Cannes - 23 mai 2014

  • Mis à jour : 24 mai 2014

CONFÉRENCE DE PRESSE - Olivier Assayas : « Avec les comédiens, si la confiance est totale, on va jusqu’au bout du chemin »

Juliette Binoche, Chloé Grace Moretz, Lars Eidinger ainsi que Charles Gillibert, producteur, entouraient le réalisateur français Olivier Assayas pour la Conférence de presse de « Sils Maria ».

Juliette Binoche sur Cannes et sur son regard sur le passé :
C’est un peu une maison où l’on se rencontre grâce aux journalistes. En fait je n’ai pas de regard par rapport au passé. Je suis une fervente du présent. Je ne sais jamais ce que je vais jouer plus tard.

Sur son rôle : Avec « Sils Maria » il n’y a pas eu de répétitions, on s’est jetés dans les scènes sans filet. Au fur et à mesure des prises, on y va tous ensemble et on réajuste. J’ai tout simplement envie de me mettre au service de l’histoire, de me donner et sans filets. Quand la caméra n’essaie pas de contrôler mais vous donne l’espace pour vous permettre de donner le meilleur de vous-même, c’est fabuleux. On se connait depuis 30 ans avec Olivier et depuis« L’heure d’été, » j’ai vu sa façon de tourner qui pousse à l’abandon de soi. On a envie d’y aller.

A la question de l’âge, du passage d’un cap :
Imaginez-vous à 40 ans jouer quelqu’un de 20 ans, ce serait ennuyeux non ? Il y a une matière qui se fait. C’est comme une glaise qu’on malaxe, au fur et à mesure du temps la vie nous sculpte aussi. Mais heureusement qu’on change !

Sur l’avantage d’être une actrice qui joue une actrice :
C’était très amusant, on rigolait sur des questions qu’on connait. Je sais comment ça marche donc je n’ai pas eu à faire des recherches pendant trois mois ! Et jouer l’assistante pour Kirsten était vraiment amusant. Kirsten connait même ça mieux que moi parce qu’elle est vraiment dans le monde des paparazzis, etc.

Olivier Assayas  :
Ça ne marche qu’avec des comédiennes qui ont cette générosité là. Si la confiance est totale, on va jusqu’au bout du chemin. On a trouvé une manière de travailler où on ne répète pas. Je veux que leur première impression soit enregistrée, qu’elle soit au cœur du film.

Olivier Assayas, quant au paysage de montagnes qui plante le décor du film : J’aimais l’idée d’un paysage qui deviendrait un personnage de film, d’un monde intemporel avec des hommes qui se débattent avec la question du temps. Après, un beau paysage, ça aide à faire un film !

Lars Eidinger à propos de son rôle : Tout est un peu surréaliste. Je suis moi-même metteur en scène et tout à coup je me retrouve à jouer avec tous ces grands acteurs. Un peu comme dans Roger Rabbit j’ai l’impression d’être un toon avec des personnes réelles. Tourner avec Juliette a été fantastique. Elle n’est pas du tout auto-centrée, elle est concentrée sur son partenaire, c’était vraiment intéressant pour moi en tant qu’acteur.

Morceaux choisis par Charlotte Pavard