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Grands acteurs et actrices français : Michèle Morgan

  • Mis à jour : 29 novembre

Simone Roussel, dite Michèle Morgan, est une actrice française, née le 29 février 1920 à Neuilly-sur-Seine (Seine) et morte le 20 décembre 2016 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine).

1. Biographie

1.1 Enfance et débuts

Simone-Renée Roussel est l’aînée des quatre enfants (avec Paul, Pierre et Hélène) de Louis Roussel, chef de service dans une maison d’exportation de parfum, et de Georgette Payot, mère au foyer. Son père se trouve au chômage après la crise de 1929. En 1933, il installe sa famille rue de la Barre à Dieppe, où il reprend le fonds de commerce d’une épicerie, mais fait faillite deux ans plus tard.

La petite Simone découvre la scène à l’occasion de spectacles du casino de Dieppe. En 1935, elle décide de « monter à Paris » avec son frère cadet, Paul, et s’installe chez ses grands-parents à Neuilly ; par l’intermédiaire d’agences de casting, elle obtient son premier rôle comme figurante dans « Mam’zelle Mozart ». Le réalisateur Yvan Noé lui conseille de se perfectionner en prenant des cours d’art dramatique. L’année suivante, elle s’inscrit au cours Simon. Elle adopte en 1937 le pseudonyme de Michèle Morgan.

1.2 Carrière

En mars 1937, la scripte Jeanne Witta la recommande au réalisateur Marc Allégret qui prépare son film « Gribouille ». Après un essai concluant, le milliardaire suisse Max Stoffel, producteur du film, insiste pour lui confier le premier rôle féminin. Elle signe son premier contrat pour un montant de 12 500 francs. Le film est un succès.

La RKO lui propose un contrat à Hollywood sur la base de 2 000 F par semaine. À la fin de 1937, elle tourne « Orage » avec Charles Boyer, grande vedette de l’époque.

En 1938, elle tourne avec Jean Gabin dans « Le Quai des brumes » que réalise Marcel Carné. Son regard, d’un bleu limpide, un peu énigmatique et lointain, parfois comparé à celui de Greta Garbo, inspire à Jacques Prévert l’une des répliques les plus célèbres du cinéma dans ce film où le personnage, incarné par Jean Gabin, lui murmure : « T’as d’beaux yeux, tu sais. »

Le 3 septembre 1939, la guerre éclate, Jean Gabin est mobilisé à Cherbourg dans la marine nationale. Il obtient une permission exceptionnelle pour terminer le film « Remorques » qu’ils tournent ensemble.

Ils partent tous les deux pour Hollywood. Pendant la guerre, Michèle Morgan tourne cinq films aux États-Unis, tous assez décevants.

En 1942, elle tourne un bout d’essai pour le rôle principal de « Soupçons », le film que prépare Alfred Hitchcock ; elle n’est pas retenue à cause de son anglais insuffisant. Pressentie pour « Casablanca », qui révèlera la comédienne Ingrid Bergman, elle est convoquée et auditionnée mais, son agent ayant réclamé un cachet beaucoup trop élevé, le rôle lui échappe. Elle reçoit en compensation celui de « Passage pour Marseille ». Elle reconnaîtra par la suite avoir commis plusieurs erreurs durant sa carrière : elle refuse ainsi le rôle principal de « Johnny Belinda », qui vaut à Jane Wyman l’Oscar de la meilleure actrice, et celui de « La Nuit » de Michelangelo Antonioni. De même, par peur de la scène, elle renonce à participer à la création de « Thé et Sympathie », qui connaît ensuite le succès avec Ingrid Bergman.

À son retour en France, elle reçoit en revanche le premier prix d’interprétation féminine de l’histoire du Festival de Cannes en 1946 pour le rôle de Gertrude dans « La Symphonie pastorale » de Jean Delannoy.

En 1950, elle épouse l’acteur Henri Vidal  ; ils tourneront plusieurs films ensemble. En 1955, elle forme un couple avec Gérard Philipe dans « Les Grandes Manœuvres » de René Clair.

