bandeau 1 bandeau 2 bandeau 3 bandeau 4 bandeau 5

Cultures & Cinémas

Vous êtes ici : Accueil > NOS ACTIVITES > CONNAISSANCE DU CINEMA > Café cinéma > Café cinéma 2013- 2014 > Café cinéma _ Cycle les "grands réalisateurs" : Stanley Kubrick

Café cinéma _ Cycle les "grands réalisateurs" : Stanley Kubrick

  • Mis à jour : 18 janvier 2014

STANLEY KUBRICK


Stanley Kubrick, réalisateur américain est né en 1928 à New York, dans le quartier du Bronx, et mort en 1999 à Londres. Dès son plus jeune âge , Stanley Kubrick a trois passions : la photo , le jazz, les échecs. Il devient le photographe officiel de son collège puis par un concours de circonstance il travaille durant quatre ans au magazine Look. Grand amateur de boxe, son premier « photos-récit » intitulé Prizefighter (Le Professionnel) raconte une journée de la vie du boxeur Walter Cartier. C’est ce photo-récit qui sera à l’origine de son premier film : Day of the Fight.

UN DESTIN DE REALISATEUR

Kubrick fréquente assidûment les salles de cinéma avec une préférence, pour le cinéma d’auteur européen comme Ingmar Bergman, Michelangelo Antonioni, Federico Fellini. Les films de Max Ophüls comme "Le plaisi"r ou "Madame de"...  ?? mouvement complexe et sans heurt de la caméra, travelling  ?? influencent le jeune Stanley Kubrick. En 1950, l’autodidacte Stanley Kubrick, âgé de 22 ans, se décide à sauter le pas et se lance dans le cinéma.

COURTS METRAGES

Dans ses premiers films, Kubrick fait tout lui-même ; il est à la fois scénariste, cadreur, ingénieur du son, monteur et réalisateur. Entre 1950 et 1951, Kubrick réalise deux documentaires consacrés l’un à un boxeur, l’autre à un missionnaire, le court-métrage "Day of the Fight" - une journée de la vie du boxeur Walter Cartier - filmé comme un reportage.

Pour "Flying Padre" , Stanley Kubrick reprend la même idée et suit durant deux jours le révérend Fred Stadtmueller, un missionnaire catholique.

Les deux documentaires sont des succès mineurs, mais Kubrick se fait remarquer par le brillant de sa photographie. Lui-même dira ; « Même si mes deux premiers films étaient mauvais, ils étaient bien photographiés. »

PREMIER LONGS METRAGES

Pour réaliser son premier long métrage "Fear and Desire" , Kubrick emprunte à sa famille 9 000 $. Il persuade un ami poète de lui écrire un scénario original : l’histoire d’un groupe de soldats chargés d’éliminer une troupe ennemie dans une guerre fictive ; à la fin du film, les soldats voient leurs propres visages dans ceux de leurs ennemis.

"

En 1954, "Le Baiser du tueur (Killer’s Kiss)" , son second long-métrage, film très court tourné dans les rues de New York, raconte l’histoire d’un boxeur minable obligé de fuir la mafia. L ??histoire manque d’originalité  ?? c’est le seul scénario original écrit par Kubrick. Sa réalisation est récompensée par un Léopard d’or au Festival international du film de Locarno.

Les débuts de la collaboration avec James Harris
Cette rencontre est décisive, et ensemble ils fondent la Harris-Kubrick Pictures alors qu’ils ne sont tous les deux âgés que de 26 ans13. Deux ans plus tard, en 1956, naît de leur association le troisième film de Kubrick, "L’Ultime Razzia (The Killing)". Pour la première fois le réalisateur dispose d’acteurs professionnels et d’une équipe technique complète. Encore une fois, l ??histoire n’a rien d’exceptionnel : un tireur embusqué doit abattre le cheval de tête dans une course hippique pour créer une diversion et ainsi faciliter le hold-up de la caisse des paris.

En 1957, sept ans après son premier court-métrage, Kubrick dirige Kirk Douglas dans un film sur l ??absurdité de la guerre, "Les Sentiers de la gloire". Harris envoie une copie du scénario à Kirk Douglas, lequel répond : « Stanley, je crois que ce film ne fera pas un rond, mais il faut absolument le tourner ».

Le film se déroule durant la Première Guerre mondiale. Un général de l’armée française décide de lancer une de ses unités dans des attaques désespérées contre les lignes allemandes retranchées à Verdun. Pour l ??exemple, trois soldats innocents seront fusillés pour lâcheté. Le film est entièrement tourné en Allemagne avec 800 policiers allemands pour jouer les troupes françaises. Dans ce film apparaissent deux thèmes de prédilection de Kubrick : la double personnalité et un monde au bord de l’effondrement. De nombreux pays en Europe, comme la Suisse, refusent également de le diffuser. C’est dix-huit ans plus tard, en 1975, que le film est finalement projeté en France.

