Bande son du film "Citizen Kane"

  • Mis à jour : 23 octobre 2014

Bande son du film de Orson Welles "Citizen Kane" composée par Bernard Herrmann en 1940.

Bernard Herrmann né le 29 juin 1911 à New York, États-Unis et mort le 24 décembre 1975 à Los Angeles, est un compositeur et chef d’orchestre américain. Il doit sa réputation internationale aux musiques qu’il écrivit pour les films d’Alfred Hitchcock des années 1950. Il débuta à Hollywood en 1940 en composant la musique du film Citizen Kane d’Orson Welles. Il fut redécouvert à la fin de sa vie par la génération du nouvel Hollywood pour laquelle il écrivit et dirigea ses dernières partitions (Taxi driver de Martin Scorsese). Il s’illustra aussi par ses compositions et directions pour la radio et la télévision. Il est considéré comme un des plus grands compositeurs de l’histoire du 7e art.

Films dont il a composé la musique :
- 1941 : "Citizen Kane" d’Orson Welles profite de la dynamique de travail forgée lors de leurs expériences radiophoniques. Welles offre en outre au compositeur le luxe de travailler sur le film dès le début de sa production, soit douze semaines. La richesse des apports (musique américaine via des pastiches ou des compositions existantes) caractérise cette œuvre de style néo-romantique où les méthodes de travail du compositeur pour la radio transpirent plus que dans aucune autre de ses réalisations suivantes (dans l’utilisation des ponts notamment). Il y impose son style non mélodique, l’usage de leitmotiv, dès l’ouverture à l’orchestration déjà singulière. Il privilégie la ponctuation là où le remplissage (fond sonore) faisait règle. Il compose pour l’occasion l’aria d’un opéra fictif.
- 1942 : "La Splendeur des Amberson" (The Magnificent Ambersons) d’Orson Welles.
- 1944 : "Jane Eyre" de Robert Stevenson ravive l’intérêt d’Herrmann pour l’univers des sœurs Brontë au point qu’il s’engage dans la composition de son opéra. Pour son entrée à la 20th Century Fox, le royaume d’Alfred Newman, il produit une de ses musique les plus conventionnelles.
- 1946 : "Anna et le Roi de Siam" (Anna and the King of Siam). Herrmann, qui a pris le soin de se documenter, délivre une musique en miroir du film. De tonalité orientale mais restituée par un orchestre traditionnel43. Cet exercice est pour lui l’occasion d’appréhender pour la première fois l’échelle pentatonique pélog javanaise dans son travail pour le cinéma. Sélectionnée aux oscars.
- 1951 : « Le Jour où la Terre s’arrêta » (The Day the Earth Stood Still de Robert Wise. Ce film marque le retour du compositeur au premier plan (dans l’esprit des studios et du public tout du moins). Il est célèbre pour l’usage qu’il y fait d’instruments électroniques et électriques (violons, basses, guitares, thérémines appuyés par quatre pianos, quatre harpes et une section imposante de cuivres)19.
- 1952 : « L’Affaire Cicéron » (Five fingers) de Joseph L. Mankiewicz
- 1954 : « Le Jardin du diable » (Garden of Evil) d’Henry Hathaway
- 1955 : « Mais qui a tué Harry ? » (The Trouble with Harry) d’Alfred Hitchcock. Singulière pour ses couleurs orchestrales, cette musique écrite pour une petite formation de vent et cordes (complétée par quatre cors et une harpe mais exempt de percussion) réexploite de thèmes écrits en 1952 pour le programme radio ’Crimes Classics’45. Singulière aussi comme l’unique comédie habillée par le compositeur. Il réutilisera plusieurs fois cette formation (L’Homme du kentucky, Blue-jean, Tender Is the Night, Joy in the Morning) pour ses musiques de film qui restent parmi les plus confidentielles.
