Dernière pirouette de Jerry Lewis

  • Mis à jour : 21 août

Un géant de l’humour est mort, un inlassable créateur de gags au comique essentiellement visuel. L’acteur, producteur et réalisateur américain Jerry Lewis est mort dimanche 20 août à l’âge de 91 ans, à son domicile de Las Vegas.

Né Joseph Levitch à Newark (New Jersey), le 16 mars 1926, dans une famille juive d’origine russe, cet homme au visage poupin semblait avoir conservé toute son enfance au fond de son regard étonné. « On n’est pas sérieux lorsqu’on a perpétuellement neuf ans », affirmait celui que ses parents, tous deux artistes de music hall, appelaient Monsieur Néon.

Fausses dents, faux nez, de haute taille, il jonglait avec les infirmités. Son art du dédoublement trouva son apogée dans « The Nutty Professor » (« Docteur Jerry et Mister Love »). Acteur dans plus de 60 films, Jerry Lewis fut aussi producteur et metteur en scène.

Sa rencontre avec le chanteur Dean Martin, en 1946, fut déterminante. Après leur participation au fameux Ed Sullivan Show (1948), ils furent engagés par la Paramount et, dès leur premier film, « My friend Irma » (« Ma bonne amie Irma »), ils séduisirent un large public. Dix ans plus tard, ils décidèrent de faire carrière en solo.

Jerry Lewis devient le principal interprète de films souvent dirigés par Frank Tashlin, comme « The Geisha Boy » (« Le kid en kimono ») et « Cinderfella » (« Cendrillon aux grands pieds »). Devenu professeur de cinéma à l’université de Californie du Sud, il réalisa « Which Way To The Front » (« Ya,Ya, mon général »), hommage à Chaplin et nouvelle variation sur le thème favori du double.

Après dix ans d’absence au cinéma, « l’idiot burlesque » retrouva son public dans Hardly working » (« Au boulot Jerry ») avant que Martin Scorsese, en 1983, et Emir Kusturica, en 1991, lui offrent l’un et l’autre un rôle dramatique, respectivement dans « The King of Comedy » (« La valse des pantins ») et « Arizona Dream ».

Parallèlement à ses activités artistiques, Jerry Lewis, père de sept enfants, s’occupait activement des handicapés physiques et mentaux. Son engagement constant dans la lutte contre la dystrophie musculaire, avec l’animation, depuis 1966, d’un téléthon pour les myopathes, lui valut une nomination au prix Nobel de la Paix.