Un bref passage à Hollywood

En 1960 Kirk Douglas, acteur et producteur principal du péplum "Spartacus", insatisfait du travail d’Anthony Mann, sollicite Stanley Kubrick pour terminer le film . Le tournage dure 167 jours, partagé entre la Californie et l ??Espagne pour les scènes de combat tournées avec 10 000 figurants issus de l’armée espagnole. Le film obtient un grand succès critique et commercial et gagne quatre Oscars. Quelques années plus tard, Stanley Kubrick renie le film dont il garde un souvenir amer. Dans l’ ?uvre de Kubrick, c’est son film le plus impersonnel.

Les derniers films en noir et blanc

En 1962, pour la réalisation de "Lolita", le réalisateur préfère éviter la censure et les ligues puritaines américaines et se tourne vers l’Angleterre pour le tournage.. Pendant le tournage de Lolita, Kubrick achète une grande maison au nord de Londres où il s’installera avec sa famille. Il dira : «  ? côté de Hollywood, Londres est probablement le deuxième meilleur endroit pour faire un film, en raison du degré d’expertise technique et des équipements que vous trouvez en Angleterre », de plus, malgré sa licence de pilote amateur, Kubrick n’aime pas prendre l’avion.

Stanley Kubrick réalise donc Lolita, son premier film polémique, sur le sol anglais, d’après le roman éponyme de Vladimir Nabokov. Le livre avait été publié pour la première fois en France comme ouvrage pornographique. Pour la rédaction du scénario, le cinéaste travaille en étroite collaboration avec Vladimir Nabokov. Ils écrivent ensemble une nouvelle version du roman qui est jugé plus acceptable pour un film commercial et la morale imposée au cinéma en 1962.

Le film raconte l’histoire d’un homme d’âge mûr, Humbert Humbert, joué par James Mason, pris d’une passion ardente pour une adolescente, Lolita, âgée de 12 ans dans le livre, 15 ans dans le film, interprétée par Sue Lyon qui obtiendra le Golden Globe de la meilleure actrice. Peter Sellers y fait une interprétation remarquée.

Le film, tout comme le roman, provoque la colère des puritains qui trouvent le film trop sulfureux malgré sa mise en scène très chaste, bien éloignée des allusions sexuelles explicites de l’ouvrage de Nabokov.  ? la sortie du film, Stanley Kubrick reconnaît que s’il avait pu prévoir la sévérité des censeurs américains qui l’obligent à couper des scènes au montage et à remanier certaines séquences jugées trop licencieuses, il aurait probablement renoncé à la réalisation du film.

Le film est présenté à la Mostra de Venise en 1962, mais la critique est déçue. Le schéma d’accueil de ses films par la critique, dont la plus virulente est Pauline Kael, sera toujours le même par la suite : une partie ne lui fait pas de cadeau, tandis que l’autre l’admire. Ce premier film polémique est un succès outre-Atlantique, sans nul doute nourri par la controverse. En 1963, Jean-Luc Godard décrit Lolita comme un « [ ?] film simple et lucide, avec des dialogues justes, qui montre l’Amérique et son puritanisme mieux que Melville et Reichenbach, et prouve que Kubrick ne doit pas abandonner le cinéma, à condition de filmer des personnages qui existent [ ?]28 ». En 1998, Sue Lyon déclare à l’agence Reuters que Lolita est le film qui a « causé [sa] destruction en tant que personne ».

En 1963, Kubrick prépare son second film polémique et le premier opus d’une trilogie de films de science-fiction, "Docteur Folamour" ou : Comment j’ai appris à cesser de m’inquiéter et à aimer la bombe, considéré comme un chef d’ ?uvre d’humour noir. Kubrick se tient constamment au courant de l ??actualité et s ??abonne à des revues militaires et scientifiques, a tel point que les l"Air Force est surprise et inquiète par la fidélité des décors à la réalité . Il réfléchit depuis longtemps à une histoire où une guerre nucléaire serait déclenchée soit par accident, soit à cause de la folie d ??un personnage. Le roman de Peter George correspond à ses attentes. Le tournage débute le 26 janvier 1963, aux studios de Shepperton à Londres, pour s ??achever quatre mois plus tard30. La distribution comprend Peter Sellers (déjà acteur dans Lolita) qui tient les rôles du président des  ?tats-Unis, du docteur Folamour, ancien chercheur nazi et handicapé recruté par l’armée américaine (clin d’ ?il à la trajectoire de plusieurs scientifiques nazis, dont Wernher von Braun), et du colonel britannique Lionel Mandrake. Une très grande liberté d ??improvisation est laissée à Peter Sellers, filmé par trois caméras, tandis que le reste de la distribution et l ??équipe technique doivent observer une grande rigueur.


