Aznavour aussi un grand acteur

  • Mis à jour : 1er octobre

A l’annonce de la mort de Charles Aznavour, les chaînes de télévision ont ouvert leur petite lucarne pour évoquer le chanteur disparu. Mais presque aucune n’a parlé du très grand acteur qu’il fut. Merci la 3.

Certes Charles Aznavour a enregistré près de mille deux cents chansons interprétées en plusieurs langues : en français, anglais, italien, espagnol, allemand, arménien (Yes kou rimet’n tchim kidi), napolitain (Napule amica mia), russe et dernièrement en kabyle. Mais en parallèle à son activité de chanteur, Charles Aznavour a mené une longue et variée carrière en tant qu’acteur, apparaissant dans plus de 80 films et téléfilms.

CINEMA

Ses débuts au cinéma commence en 1936 dans « La Guerre des gosses » d’Eugène Deslaw et Jacques Daroy, avec Jean Murat, Saturnin Fabre. Il y joue le rôle d’un gosse. Deux ans plus tard il est toujours un élève dans « Les disparus de Saint Agil » de Christian-Jaque

S’en suit une série de films où il joue le rôle de chanteurs. En 1945 : « Adieu chérie » de Raymond Bernard, avec Danielle Darrieux ; Il joue le rôle d’un duettiste ; en 1956, il est chanteur dans « Une gosse sensass » de Robert Bibal, film dont il a écrit la musique ; en 1957, il est un chanteur musicien aux Folies Bergères dans « Paris Music Hall » de Stany Cordier ; dans « C’est arrivé à 36 chandelles » (1957) de Henri Diamant-Berger il joue son propre rôle ; Il en de même en 1959, avec « Oh ! Qué mambo » de John Berry, avec Magali Noël, Dario Moreno.

C’est en 1959, qu’il sort de son personnage de chanteur musicien. Georges Franju le fait tourner dans « La Tête contre les murs ».

Toujours en 1959, avec « Les Dragueurs » de Jean-Pierre Mocky il rejoint Anouk Aimée et Jacques Charrier pour tenir le rôle de Joseph Bouvier. Ce dernier, dragueur invétéré sera bouleversé par sa rencontre avec une infirme, retournera à sa solitu

Après avoir tenu un petit rôle , le curieux dans « Le Testament d’Orphée » de Jean Cocteau, il tient le rôle principal dans le film « Tirez sur le pianiste » (1960) de François Truffaut.

Cette même année, il tourne ce que je considère comme ses plus grands succès : « Un taxi pour Tobrouk » de Denys de La Patellière et « Le Passage du Rhin » d’André Cayatte.
Le premier . Il y joue le rôle de Samuel Goldmann qui a quitté la France à bord d’un bateau pour éviter les persécutions antisémites. Il participe à un périple en plein désert pendant la guerre en Lybie.

Le second reçut le Lion d’Or de la Mostra de Venise. Cette fois il est un prisonnier français qui pendant la seconde guerre mondiale trouve de la reconnaissance de la population allemande et l’amour alors qu’en France il était un moins que rien pour sa femme et sa belle-mère.

Ensuite de nombreuses prestations lui permettent de tenir des rôles dans desfilms aux succès modestes. Toutefois nous retiendrons « Le Diable et les Dix Commandements », film à sketches de Julien Duvivier, dans l’épisode Tu ne tueras point . Il y joue le rôle du séminariste Denis Mayeux dont la sœur s’est suicidée par désespoir à cause d’un criminel, Garigny, qui l’a forcée à se prostituer. Denis renonce à ses vœux pour pouvoir venger sa sœur en faisant arrêter le criminel. Craignant que Garigny ne soit condamné qu’à quelques mois de prison, Denis le provoque de façon que celui-ci soit surpris par la police au moment où il le tue d’un coup de fusil.
Etre aussi sensible que dans "La traversée du Rhin" Charles Aznavour est Henri Plantin dans « Paris au mois d’août » (1966) de Pierre Granier-Deferre. Un homme reste seul à Paris durant le mois d’août pendant que femme et enfants partent en vacances. Il fait la rencontre d’une jeune anglaise se présentant comme mannequin venue à Paris pour un shooting. Toujours avec Pierre Granier-Deferre,il tourne en 1965 « La Métamorphose des cloportes ».Il joue Edmond dit « Le Naïf », un ancien complice d’Alphonse faux fakirb(Lino Ventura) . Il fait partie d’un gang sont sur un « coup ». Edmond réussit à convaincre son ami d’enfance Alphonse, le voleur de tableaux, de vendre quelques toiles pour avancer les fonds et de se joindre à eux, en lui faisant miroiter un magot bien plus gros qu’il ne l’est réellement. Alphonse se berce d’illusions et… se retrouve tout seul en prison par la faute d’un vigile imprévu. Il en prend pour cinq ans, sans nouvelles de ses anciens amis. Cinq ans pendant lesquels il a ruminé sa terrible vengeance et a fomenté l’écrasement de ces « cloportes » devenus, depuis, des gens honorables.

