Histoire et Cinéma = La Grande Guerre 14-18

  • Mis à jour : 23 novembre

Il y a cent ans, le clairon retentissait de la Mer du Nord à la frontière suisse pour annoncer la cessation des combats. Le 11 novembre 2018 marquera la fin de la commémoration de la guerre de 1914-1918. A cette occasion il m’est apparu intéressant de voir comment le Cinéma au cours de ce siècle, avait traité la Première Guerre Mondiale

LA GUERRE DE 14-18 AU CINEMA

Apparus quasiment en même temps, le cinéma et la Première Guerre Mondiale ont une histoire commune pendant et surtout après le conflit. La première guerre mondiale (1914-1918) n’est pas la première guerre contemporaine traitée au cinéma. Le conflit américano espagnol de 1898 pour la possession de Cuba, la guerre des Boers en 1899, le conflit russo-japonais en 1905 et les guerres balkaniques en 1913, sans compter les différentes crises comme celles du Maroc en 1911, furent autant de sujets d’actualités pour Pathé-journal et Gaumont. Mais c’est la Grande Guerre qui forgera pour longtemps les règles des actualités militaires et qui sera présente soit comme toile de fond de drames sociaux ou passionnels, soit pour évoquer des sujets très polémiques. Même si la représentation de la Première guerre mondiale évolue au cours des années post-conflit, on retiendra une constante : celle de plaire au public et de suivre ses états d’âme du moment.

LA GUERRE DE 14 VU PAR LE CINEMA PENDANT LE CONFLIT

Le contexte : Le service cinématographique des armées est formé en 1915 par Jean-Louis Croze. Pathé habitué à représenter la guerre fait appel à des opérateurs de talent comme Alfred Machin et le zouave tunisien Samma Chickli.

I - Aucune image de bataille mais de la propagande à profusion

Au-delà des images de la foule enthousiaste des premiers jours de la mobilisation, c’est d’abord la contrainte de la censure qui éloigne toute pellicule du front jusqu’à l’issue victorieuse de la bataille de la Marne. La guerre n’est montrée qu’à travers les fictions patriotiques comme « Une page de gloire » de Léonce Perret où les soldats français chargent un ennemi invisible, absent de l’écran par peur des réactions hostiles des spectateurs.
Laurent Véray a montré dans L’héroïque cinématographe » (2003) que les actualités cinématographiques ne sont autorisées à s’approcher du front qu’en avril 1915, pour filmer Joffre remettant des médailles.

L’héroïque cinématographe _ un film de Laurent Véray & Agnès de Sacy from Quark Productions on Vimeo.

Les vues du front et des tranchées ne seront montrées qu’une unique fois, en 1916, depuis une tranchée à l’arrière.

La bataille de la Somme  : image réelle vue depuis une caméra dans les tranchées

L’autre contrainte est technique . La lourdeur du matériel (au moins 25 kilos), l’absence de grande focale et la puissance du feu adverse interdisent pratiquement tout filmage pendant la bataille. Les opérateurs sont alors condamnés à filmer des mises en scène de combats et intériorisent aisément les injonctions de la propagande et les désirs du public. Les prisonniers ennemis sont montrés en un interminable troupeau que l’on parque ou que l’on conduit à l’enclos. Les cadrages s’imposent : un plan large en plongée dans la grand’rue d’une ville.

Les actualités de guerre, impossible à saisir de façon documentaire, sont alors faites pour l’arrière. Ainsi la présentation de cadavres ennemis qui susciteront les applaudissements, ainsi que des images allemandes destinées aux pays neutres montrant la puissance et l’opulence du Reich en guerre ou celles de Pétain dans un cantonnement près de Verdun en père protecteur des soldats qui boit du pinard et goûte la soupe devant la caméra, sont autant de représentations de la guerre pour rassurer le public.

Pétain mis en scène

II - Des fictions qui tentent de se mesurer à l’ampleur de la tragédie

Au vu du nombre de victimes, sans rapport avec celui des guerres précédentes, la Grande Guerre a suscité une horreur et une réflexion comme aucun conflit précédent ne l’avait fait. Avant même que le cinéma ne l’exprime, des romans, tels que « Le feu » d’Henri Barbusse (1916) ou « A l’ouest rien de nouveau » d’Erich Maria Remarque, ouvrirent la voie.

