Cannes - 22 mai 2014

  • Mis à jour : 24 mai 2014

CONFÉRENCE DE PRESSE - Ken Loach : " C’est difficile d’arrêter totalement de faire des films "

Ken Loach s’est entouré des piliers de son équipe pour la Conférence de presse de « Jimmy’s Hall » : Barry Ward et Simone Kirby pour les acteurs, la productrice Rebecca O’Brien, le scénariste Paul Laverty et le chef opérateur Robbie Ryan. Le réalisateur britannique de 77 ans s’est montré loquace et enthousiaste.

Au sujet de l’aspect technique et de la différence entre le film 35 mm et le numérique :
Ken Loach : "Avec le film 35 mm, qui doit être coupé, on accorde plus d’attention à ce que l’on fait, c’est une coopération beaucoup plus humaine. Le 35 mm ça se touche, ça se voit. Pour commander de nouvelles bandes c’était très couteux, on a donc demandé à des monteurs s’ils avaient quelque chose dans leur garage, les gens de Pixar en ont retrouvé !"

Robbie Ryan  : "Il est dommage que les choses changent autant, j’aurais pu espérer que les deux systèmes puissent cohabiter mais ce n’est pas le cas."

Paul Laverty : "Les gens aiment les technologies traditionnelles donc nous allons continuer à couper des films."

Rebecca O’Brien : "Jimmy’s Hall est comme la fin d’une ère. Le problème c’est qu’il n’y a plus de matériel, plus de salles de projection à Londres !"

A propos du décor, du dancing :
Ken Loach : "Le dancing est un élément clé. Il a été reconstruit entièrement et ensuite il a fallu le détruire car il disparait dans un incendie. Les gens peuvent s’y exprimer librement par le truchement du sport car Jimmy essaie de soutenir les pauvres. C’est un endroit sûr qui représente la liberté de penser !"

Rebecca O’Brien : "On a bâti le dancing à Glasgow puis on l’a transporté et monté sur place, ça n’aurait pas pu se faire sans le soutien de la communauté locale qui voulait absolument se joindre à nous !"

A propos du personnage de Jimmy Gralton et de la situation de l’Irlande d’aujourd’hui :
Ken Loach : "Je crois que la situation en Irlande est la même que pour bien d’autres pays européens, nous sommes tous sous la poigne du néolibéralisme et s’il vivait de nos jours, Jimmy s’attaquerait aux grandes puissances, aux multinationales qui contrôlent pratiquement tout. C’est là que la lutte doit se faire. Je crois que si Jimmy existait il ferait partie de ce combat. Il y a un point commun entre les époques, c’est la joie de vivre des jeunes de cette région d’Irlande, des jeunes qui ont un élan pour la vie et j’espère que l’on retrouve ça dans le film."

Paul Laverty : "Beaucoup de gens ressemblent à Jimmy Gralton, des personnes qui essaient d’établir des ponts entre les hommes. Ce film rend hommage aux gens modestes, qui insufflent de l’énergie à leur village."

Au sujet du personnage du prêtre :
Ken Loach : "Nous avons été très attentifs à ce que le prêtre qui s’en prend à Jimmy soit un homme dogmatique, solide. Il est contre le jazz, il condamne Jimmy Gralton à l’enfer. La férocité de l’église de l’époque ne doit pas être oubliée."

Paul Laverty : "Dans les années 30, les prêtres avaient une sorte de pouvoir magique dans les villages irlandais, c’était un peu vicieux."

Morceaux choisis par Charlotte Pavard