Le cinéma mauritanien

  • Mis à jour : 4 juillet

HISTOIRE

Le cinéma mauritanien apparaît dans les années 1970, époque où sont installées les premières salles de cinéma de la jeune République islamique de Mauritanie. Les films mauritaniens sont pour la plupart produits en exil.

Années 1960-70
Plusieurs cinéastes mauritaniens en exil sont actifs dès la fin des années 1960 puis les années 1970, comme Med Hondo (« Soleil O » en 1967, « Les Bicots-nègres, vos voisins » en 1973, « Nous aurons toute la mort pour dormir » en 1976) et Sidney Sokhona (« Nationalité : immigré » en 1975,

NATIONALITÉ : IMMIGRÉ (Sidney Sokhona, 1975) from Spectacle Theater on Vimeo.

« Safrana ou le droit à la parole » en 1977).

Leur cinéma, en partie basé sur leurs expériences personnelles, adopte un ton militant. Ould Saleck tourne plusieurs films sur la guerre du Sahara mais il se contente surtout de tourner des actualités.

Depuis les années 1980 - 1990
Dans les années 1990, Karim Miske réalise plusieurs documentaires sur l’Afrique de l’Ouest comme « Culture hip-hop » et « Afrique de l’Ouest, la presse au pluriel » en 1991) et plusieurs vidéos avec la documentariste Brigitte Delpech (« Derrière le voile, la séduction » en Mauritanie, 1993).

xxie siècle

Abderrahmane Sissako remporte les César du meilleur film et du meilleur réalisateur. Dans les années 2000, Abderrahmane Sissako se fait remarquer par ses films, notamment « En attendant le bonheur » (2002)

puis « Bamako » (2006).

Son film « Timbuktu » tourné à Oualata, remporte en 2014 à Cannes le Prix du jury œcuménique et le Prix François-Chalais récompensant les valeurs du journalisme. Co-production française, il est récompensé par sept Césars en 2015 dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur.

LE CINEMA EN MAURITANIE

De rares salles de cinéma
Un Français du nom de Gaumeze est le premier à construire des salles dans les années 1960 ; rapidement la méfiance du public tombe. Seulement, ces nouveaux spectateurs ne s’approprient pas ce qu’ils voient et finissent par retourner à leur loisirs quotidiens.

Vers le début des années 1960, Hemmam Fall, un troubadour et poète, homme d’affaires avisé par ailleurs commence lui aussi à acquérir des salles de cinéma. Son succès est fulgurant. Il en arrive à produire lui-même des films, moitié fictions, moitié documentaires : « Meïmouna », « Tergit » et « Nomade moderne ». Vers 1976–1978, Nouakchott, avec 400 000 habitants, compte 10 salles de cinéma, toutes propriétés de Hemmam Fall. Sur le plan institutionnel, l’État crée l’ONC (l’Office National de Cinéma) , avec pour rôle de promouvoir le 7e art et créer un embryon d’infrastructures. Il devient plus tard l’AMATECI (Agence Mauritanienne pour la Télévision et le Cinéma).

À la suite du décès de Hemmam en 1978 et de Ould Saleck en 1979, les salles de cinéma périclitent les unes après les autres. Le public les désaffecte. La Télévision Nationale est née. En 2014, la salle de cinéma de l’Institut français de Mauritanie reste la seule de Nouakchott et du pays.

LES CINEASTES
- Med Hondo  : Soleil Ô (1969), Les Bicots-Nègres, vos voisins (1974)…
- Sidney Sokhona : Orphelins de Dieu (1970), Nationalité : Immigré (1975), Safrana, ou Le droit à la parole (1978)
- Mohamed Ould Saleck : Faisons ensemble la patrie mauritanienne (1976)
Cheikh N’diaye (1962-) (Sénégal)
- Karim Miské  : Économie de la débrouille à Nouakchott (1988)
- Abderrahmane Sissako : La Vie sur terre (1998), En attendant le bonheur (2002), Bamako, Timbuktu…
- Zein el abdine elboukhary  : Mon ami disparu (2009), Waiting for Justice (2011)
- Ousmane Diagana  : Le rêve brisé, La blessure de l’esclavage (2009), Mémoire noire (2012)
- Djibril Diaw : 1989 (2009), La voix des jeunes (2010), Retour sans cimetière (Donaye) (2013)