- 1956 : « L’Homme qui en savait trop » (The Man Who Knew Too Much) d’Alfred Hitchcock. Peu de place pour la musique d’Herrmann sur ce film. À son crédit, la réorchestration de la cantate enrichie d’un orgue, de harpes et de cuivres dont les partitions expressives portent la marque du compositeur.
- 1958 : « Le Septième voyage de Sinbad » (The 7th Voyage of Sinbad) coréalisé par Ray Harryhausen. Première des quatre collaborations du compositeur avec le tandem Schneer-Harryhausen qui offrira à Herrmann l’occasion de déséquilibrer sans contrainte ses orchestres en toute légitimité et d’explorer ainsi de nouveaux champs d’orchestration à l’image d’un pionnier comme Edgard Varèse. Complété par un ensemble de percussion, l’orchestre s’exprime souvent au travers de quelques instruments singulièrement mis en avant (célesta, glockenspiel, triangle), pour caractériser certains personnages notamment46. Pour la princesse, des violons en sourdine s’exprimant uniquement dans le registre aigu. Pour le squelette, il convoque xylophone, castagnettes, wood-blocks, fouet dans un pastiche enlevé de la danse macabre de Camille Saint-Saëns. Souvent condamné pour auto-citation (excusable au regard de la quantité de matériel produit sous exploité) Herrmann réemploye des thèmes composés en 1934 pour CBS (The Arabian nights). De sa pièce de concert inachevé Egypt - A Tone Picture il tire le thème de Bagdad47. À plusieurs reprises il tire profit de l’expérience qu’il acquise dans ses travaux précédent sur l’échelle pentatonique.
- 1958 : « Sueurs froides » (Vertigo) d’Alfred Hitchcock
- 1959 : « La Mort aux trousses » (North by Northwest) d’Alfred Hitchcock
- 1959 : « Voyage au centre de la Terre » (Journey to the Center of the Earth) pour orgues, harpes, cuivres et percussions.
- 1960 : « Psychose » (Psycho) d’Alfred Hitchcock. Pour ce qui reste sa partition la plus célèbre Herrmann réduit, en accord avec la photographie et le budget du film, son orchestre à une formation de cordes, cordes dont il exploite toutes les dimensions en jouant de tous les effets possibles (elles se substituent notamment aux percussions). La musique est construite sur un ensemble de motifs non mélodiques, continuellement modulés, modulations qui leur sont propres lorsque ces motifs sont superposés (la musique semble alors dériver en s’égarant dans des jeux de dissonances). Autre caractéristique propre à la signature du compositeur, l’exploitation de la phrase musicale suspendue qui trouve son aboutissement au finale, démonstration éloquente du bon usage de la musique sérielle. Pour influence, on cite le Divertimento pour cordes de Bela Bartok48.
- 1963 : « Les Oiseaux » (The birds) d’Alfred Hitchcock
- 1963 : « Jason et les Argonautes » (Jason and the Argonauts) coréalisé par Ray Harryhausen
- 1964 : « Pas de printemps pour Marnie » (Marnie) d’Alfred Hitchcock
- 1966 « : Fahrenheit 451 » de François Truffaut
- 1967 : « La mariée était en noir » de François Truffaut
- 1976 : « Obsession de Brian De Palma ». Œuvre testament dominée par un vaste chœur et un orchestre d’une ampleur sans précédent (avec orgue), dont l’écriture fleure souvent avec l’impressionnisme de Debussy (celui du Martyre de St Sébastien), incluant aussi la polytonalité ou les dissonances agressives déjà exploitées pour Le Rideau déchiré. Avec ce film, le compositeur, en proie depuis toujours à certaines obsessions (sa mort tout particulièrement), renouait contre l’avis de ses médecins avec un engagement total.
- 1976 : « Taxi Driver » de Martin Scorsese. Herrmann investit enfin le champ du jazz symphonique (incarné notamment par les musiques innovatrices d’Alex North (un des rares compositeurs pour musique de film qu’Herrmann tenait en haute estime), Elmer Bernstein ou Lalo Schifrin).