mora
1966 : Paris brûle-t-il ? (Is Paris Burning ?) de René Clément : Marcel Bizien
1966 : Grand Prix de John Frankenheimer : Jean- Pierre Sarti
1967 : « Vivre pour vivre » de Claude Lelouch : Robert Colomb
1968 : Un soir, un train d’André Delvaux : Mathias
1969 : Mister Freedom de William Klein : le Capitaine Formidable
1969 : « Z » de Costa-Gavras : le député
1969 : Le Diable par la queue de Philippe de Broca : le baron César
1969 : « L’Aveu » de Costa-Gavras : Artur
1969 : Dieu a choisi Paris de Gilbert Prouteau - Uniquement la voix -
1970 : Melinda, (On a Clear Day You Can See Forever) de Vincente Minnelli : Dr Marc Chabot
1970 : « Le Cercle rouge » de Jean-Pierre Melville : Jansen
1971 : « La Folie des grandeurs » de Gérard Oury : Blaze
1972 : « État de siège » de Costa-Gavras : Philip Michael Santore
1972 : Tout va bien de Jean-Luc Godard : Jacques
1972 : « César et Rosalie » de Claude Sautet : César
1973 : Le Fils de Pierre Granier-Deferre : Ange Orahona
1973 : Les Deux Mémoires de Jorge Semprún - Uniquement la narration -
1974 : La Solitude du chanteur de fond de Chris Marker (documentaire)
1974 : Le Hasard et la Violence de Philippe Labro : Laurent Bermann
1974 : « Vincent, François, Paul... et les autres » de Claude Sautet : Vincent
1974 : Vive la France de Michel Audiard - documentaire, uniquement voix off -
1975 : Section spéciale de Costa-Gavras (simple apparition)
1975 : « Le Sauvage » de Jean-Paul Rappeneau : Martin
1976 : « Police Python 357 » d’Alain Corneau : l’inspecteur Marc Ferrot
1977 : Le Grand Escogriffe de Claude Pinoteau : Morland
1977 : La Menace d’Alain Corneau : Henri Savin
1977 : Le Fond de l’air est rouge de Chris Marker - Participation -
1978 : Les Routes du sud de Joseph Losey : Jean Larréa
1979 : Clair de femme de Costa-Gavras : Michel
1979 : « I... comme Icare » d’Henri Verneuil : le procureur Henri Volney
1981 : Le Choix des armes d’Alain Corneau : Noël Durieux
1982 : Tout feu, tout flamme de Jean-Paul Rappeneau : Victor Valance
1983 : L’Été meurtrier de Jean Becker - Chanson uniquement -
1983 : Garçon ! de Claude Sautet : Alex
1985 : Tempête de neige sur la jungle de Jacques-Yves Cousteau - documentaire, uniquement voix off-
1986 : « Jean de Florette » de Claude Berri : César Soubeyran dit "Papet"
1986 : « Manon des sources » (suite de Jean de Florette) Claude Berri : César Soubeyran dit "Papet"
1987 : Beyond therapy de Robert Altman - Uniquement la voix -
1988 : Trois places pour le 26 de Jacques Demy : lui-même
1991 : Netchaïev est de retour de Jacques Deray : Pierre Marroux
1992 : IP5 : L’île aux pachydermes de Jean-Jacques Beineix : Léon Marcel

Courts et moyens métrages
1945 : Silence...antenne de René Lucot - court métrage -
1949 : La Ville et ses chansons de Jacques Planche - court métrage -
1953 : Étoiles au soleil de Jacques Guillon - Lui-même - court métrage -
1966 : Rotterdam Europort de Joris Ivens - court métrage, uniquement le commentaire -
1966 : Le Cours d’une vie : Louis Lecoin de Jean Desvilles et Jacques d’Arribehaude- court métrage, uniquement le commentaire -
1969 : Le Deuxième Procès d’Arthur London de Chris Marker - moyen métrage
1969 : Jour de tournage de Chris Marker - court métrage -
1974 : T’es fou Marcel... de Jean Rochefort - court métrage -
1974 : Una mariposa en la noche de Armando Bo - court métrage, uniquement la voix -
1977 : Jacques Prévert de Jean Desvilles - court métrage, documentaire : uniquement voix off-

Distinctions
- 1957 : Meilleur acteur au festival international du film de Karlovy Vary pour Les Sorcières de Salem (prix collectif remporté avec Simone Signoret et Mylène Demongeot)
- 1961 : nomination au British Academy Film Award du meilleur acteur étranger pour Le Milliardaire (Let’s Make Love)
- 1962 : Primetime Emmy Awards Outstanding Performance in a Variety or Musical Program or Series pour Yves Montand on Broadway (1961) sur ABC
- 1967 : nomination au prix du meilleur acteur de la National Society of Film Critics pour La guerre est finie (ex-æquo avec Marcello Mastroianni pour L’Étranger)
- 1967 : nomination au prix du meilleur acteur de la New York Film Critics Circle pour La guerre est finie
- 1973 : David di Donatello du meilleur acteur étranger pour César et Rosalie (ex-æquo avec Laurence Olivier pour Le Limier)
- 1976 : Bambi pour Le Sauvage (partagé avec Catherine Deneuve)
- 1976 : Meilleur acteur au festival du film de Taormine pour Police Python 357
- 1980 : nomination au César du meilleur acteur pour I... comme Icare
- 1984 : nomination au César du meilleur acteur pour Garçon !
- 1988 : hommage au gala du Film Society of Lincoln Center (en)
- 1988 : nomination au British Academy Film Award du meilleur acteur pour Jean de Florette

Théâtre

- 1954 : Les Sorcières de Salem d’Arthur Miller, mise en scène Raymond Rouleau, Théâtre Sarah-Bernhardt
- 1963 : Des clowns par milliers d’Herb Gardner, mise en scène Raymond Rouleau, Théâtre du Gymnase

Publication
Yves Montand, Du soleil plein la tête, souvenirs recueillis par Jean Denys, Les Éditeurs français réunis, 1955.