Pourtant, au cours de la guerre des films patriotiques , comme les appelle Gaumont, donnent une représentation théâtrale et idéalisée de l’événement, proche des discours officiels, même si les films ne sont pas des commandes officielles. Des réalisateurs très chevronnés comme Léonce Perret, Louis Feuillade, Henri Pouctal tournent des fictions patriotiques dès le début de la guerre. Les titres de films renvoient aux valeurs du patriotisme : « L’Empreinte de la patrie » et « Les Poilus de la violence ». Dans « Une page de gloire » (Léonce Perret, 1915), une femme traverse toutes les lignes pour montrer son nouveau-né à son fiancé

Une page de gloire

En Italie, « Maciste chasseur alpin » (Giovanni Pastrone, 1916), met ses muscles au service de ceux qui veulent l’entrée en guerre du pays hésitant entre la triple alliance et la triple entente.
« Maciste chasseur alpin »

Les Américains furent les premiers à produire de grands films historiques de fiction sur la guerre. Dès 1918, à l’image de David W. Griffith (« Les Cœurs du monde »), qui montre l’idylle d’un soldat d’origine américaine et d’une Française, et de Charlie Chaplin, qui signe un « Charlot soldat ».

(Charlot soldat »

Pendant la guerre, il s’est trouvé des réalisations qui sont de véritables brûlots pour les adversaires, moyen de propagande démoralisatrice. « Civilisation » (Civilization), film muet américain réalisé par Reginald Barker, Thomas H. Ince et Raymond B. West, en 1916. Synopsis = Le kaiser déclare la guerre. Son favori, le comte Ferdinand, est nommé commandant d’un sous-marin. Pacifiste, il refuse de tirer sur un paquebot civil censé transporter des munitions pour les ennemis de sa patrie mais il passe malgré tout à l’acte. Blessé, il saborde son sous-marin. Il descend aux Enfers, est sauvé par le Christ réincarné qui lui fait voir ce que les dévastations dues à la guerre peuvent faire. Il devient un pacifiste acharné. Il est arrêté mais libéré par une manifestation de femmes qui imposent la paix.

Civilisation

LA GUERRE DE 14 VU PAR LE CINEMA APRES LE CONFLIT

I. Les années 1919 - 1939

Véritable hécatombe, la Première guerre mondiale suscitera dans un premier temps le refus de la guerre : « N’oublions jamais » (Lest We Forget) (Léonce Perret, 1918)

N’oublions jamais

Ceci se traduira dans la période 1914 à 1936 tout à la fois, par une dénonciation des conditions horribles dans lesquels vivaient les combattants et par une volonté de tout faire pour éviter pour éviter leurs renouvellements.
Insensiblement, le discours sur la Grande Guerre va changer. Hollywood se détache du pouvoir et ses films accompagnent l’évolution des mentalités. Le milieu des années 1920 est celui du triomphe de la démocratie weimarienne qui voit l’Allemagne revenir dans le concert des nations et se réconcilier avec le monde. La Grande Guerre s’impose peu à peu comme un patrimoine commun qui doit servir d’avertissement pour toute tentative belliqueuse. La marche des esprits vers la paix universelle est engagée et sera concrétisée en 1928 par le pacte Briand-Kellog, signé par une soixantaine d’Etats et qui met la guerre hors la loi.

La condition des combattants pendant la guerre de 14

Dès 1919, Abel Gance signe « J’accuse ». Blaise Cendrars, suisse d’origine qui a combattu et a perdu un bras au front, est conseiller d’Abel Gance. C’est la première fois qu’un scénario est écrit avec un combattant. Gance présente son film comme un "monument" dédié aux morts. C’est le premier film à représenter le traumatisme de guerre : le personnage principal, blessé, devient fou. Le film traduit les contradictions de la société de l’époque : il est à la fois très traditionnel et moderne sur le plan cinématographique (montage alterné, surimpressions, mouvements de caméra), il mêle humanisme et nationalisme, réalisme et allégorie… La séquence de la levée des morts montre que le film ne met pas en accusation la guerre, mais certaines personnes : les morts se dressent pour accuser les femmes infidèles, les profiteurs de guerre, les fils indignes. Une armée de fantômes, gueules cassées et poilus à béquilles ressuscités, vient réclamer que leur sacrifice n’ait pas été vain

