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Le nanar du mois de juillet 2014 _ "Eh mec ! Elle où ma caisse ?"

  • Mis à jour : 30 juin 2014

Actuellement nos chers ados planchent sur les copies du Bac, suent pour pondre quelque chose de tangible pour leurs examens de Fac ou d’Ecole supérieure... Bref c’est le Branle-bas dans les foyers.

Les curés se frottent les mains car la consommation de cierges devant les autels de Marie, de St Antoine (pour ceux qui auraient du mal à retrouver leurs idées) , et autres saints intercesseurs, a considérablement augmenté. Les patrons de bar sont contents car quelque soient les résultats, il y aura ceux qui voudront se consoler de leur échec et surtout ceux qui voudront fêter ça.

Néanmoins il y a quelque chose qui restera intengible, ce sont les vacances. Alors « Eh mec ! Elle où ma caisse ? » (Dude, Where’s My Car ?) pour qu’on parte en vacances. Tel est le thème retenu pour ce film de haute volée intellectuelle pour le Nanar du mois.. Ce film a été réalisé en 2000 aux Etats-Unis par Dany Lenner avec Ashton Kutcher, Seann William Scott, Kristy Swanson.

Un mot sur le réalisateur. Outre ce film il a réalisé beaucoup de films pour la Télévision (1997 : Flashback - 2001 : Le Journal intime d’un homme marié ("The Mind of the Married Man")) et également des titres qui présagent du nanan : « Harold et Kumar chassent le burger » (Harold and Kumar Go to White Castle) en 2004, The « Great New Wonderful » en 2005 et « Balls Out : Gary the Tennis Coach » en 2007. Depuis plus rien ....

Passons au film : Branleurs notoires, ados attardés adeptes de la bataille de pouces, fumeurs invétérés de pétards (substance qu’il dénomme tendrement Shibby), Jesse et Chester sont les rejetons détraqués et non désirés du rêve américain, en un mot, des cons. A un point qu’ils en deviendraient presque attachants. Leur esprit dévarié leur pose tout de même quelques contraintes.

Premier constat la bagnole est française et les autres aussi . Quand on vous dit que l’Industrie automobile française se vent bien !

Là, leur bagnole a disparu à l’issue d’une soirée dont ils n’ont aucun souvenir suite à l’abus de Shibby précité. Problème : dans la voiture se trouvent les cadeaux d’anniversaire de leurs jumelles de copines, et pas de cadeaux, pas de sexe. Dans leur course folle de 24 heures chrono, Jesse et Chester vont reconstituer douloureusement le cours de leur soirée de la veille au gré de rencontres de plus en plus improbables.

Un transsexuel strip-teaser, des sectaires juvéniles inquiétants sous la coupe de leur omnipotent leader Zoltan (pas Zlatan ! suivez un poeu....) , un flic éminemment gaffeur
un français séquestrant les braconniers et adepte du supplice de la figue (quand vous avez vu un homme subir ça… Brrrr… Vous n’êtes plus le même)…

Autant de séquences à l’absurde revendiqué haut et fort et avouons-le maîtrisé de bout en bout, tournant en grande partie autour d’un certain disrupteur dimensionnel, Graal venu tout droit d’un certain cinéma de science-fiction des 50’s, que recherche fébrilement la moitié d’un casting éclectique à l’envie.

Eh Mec ! est le produit bâtard d’une logique hollywoodienne suffisamment perturbée dans ses objectifs marketing qu’elle en vient ici à pérenniser ce qui devient au fil du temps un genre en soi : le film à l’humour con. Discipline des plus délicates à relever, le film à l’humour con compte dans ses fleurons quelques perles rares de pure puissance psychotronique : "Little Nicky et ses ptérodactyles péteurs de feu", "Zoolander et son héros" / modèle homme qui n’arrive pas à tourner à gauche, ou plus récemment "Ali G" et ce jouissif député anglais caillera. Eh Mec ! arrive aisément dans le tiercé de tête de cette catégorie filmique aux vertus sous-évalués.

Le récit joue du comique de répétition avec un entêtement qui force le respect, donnant une dimension inattendue à des gags a priori rebattus. A travers sa très atypique galerie de portraits, le film se paie même le luxe étonnant de payer un tribut à la bonne vieille SF ricaine des débuts, lorsque les films d’exploitation abreuvaient les assoiffés de drive-in de péripéties cheap mais à la sincérité désarmante.

A l’instar de ces œuvres,« Eh Mec ! » joue sur une fibre pop-corn d’un cinéma qui se savoure entre potes, lorsque les copines ne sont pas là pour hocher la tête de façon désapprobatrice devant un tel déballage. Sauf qu’Eh Mec ! plaît aussi aux copines…

En attendant la suite (dont on connaît juste le nom, "Sérieux Mec ! Elle est où ma caisse ?"), on se repassera en boucle la scène dite du fast-food chinois ; si un gag ne vous a jamais retourné le cerveau…

Merci à Drexl pour sa contribution sur Nanarland