Elle est alors au sommet de sa célébrité. En 1957, elle tourne « Retour de manivelle », film qui marque un tournant dans sa carrière : incarnant jusqu’ici principalement des héroïnes fragiles, elle y joue une femme fatale de série noire, ce qui lui vaut ce jugement :« On est étonné de voir comment ses yeux peuvent devenir durs, sa bouche méprisante et sa voix cruelle. »

Après la mort d’Henri Vidal en 1959, elle devient la compagne du cinéaste Gérard Oury, rencontré sur le tournage du film « Le Miroir à deux faces » d’André Cayatte l’année précédente. Ils resteront ensemble jusqu’au décès de Gérard Oury en 2006.

Ignorée par les cinéastes de la Nouvelle Vague qui jugent les acteurs d’avant-guerre trop chers mais aussi trop intimidants (seul Claude Chabrol fait appel à elle en 1962 dans « Landru »), elle joue dans des films noirs dans les années 1960. Elle doit à Michel Deville une belle occasion de rappeler sa sensualité en interprétant une comtesse rouée dans « Benjamin ou les Mémoires d’un puceau » en 1967.

Michèle Morgan suspend sa carrière, enregistre des poèmes et se consacre essentiellement à la peinture (gouaches, collages, huiles), dont la passion correspond à sa rencontre avec le peintre franco-polonais Moïse Kisling qui avait réalisé son portrait en 1943 à Los Angeles, et à la haute couture. Elle réapparaît épisodiquement pour la télévision, le cinéma ou le théâtre. Elle préside le jury du Festival de Cannes 1971.

En 1975, Claude Lelouch la fait revenir à l’écran dans « Le Chat et la Souris ». Elle annonce son retrait du cinéma après ce film. Michèle Morgan joue, en 1986 la série « Le Tiroir secret » dans laquelle elle est accompagnée de son fils Mike Marshall et de sa belle-fille Tonie Marshall. Marraine du Festival de Cannes 1996 et Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière à Venise, elle joue en 1997, dans le téléfilm « Des gens si bien élevés », dont le scénario est écrit par Danièle Thompson, fille de Gérard Oury.

Après avoir été élue dix fois par le public « actrice française la plus populaire »18, elle annonce la fin de sa carrière en janvier 2001. Michèle Morgan meurt le 20 décembre 2016 dans sa demeure de Neuilly-sur-Seine : « Dans sa 97e année, les plus beaux yeux du cinéma se sont fermés définitivement ce matin, mardi 20 décembre », annonce sa famille.

Après des obsèques le 23 décembre à l’église Saint-Pierre de Neuilly-sur-Seine, elle est inhumée au cimetière du Montparnasse (5e division), dans le carré juif, dans le caveau familial où se trouvent son compagnon, le cinéaste Gérard Oury, la mère de celui-ci, Marcelle Oury, et son épouse Jacqueline Roman (mère de Danièle Thompson). La comédienne étant catholique, le grand-rabbin a accordé une dérogation.

2. Vie Privée

Aînée de quatre enfants, élevée à Dieppe où son père tenait un commerce d’ali­men­ta­tion, sa première fugue, Michèle Morgan, de son vrai nom Simone Rous­sel, la fait à quatorze ans. Elle embarque Paul, son cadet de trois ans, direc­tion la capi­tale, où vivent ses grands-parents. Le télé­gramme qu’elle envoie à son arri­vée ne calme guère la colère pater­nelle. Mais pas ques­tion de tran­si­ger avec ses rêves : un ami de son père, astro­logue amateur, lui a prédit, enfant, une carrière mondiale, et ça tombe bien, car la petite Simone se projette en Ciné­maS­cope. Et s’amuse, depuis qu’elle est gosse, à prendre des poses à la Garbo devant son miroir. Si sa légen­daire beauté, bien sûr, séduit immé­dia­te­ment la pelli­cule, c’est son tempé­ra­ment, à la fois passionné et incroya­ble­ment moderne, qui fait la diffé­rence.

Après avoir donné la réplique à Raimu (Gribouille, en 1937) et Gabin, elle traverse l’At­lan­tique et se fait rebap­ti­ser Morgan (nom d’une banque améri­caine). Elle tente une carrière holly­woo­dienne et trouve l’amour. Il s’ap­pelle William Marshall, dit Bill, play-boy et copain de virée d’Er­rol Flynn. Elle l’épouse en 1942 et, avec lui, aura son seul enfant, Mike, qui naît en 1944. Mais une autre guerre se joue alors dans son couple, un combat où tous les coups sont permis, même les plus vils.
Tombée amou­reuse d’un jeune acteur, Henri Vidal, rencon­tré en Italie sur le tour­nage de Fabiola, un constat d’adul­tère lui fait perdre la garde de son fils unique. Divorce, rema­riag, Michèle Morgan se sent ampu­tée d’un bout d’elle-même et doit cepen­dant trou­ver la force de main­te­nir à flot son second mari, accro à la cocaïne.