J’accuse

L’Histoire a retenu « Verdun, tel que le poilu l’a vécu » (Emile Buhot, 1927) [Récit de la bataille de Verdun à travers un montage d’images d’archives à la gloire des soldats] et « Verdun visions d’Histoire » fiction documentaire réalisée par Léon Poirier en 1928. [Le film retrace la Bataille de Verdun qui s’est déroulée en 1916 lors de la Première Guerre mondiale. C’est autant un documentaire qu’une œuvre de fiction. Il est composé de trois actes désignés comme « visions ». Le premier, La Force, fait état des forces en présence. Le deuxième, L’Enfer, décrit les attaques allemandes et le dernier, Le Destin, décrit la riposte des troupes françaises.]

Verdun visions d’Histoire

Eblouis par ces nouveaux héros que sont les aviateurs, les spectateurs apprécie :
- William Wellman (« Les Ailes », 1927), film muet américain qui raconte la bataille de Saint-Mihiel où les troupes américaines ont été fortement engagées en septembre 1918. Il est le premier film à recevoir l’Oscar du meilleur film.

- Howard Hughes (« Les Anges de l’enfer », 1930), ce dernier racontant l’histoire d’aviateurs militaires allemands et américains qui s’affrontent.

- « La Patrouille de l’aube », d’Howard Hawks (1930) [L’héroïsme au combat d’un groupe d’aviateurs anglais pendant la Première Guerre Mondiale]

Plus attaché aux souffrances des soldats, Raymond Bernard adapte Roland Dorgelès (« Les Croix de bois », 1932) [En France, pendant la Première Guerre mondiale, Gilbert Demachy, étudiant en droit, s’engage pour en découdre avec l’envahisseur allemand. La ligne de Front paraît stagner en Champagne. Terré dans les tranchées, chaque camp attend de passer à l’offensive].

Donc souffrance, éloges des héros, à contrario, dans cette guerre inhumaine, restent des moments de fraternité entre les combattants, compagnons de douleur. C’est le cas dans le très beau film « Joyeux Noël » réalisé par Christian Carion en 2005. Le réalisateur rappelle les nombreuses pacifications qui se sont produites en début de la guerre.

L’approche du pacifisme par le cinéma et la dénonciation de la guerre

Insensiblement, le discours sur la Grande Guerre va changer. Hollywood se détache du pouvoir et ses films accompagnent l’évolution des mentalités. Aux Etats-Unis, Raoul Walsh réalise « Au service de la gloire » (1926), comédie pacifiste (la première depuis « Charlot soldat »), tirée d’une pièce de théâtre. Lewis Milestone adapte E. M. Remarque (« A l’ouest rien de nouveau », 1930)

Howard Hawks réalise « Les chemins de la gloire » (1936). Frank Borzage qui déteste les scènes de guerre les fait tourner par John Ford dans « L’heure suprême » (1927) et par Jean Negulesco dans « L’adieu aux armes » (1932). Il met l’accent sur le retour des soldats blessés : Chico revient aveugle dans « L’heure suprême » (1927) et Timothy Osborn est incapable de se servir de ses jambes dans « L’isolé » (1929).

Du côté français, l’absurdité de la guerre est dénoncée : « D’un côté des enfants qui jouent aux soldats et de l’autre des soldats qui jouent comme des enfants », ainsi s’exprime Pierre Fresnay dans le grand film de Jean Renoir, « La Grande Illusion » (1937).

II. Les années post Seconde Guerre Mondiale

Après la Second Guerre Mondiale, les puissances occidentales ont dû faire face aux guerres d’indépendance des possessions coloniales. Ces guerres extrêmement impopulaires ont développé un sentiment anti militarisme dont l’apogée fut celle des années 68-81.
La plupart des réalisateurs évoquèrent alors les choses gênantes qui se sont déroulés pendant la Grande Guerre : l’aveuglement des généraux envoyant à la mort des milliers de soldats, les fusillés pour l’exemple, …..

Stanley Kubrick dénonce tout à la fois les boucheries inutiles, le passage des soldats désobéissants en cour martiale et la différence des conditions de vie entre soldats et généraux dans « Les Sentiers de la gloire » (1957).