Il est le commissaire de police Kramer aux chemises et pantalon patte d’Ef aux couleurs improbables dans « Le Temps des loups » (1969) de Sergio Gobbi avec Robert Hossein, et Virna Lisi. Depuis quelque temps, la France vit dans la terreur d’une bande de gangsters commandée par Robert, qui a pris pour surnom « Dillinger ». Le commissaire Kramer, lié à Robert « Dillinger » par une amitié d’enfance, n’en poursuit pas moins son ancien ami avec une persévérance que rien ne désarme.

Il a également présenté une performance acclamée en 1974 par la critique dans le film « Dix petits nègres » de Peter Collinson. Il est Michel Raven, un des dix convives invités par
un certain Monsieur Owen, hôte mystérieux et invisible. Le premier soir, après le dîner, alors que les invités sont réunis dans le salon, une voix se fait entendre, accusant chacun d’entre eux d’un meurtre demeuré impuni et qu’elle jure de venger. C’est alors que Michel Raven, après avoir passablement bu du whisky, s’écroule. On le croit ivre-mort, mais il a cessé de vivre, et on découvre qu’il a été empoisonné.

En 1979, il incarne un rôle secondaire dans le film allemand « Le Tambour », film qui valu à son réalisateur Volker Schlöndorff l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1980 et la palme d’Or à Cannes en 1979. Il est Sigismund Markus, marchand juif persécuté par les nazis

En 1982, il est, avec Michel Serrault « tête d’affiche » dans« Les Fantômes du chapelier » de Claude Chabrol. Il est Kachoudas, le petit tailleur en face de Léon Labbé, un bourgeois de Concarneau, tenant une boutique de chapeaux. Il suit le chapelier dans ses pérégrinations. Il finit par se rendre compte qu’il est l’étrangleur de vieilles femmes qui sévit dans la région depuis deux mois. Kachoudas, terrifié, renonce à le dénoncer et en tombe malade.

Claude Lelouch le fera tourné dans deux films : « Édith et Marcel » (1982) avec Évelyne Bouix et Marcel Cerdan Jr et « Viva la vie » (1983) avec Charlotte Rampling et Michel Piccoli. Dans le premier il joue son propre rôle, ce qui était la moindre des choses pour celui qui était son pianiste dans la vie.

En 1996, avec Richard Bohringer, il tourne « Pondichery, dernier comptoir des Indes » de Bernard Favre.

En 2002, avec « Ararat » de Atom Egoyan c’est un rendez vous avec ces racines arméniennes. Mettant en perspective pointilliste l’histoire collective de haine recuite entre peuples, plus particulièrement le génocide arménien en 1915 et l’exil qui a suivi, mais aussi la situation actuelle qui forme des fantômes même pour les destins individuels des générations contemporaines et vivant ailleurs par le truchement d’une famille spécialiste de l’image. Aznavour y joue précisément le rôle d’Edward Saroyan, le metteur en scène.

Sa dernière prestation au cinéma fut pour un film d’animation, « Là-haut » de Peter Docter, dans lequel il prête sa voix pour Carl Fredricksen (principal héros dans sa version française)

TELEVISION
Charles Aznavour tourna pas moins de 10 téléfilms. De ceux là nous retiendrons « Le Père Goriot » de Jean-Daniel Verhaeghe - Charles Aznavour : Jean-Joachim Goriot dit « le Père Goriot », un ancien vermicellier qui a sacrifié sa fortune pour l’amour de ses filles, client de la pension Vauquer. Téléfilm de 2004

COMPOSITEUR DE BANDE ORIGINALE DE FILM

La liste des titres suivants ne mentionne que les films pour lesquels Charles Aznavour a composé tout ou partie de la musique originale. Les films utilisant des chansons préexistantes de Charles Aznavour ne sont pas listés ici.
1956 : Une gosse sensas de Robert Bibal
1957 : Ces dames préfèrent le mambo de Bernard Borderie
1960 : Le Cercle vicieux de Max Pécas
1960 : Tu ne tueras point de Claude Autant-Lara
1961 : De quoi tu te mêles Daniela ? de Max Pécas
1962 : Douce violence de Max Pécas (Aznavour est l’auteur de la chanson Il faut saisir sa chance, sur une musique de Georges Garvarentz compositeur de la BOF)
1962 : Les Quatre Vérités de René Clair
1963 : Cherchez l’idole de Michel Boisrond (Aznavour est l’auteur des chansons sur des musiques de Georges Garvarentz )
1965 : Cent briques et des tuiles de Pierre Grimblat (BOF en collaboration avec Georges Garvarentz)