Cinéma de Wallis-et-Futuna

  • Mis à jour : 9 septembre

L’Archipel de Walis et Futuna est un Territoire Outre-Mer (TOM) de la France. A ce titre, il pourrait bénéficier des mêmes facilités que le Cinéma en Métropole. Toutefois, il n’en n’est rien.

Les Salles

Sortir au cinéma à Futuna était possible jadis mais il y a bien longtemps que la salle est fermée.

Un beau projet devait voir le jour en 2013. Un écran géant devait permettre la diffusion de films en plein air dans un premier temps à Wallis, avec des séances prévues régulièrement à Futuna. On espérait très fort ensuite pouvoir équiper Futuna de son matériel propre. Il nous a pas été permis de vérifier si ce projet a pu voir le jour.

Les réalisations

 En 2015 est tourné le premier épisode de la série « Foha Tau » (les fils de la guerre). Initié par la société Cinemata (l’œil du ciné). Cette série est la première tournée entièrement en wallisien. Foha Tau raconte les contes et légendes du Pacifique sud avec une première saison de 3 épisodes, de 60 minutes chacun, diffusée en 2016 et 2017 sur les chaines de télévision publique française Wallis et Futuna 1ère et Nouvelle Calédonie 1ère.
Saison 1 :

  • épisode I : La promesse d’une île ;
  • épisode II : La mélodie du témonio ;
  • épisode III : La bataille d’Uvea.

Foha Tau, la série 100% Wallisienne du jeune réalisateur Anthony Taitusi-
Tournée sur l’île d’Uvéa (Wallis), elle raconte l’histoire d’un jeune voyageur polynésien à la recherche de ses racines paternelles. Le métissage, le respect des forces de la nature ou encore la persévérance sont les messages principaux que souhaite promouvoir Anthony Taitusi à travers sa série.

Peux-tu nous raconter ton parcours, ce qui t’a amené à la réalisation, les formations que tu as suivies pour arriver où tu es aujourd’hui ?
J’ai toujours voulu réaliser inconsciemment depuis l’enfance. La télévision et le cinéma ont toujours été très présents dans ma vie. Vivant seul avec ma mère et de nature solitaire, je me suis vite réfugié dans l’imaginaire. Après une adolescence difficile, je me suis repris en main, j’ai décidé de reprendre mes études pour pouvoir m’engager dans une licence de cinéma. J’ai fais 3 ans de formation à l’Ecole internationale de création audiovisuelle et de réalisation à Paris, depuis je fais des films.

Les images sont assez fortes, puissantes et parfois violentes, elles décrivent un Pacifique qu’on imagine pas ainsi, était-ce une volonté personnelle de mettre en exergue ce côté de la société polynésienne ancestrale ?
Foha Tau signifie « Fils de la guerre », la civilisation d’Uvéa et Futuna, qui ont 3500 ans d’histoire, s’est construite sur de nombreuses guerres sanglantes et de faits d’anthropophagie dont on parle encore aujourd’hui. Je ne pouvais pas faire de films sur une époque ancienne à Uvéa sans cela, car l’esprit guerrier fait intégralement partie de notre identité polynésienne. Mon cinéma peu paraître violent mais il n’est que le reflet de la vie et de sa nature : belle, douce puis soudainement radicale et impitoyable.

Peux-tu nous donner quelques détails techniques du tournage ? Type de caméra utilisée, techniques, montage, casting,..
Au début j’étais seul avec un appareil photo, ma tante se démenait pour trouver des acteurs, c’était très difficile, on nous prenait pour des illuminés. Puis petit à petit on a réussi à avancer et on a fini le film. J’ai tourné avec un simple Gh4 en 4k, j’ai formé quelque jeunes sur le tard pour le cadre et la prise son. Les acteurs sont tous des amateurs que je prends « au feeling », qui arrivent sur le plateau, qui n’ont pour la plupart jamais joué de leur vie et que je dirige en « live », sans répétition. Mais l’atout c’est que se sont des personnes authentiques qui ont l’habitude de travailler la terre et qui vivent encore avec leurs traditions.

Que penses-tu de l’état de la production de films dans le Pacifique ? Est-ce qu’à Wallis et Futuna, on aide les jeunes réalisateurs comme toi ?
Disons que pour le documentaire, il y a ce qu’il faut dans le Pacifique, les festivals, les aides mais pour ceux qui font de la fiction comme moi c’est mort, il n’y a rien. La fiction ça fait peur, c’est trop couteux, trop surréaliste pour les autorités locales. A Wallis et Futuna sincèrement jusqu’à présent je n’ai reçu aucune aide, rien. Mais j’ai l’habitude, c’est pour cela que j’en suis arrivé à faire du cinéma indépendant, je n’ai pas le temps et la patience d’attendre. Foha Tau a été présenté de nombreuses fois auprès des structures qui sont censées appuyer les travaux comme les miens mais en vain. J’ai des films à faire et si je ne tourne pas, ma vie n’a aucune valeur ici bas, donc je tourne contre vents et marées.

 Sorti en 2016, le film de Sacha Wolff, « Mercenaire » premier long-métrage parlé également en wallisien, raconte le départ d’un jeune joueur de rugby wallisien pour la métropole. Ce film a été présenté à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes.

 En février 2017 , était présenté au Cinema des Océanistes (Musée Quai Branly) « Beauté Fatale » (Wallis et Futuna) .Il s’agit d’un documentaire de 52 minutes, écrit et réalisé par Mélanie DALSACE. Produit par GB Prod et Lodge Productions en coproduction avec Nouvelle-Calédonie 1ère et Wallis et Futuna 1ère. Avec le soutien du Centre National de la Cinématographie
Synopsis = Qu’est-ce que la beauté ? Ses canons ne sont pas les mêmes dans toutes les cultures ou à toutes les époques. À Wallis et Futuna, on aime avant tout sourires et rondeurs. Les femmes doivent être fortes et bien portantes, signes de richesse et de générosité. Autrefois, cela n’impliquait pas l’obésité. Aujourd’hui sédentarité et produits alimentaires importés entraînent un excès de poids et des morts précoces. Comment alors garder sa culture et se tourner vers une alimentation plus équilibrée ?

L’Avenir du cinéma à Wallis et Futuna