Joseph Losey prend le parti d’un déserteur dans « Pour l’exemple » (1962). Le propos de Dalton Trumbo est antimilitariste dans « Johnny got his gun » (1971), film dans lequel un soldat se réveille sans bras, sans jambes, sans visage. Dans « Les Hommes contre » (1970), Francesco Rosi s’en prend aux offensives inutiles, aux opérations-suicides.

En France, il faudra attendre Jean-Pierre Jeunet avec « Un long dimanche de fiançailles » (2004) pour évoquer les soldats accusés de non combativité envoyé dans le no man’s land des tranchées.

Plusieurs films montrèrent l’obstination des chefs. « Gallipoli » film australien réalisé par Peter Weir, sorti en 1981 raconte l’histoire de deux amis australiens qui s’engagent pour aller combattre sur le Front européen aux côtés des Alliés et qui se retrouvent à Gallipoli, en Turquie, et y découvrent les horreurs de la guerre au cours de la Bataille des Dardanelles. Les hommes de troupe, notamment, doivent composer avec un commandement borné et incompétent qui les envoie sciemment à la mort.

I . Guerre de 14 et la vie de civil et d’ancien combattant

Cet inventaire ne serait pas complet si les conséquences de la Première Guerre n’étaient pas évoquées. Pour dire vrai ce fut le registre le plus exploité par les réalisateurs. La famille, la recherche des disparus, les invalides de guerre, l’infidélité des compagnes et les traumatismes post-conflit furent des sujets très souvent traités.

II. La famille impactée par la guerre

La saga héroïque des années post guerre, sera un peu écorné avec « La Grande Parade », de King Vidor (1925)[ James, un jeune et riche Américain, s’engage par bravade lors de la Première Guerre mondiale. Il se lie d’amitié avec deux soldats : "Slim" et "Bull". Une fois en France, ils sont cantonnés près d’un village. James tombe alors amoureux de Mélisande, une fermière. Plus tard, il sera blessé à la jambe lors des combats.
Après son retour, Jim réalise que sa famille ne pourra jamais comprendre à quel point la guerre l’a changé. Lorsqu’il apprend à sa mère qu’il est amoureux de Mélisande, elle l’encourage à essayer de la retrouver. Plus tard en France, Mélisande et sa mère travaillent dans les champs lorsque Mélisande aperçoit quelqu’un qui arrive au loin. Elle reconnaît Jim, et ils sont réunis à nouveau. Un peu « le passage du Rhin » avant la lettre

« Quatre fils », de John Ford (1928) [ Une veuve bavaroise a quatre fils, qui se trouvent engagés durant la guerre. Trois d’entre eux meurent, seul reste Joseph. Ayant émigré aux États-Unis, il se marie, ouvre une pâtisserie, et survit à la guerre en se battant du côté des Alliés. Après la guerre, Joseph retourne en Amérique et invite sa mère à venir vivre avec lui et sa famille.]

Bien évidemment une des premières conséquences de la saignée de 14-18 fut la solitude des veuves et des compagnes qui se trouvèrent d’un coup chef de famille et obligées de travailler pour remplacer le mari disparu. Jacques Rouffio fit le portrait d’une veuve refusant de porter le deuil dans « L’Horizon » (1966) et Jean-Pierre Jeunet dans « Un long dimanche de fiançailles » décrit le parcours onirique d’une jeune fille à la recherche de son amoureux.

Enfin Bertrand Tavernier (« La Vie et rien d’autre », 1989) dépeint l’enfer des tranchées, le calvaire des veuves cherchant à retrouver trace de leur mari, la difficulté à oublier ces morts et à envisager une renaissance.
« La maison des bois » (Maurice Pialat, 1972) fait le récit d’une famille accueillant des enfants dont le père est parti au front. « Le film du poilu » (Henri Desfontaines, 1927) [En 1916, dans les tranchées, le caporal Jean Renaud ne peut partir en permission pour fêter Noël, car sa femme et sa fille sont restées dans le Nord, envahi par l’ennemi. Or, en Touraine, Mme Dartois, marraine du soldat, apprend que Mme Renaud et sa fille font partie d’un convoi de rapatriés et obtient l’autorisation de les héberger chez elle. Parallèlement, elle invite Jean pour le réveillon, afin de lui faire la surprise. Le soldat arrive et retrouve, ému, sa femme et sa fille, avec qui il pourra fêter Noël].

