FIFDH _ Palmarès 2014 du FIFDH de Genève

  • Mis à jour : 8 octobre 2016

Le Festival du FIFDH vient de se terminer et comme chaque année, le succès a été au rendez vous. L’heure est au Bilan et au Palmarès

BILAN DU FIFDH 2014

Participation record « Avec plus de 25’000 festivaliers, soit 2’000 de plus qu’en 2013, le rôle de relais du Festival du Film et Forum International sur les Droits Humains n’a jamais été aussi efficace pour répercuter au niveau international la parole de celles et ceux qui résistent à l’oppression et engagent leur vie sur le terrain. Les opposants, les résistants et les jeunes blogueurs, les citoyens révoltés, les faiseurs de paix et celles et ceux qui engagent leur vie sur le terrain en faveur des droits humains, c’est à eux que le FIFDH dédie sa 12e édition », a déclaré le Directeur général du FIFDH, Leo Kaneman.

Temps forts Cette année, le FIFDH a pris de l’ampleur : plus de 150 intervenants, 17 débats et des projections spéciales ont composé une édition forte en émotions. L’ancien ministre français Robert Badinter et l’avocate camerounaise Alice Nkom se sont dressés ensemble contre les discriminations et les menaces qui pèsent sur les personnes LGBT.

Lors de la soirée « Yes We Scan », Julian Assange (par Skype) et son avocat Baltasar Garzón ont dénoncé les dérives de la cybersurveillance. « Grâce aux nouvelles technologies de l’information, notre rôle de relais s’est dynamisé. Lors de la soirée Le nouveau souffle des révolutions, des blogueurs de Syrie, du Venezuela et du Bahreïn ont pu se joindre à la discussion via Skype et Twitter », a ajouté Leo Kaneman. Le festival a aussi offert une tribune pour dénoncer les crimes de masses en Centrafrique, les attaques dont sont victimes les défenseurs des droits humains au Kazakhstan et au Bélarus, et Macha Maria Alekhina du groupe Pussy Riot a exhorté les festivaliers à s’engager pour les prisonniers politiques en Russie. En outre, le 8 mars aura été l’occasion de dénoncer encore et toujours les violences sexuelles au travers d’événement sur le trafic des femmes en Europe et les viols de guerre.

L’engagement des artistes a été souligné durant ces 10 jours. Une quarantaine de films, dont 28 en compétition, ont démontré une fois de plus que la démarche créative des cinéastes est un vecteur essentiel pour les droits humains.

L’édition 2014 du FIFDH prouve que le 7e art peut bouleverser l’ordre des choses. Un signe fort pour le FIFDH : trois premières mondiales prestigieuses et de nombreux films en première suisse ont été projetés, dont « L’Image manquante » de Rithy Panh, primé à Cannes. Les cinéastes choisissent maintenant de venir à Genève pour lancer leurs films et considèrent le FIFDH comme un lieu de référence.

PALMARES DU FESTIVAL DU FILM ET FORUM sur les DROITS HUMAINS

Grand Prix du FIFDH
-  « Return to Homs » de Talal Derki, Syrie/ Allemagne, 2013, 90mn vo arabe, st ang/ fr - le Jury des Documentaires de création a souligné « l’urgence dans laquelle le film plonge le spectateur et contribue ainsi à combattre l’indifférence en trouvant une adéquation parfaite entre le contenu et la forme cinématographique ».

Le Jury a octroyé une Mention spéciale au documentaire « Sound of Torture » de Keren Shayo. « Pour la justesse avec laquelle la réalisatrice nous plonge dans un monde fait d’injustices et d’atrocités et nous permet une prise de conscience sur une problématique ignorée de tous. Nous relevons la qualité de la sélection qui s’inscrit totalement dans les films de droits et qui nous propose de formes artistiques et narratives en adéquation avec l’état du monde », ont ajouté les jurés.

Prix Gilda Veira De Mello donné par la Fondation Barbara Hendricks pour la Paix et la Reconciliation
- « Art War » de Marco Wilms, Allemagne, 2013 90 mn,vo arabe/allemand, st fr - « pour la réflexion que le film suscite sur le rôle joué par la création artistique et par les femmes égyptiennes dans le Printemps arabe ».

ART WAR - Trailer from HELDENFILM on Vimeo.

Grand Prix de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT)
- « Global Gay », de Frédéric Martel et Rémi Lainé. « Le film nous rappelle d’une manière sobre des points fondamentaux : Nous sommes loin de l’égalité des droits des lesbiens, gay, bisexuel ou transgenres. La réalité est la criminalisation des relations sexuelles du même sexe dans plus de 60 Etats, qui va des menaces à la détention arbitraire, de la torture à des formes de discrimination plus subtiles. Mais la vertu du film est aussi d’adresser un message d’espoir et d’évoquer des avances autour du monde, comme au Népal ou à Cuba, d’un mouvement LGBT de plus en plus fort et d’une première résolution adoptée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU qui reconnaît les droits à l’égalité de LGBT », a déclaré le Secrétaire général de l’OMCT Gerald Staberock.

Prix de la meilleur fiction offert par la Fondation Barbour
- « A Stranger » de Bobo Jelcic, Croatie, 2013, 83 mn vo croate, st ang/fr - « Nous avons décidé d’attribuer le Prix de la Fondation Barbour à un film qui traite d’une condition de détérioration plus subtile : la stagnation politique. La finesse et la sobriété de cette oeuvre en font un objet profondément émouvant. Un traité de paix a été signé en Bosnie-Herzégovine, cependant, la route est encore longue. Pour chacune des victimes du conflit, le quotidien est une perpétuelle recherche de résilience, un combat pour la vie et pour la survie », a estimé le Jury, composé de Peter Scarlet, Andrea Staka et Philippe Cottier.

Prix des Jeunes pour les Fictions
- « The Selfish Giant » de Clio Barnard, Royaume-Uni, 2013, 93 mn vo ang, st fr - Selon les jeunes jurés « Le choix n’a pas été facile, mais par son réalisme poignant et sa capacité à susciter des émotions et à faire réfléchir, ce film a su nous convaincre. Avec sensibilité et esthétisme, The Selfish Giant offre une immersion dans l’univers d’une précarité trop souvent oubliée ».

Prix des Jeunes pour les Documentaires de création
- « 7 jours à Kigali - La semaine où le Rwanda a basculé » de Mehdi Ba et Jeremy Frey, France, 2014, 60 mn , vf - « Un film important pour ne pas oublier. Ce documentaire a su invoquer en nous un devoir de mémoire. L’intensité des visuels et la force des témoignages ont eu un impact psychologique puissant sur chacun d’entre nous. La construction chronologique du film génère un crescendo dans la brutalité des évènements. Touchés par cette particularité nous avons distingué le contraste entre la beauté des images et la violence des mots »

TEASER 7 JOURS A KIGALI VA DEF from Java Films on Vimeo.