Bien sûr, au cinéma, elle enchaîne les succès, bien sûr, dans sa vie, il y a la pein­ture qu’elle vit comme une voca­tion, un garde-fou (« Aujourd’­hui, je me consi­dère comme une peintre qui a fait du cinéma », dira-t-elle à la fin de sa vie), mais le bleu de ses yeux cache bien des orages.
En 1959, le cœur de son second mari ne résiste pas à la sixième cure de désin­toxi­ca­tion. « Il est mort à quarante ans d’une over­dose, il s’était enfui de la clinique. Ce soir-là, il avait rejoint des copains toxi­cos et est rentré pour mourir quelques heures plus tard », a-t-elle raconté.

Michèle Morgan, qui par la suite vivre une grande histoire d’amour avec Gérard Oury, a cette élégance de ne s’être jamais plainte. Tout comme elle avoue être toujours maquillée et apprê­tée, comme une poli­tesse qu’elle doit non seule­ment aux autres, mais égale­ment à elle-même. Digne. Droite. Exigeante. Michèle Morgan n’était pas seule­ment cette grande bour­geoise, cette élégante Française que l’Amé­rique nous enviait. Libre, auda­cieuse, elle avait, elle aussi, pris bien des chemins de traverse et aimé passion­né­ment, aimé mal, jusqu’à en perdre la garde de son seul fils… Ainsi elle resta fermée à tout appel de sa petite-fille Sarah Marshall. Après une saison d’enfer pour cette petite-fille qui lui ressem­blait tant, avec ses yeux hori­zon en amande, victime de la drogue. La réconciliation a eu lieu en 2009, après la mort de Mike Marshall.

3. Filmographie

Par décennies, à part ceux déjà évoqués plus haut, ses films les plus en vue :

Années 1930
- 1939 : « Le Récif de corail » de Maurice Gleize  : Lilian White


- 1939 :« Les Musiciens du ciel » de Georges Lacombe : la lieutenante Saulnier

Années 1940

- 1942 : « Jeanne de Paris » (Joan of Paris) de Robert Stevenson : Jeanne
- 1949 : « Fabiola » d’Alessandro Blasetti  : Fabiola

Années 1950

- 1950 : « Le Château de verre » de René Clément  : Évelyne Bertal
- 1950 : « Maria Chapdelaine » de Marc Allégret  : Maria Chapdelaine


- 1953 : « Les Orgueilleux » d’Yves Allégret : Nelly


- 1955 : « Marie-Antoinette reine de France » de Jean Delannoy : Marie-Antoinette

Années 1960
- 1960 :« Fortunat » d’Alex Joffé : Juliette Valcourt

- 1966 : « Les Centurions » (Lost Command) de Mark Robson  : la comtesse de Clairfond

3. Télévision

1967 : « La Bien-aimée » de Jacques Doniol-Valcroze : Fanny Dréal
1981 : « Le Tout pour le tout » de Jacques Brialy
1984 : Chéri d’après Colette, captation théâtrale d’Yves-André Hubert : Léa
1995 : La Veuve de l’architecte de Philippe Monnier : Héléna Kramp
1997 : Des gens si bien élevés d’Alain Nahum : Geneviève
1999 : La Rivale d’Alain Nahum : Judith Legrand

4. Théâtre
1936 : « La Fête du printemps, Monsieur Mécano » : petits rôles
1978 : « Le Tout pour le tout » de Françoise Dorin, mise en scène Raymond Gérôme, théâtre du Palais-Royal

1981 : « Chéri » de Colette, mise en scène Jean-Laurent Cochet, théâtre des Variétés
1988 : « Une femme sans histoire » d’Albert Ramsdell Gurney, mise en scène Bernard Murat, Comédie des Champs-Élysées
1993 : « Les Monstres sacrés » de Jean Cocteau, mise en scène Raymond Gérôme, théâtre des Bouffes-Parisiens