III. Les Invalides de guerre

A part les très traumatisantes images des gueules cassées et des combattants atteints de maladie mentale diffusées par la Gaumont et Pathé actualités, il fallut attendre près de soixante ans avant de voir sur le grand écran des histoires d’invalides de guerre. « La chambre verte » (François Truffaut, 1978)

ou « Les fragments d’Antonin » (Gabriel Le Bomin, 2015) ont décrit le parcours d’hommes détruits les conséquences psychologiques de la guerre.

Déjà « La chambre des officiers » (François Dupeyron, 2000) l’avait fait au travers des gueules cassées, avec « Au revoir là-haut » (2017) Albert Dupontel reprend ce thème mais pour mener à bien une arnaque aux monuments aux morts dans la France des années folles. Emmanuel Courcol persiste et signe avec « Cessez-le-feu » (2016) et un hommage à ces soldats qui rentraient du combat totalement traumatisés et délaissés.

En 2006, Gabriel Le Bomin sort « Les fragments d’Antonin ». Antonin Verset fait partie de cas extrêmes des blessés de l’âme suite au grand conflit de 1914-1918, il est incapable de s’exprimer par la parole, il ne lui reste plus que quelques gestes obsessionnels. Le film a l’avantage de faire connaître le professeur Labrousse, qui en 1919 fut pionnier dans le traitement des chocs traumatiques de guerre. Sa méthode, nouvelle et controversée, doit faire revivre les moments les plus intenses de sa guerre afin de l’en libérer.

IV. Les compagnes pendant la Guerre

Deux sortes de « disparition » ont affecté les soldats en guerre. Cela peut tourner au mélodrame comme dans « Paradis perdu » d’Abel Gance (1940). Pierre, jeune peintre de talent, rencontre la jolie Janine, pendant le bel été 1914. Mais c’est la guerre, la mobilisation. Déchirement de la séparation pour les jeunes mariés. Janine, restée seule, travaille dans une usine à munitions, malgré sa mauvaise santé, et sa grossesse. Elle meurt en mettant au monde la petite Jeannette. Le Poilu Pierre est informé, au front du deuil qui le frappe, et aussi de sa paternité. Magnifiques images qui montrent ce soldat qui paralysé par la douleur, est équipé par ces camarades avant de partir au combat.

Mais cela peut-être aussi l’adultère, conséquence de trop de solitude des femmes dont les maris sont absents. Micheline Presle dans « Le Diable au corps » de Claude Autant-Lara (1947) est une jeune fiancée, Marthe, aide-soignante dans un hôpital militaire, qui pendant la Première Guerre Mondiale prend pour amant François, un lycéen, trop jeune pour rejoindre l’armée. À la suite d’un rendez-vous manqué sur un ponton, Marthe épousera son fiancé Jacques, un militaire au front. Les amants vont s’aimer au vu et su de toute la ville, créant le scandale. Marthe est enceinte de François. Mais la fin de la guerre est pour eux la fin du bonheur. Le mari rentre du front et Marthe meurt en couches.

Dans le même registre, Anatole Litvak adapte le roman de Joseph Kessel pour tourner « L’Équipage » (1935), un des premiers films parlant des aviateurs de la Grande Guerre. Toutefois il s’agit d’une tromperie impactant l’amitié du pilote et son mitrailleur, celui-ci étant devenu amant d’une femme lors d’une permission sans savoir que celle-ci est mariée avec son pilote.

En conclusion, le cinéma a participé à la connaissance de cette mais force est de constater que peu de films ont fait l’éloge des batailles et aucun sur les chefs ayant conduit les forces alliées à la victoire. Tout au plus Bertrand Tavernier parlera d’un chef hors ligne : « Capitaine Conan » en 1996 évoquant par la même la guerre des Balkans.

Autre constat, peu de films sur les combats hors de France. Si David Lean signa ce très bon film sur la guerre en Arabie (en fait en Jordanie) avec « Lawrence d’Arabie »

Pas une image sur la Première Guerre Mondiale en Russie. Même si « Docteur Jivago », toujours du même David Lean en présente de brèves images.

Sources : - Ciné-club de Caen