Dr Folamour Strangelove par Souoland

Un problème de taille apparaît : un film réalisé par Sidney Lumet, "Point limite", avec Henry Fonda dans le rôle principal, traitant du même sujet, est sur le point de sortir. Stanley Kubrick intente un procès pour plagiat, et obtient gain de cause. Le film de Lumet ne sortira qu ??en octobre 1964 tandis que Docteur Folamour sort sur les écrans le 29 janvier 1964 et se trouve nommé pour quatre Oscars (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleure adaptation cinématographique).

« 2001, l ??Odyssée de l ??espace »

Installé définitivement en Angleterre, le cinéaste travaille de plus en plus lentement, poussant de plus en plus loin son perfectionnisme et sa volonté d’expérimentation technique. Il va passer cinq ans à développer son film suivant "2001, l’Odyssée de l’espace". (1968)
Le 22 avril 1964, Kubrick rencontre Arthur C. Clarke au restaurant Trader Vic’s du Plaza Hotel de New York. Pour imaginer le monolithe noir, clé de voûte du film, les deux co-scénaristes font la tournée des galeries d’art le mois suivant leur rencontre et se seraient, selon le sémiologue français Alexandre Bourmeyster, inspirés des  ?uvres du peintre Georges Yatridès.

Dans 2001, l’Odyssée de l’espace, pour la première fois, Stanley Kubrick incorpore de la musique classique à un de ses films : la composition de la musique prévue ayant du retard, il meuble la bande-son avec de la musique classique pour le pré-montage. Alors que la MGM veut imposer au réalisateur une musique originale, composée par Alex North, Kubrick réussit à garder ses choix originels : Le Beau Danube bleu de Johann Strauss II, Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss, et György Ligeti pour la séquence de la porte stellaire.

Artistiquement, 2001 a été un changement radical dans les films de science-fiction. Stanley Kubrick n ??est pas un partisan des films où les décors et les monstres sont en papier mâché ou en carton. Il souhaite que les décors de son film soient techniquement réalisables dans le futur qu ??il présente. Pour les effets spéciaux, Kubrick s ??entoure d ??éminents collaborateurs parmi lesquels Harry Lange, ancien conseiller de la NASA, et Marvin Minsky, directeur d ??un laboratoire d ??intelligence artificielle.

George Lucas, créateur de "Star Wars", déclarera après la mort de Kubrick que si ce film n’avait pas été fait, il n ??aurait probablement jamais réalisé sa saga. Kubrick reçoit l’Oscar des meilleurs effets visuels, le seul et unique Oscar de sa carrière, pour la qualité de son travail. Une équipe l’a aidé dans cette tâche, mais comme il est à la fois concepteur et créateur de quasiment tous les effets spéciaux du film, c’est à lui que l’on décerne la statuette. C’est également le début de la légende que le cinéaste va volontairement se forger : celle d’un homme qui, tel un ordinateur, enregistre une incroyable quantité d’informations, devenant un expert de la mise en scène et en maîtrisant parfaitement tous les rouages.

« Orange mécanique »

En 1971, Kubrick réalise "Orange mécanique" , film à la violence et à l ??érotisme prémonitoire, d ??après le roman L’Orange mécanique de Anthony Burgess. Le thème du double, cher à Kubrick, est encore une fois développé dans ce film, avec Alex qui représente l ??inconscient de l ??homme qui lutte entre le bien et le mal dans un monde qui s ??effondre. C’est à la musique de Wendy Carlos qu’il fait appel, pour Orange mécanique.

Au XXIe siècle, dans une Angleterre où l’on ne sait plus comment enrayer l’escalade du crime, Alexandre de Large (Malcolm McDowell), le chef de la bande des droogs ou droogies, exerce avec sadisme une terreur aveugle sur fond de mouvement de la Symphonie n° 9 de Beethoven.

En Angleterre, le film suscite une polémique importante, qui est aggravée par plusieurs faits divers où des délinquants, portant les mêmes costumes qu’Alex, déclarent s’inspirer directement du personnage principal du film. Mais la controverse s ??amplifie et, inquiété par les lettres de menaces de mort qu’il reçoit à son domicile, le réalisateur oblige la Warner à retirer le film des écrans du Royaume-Uni.

« Barry Lyndon »

Après trois films de science-fiction, frustré de l ??abandon par la Warner Bros de son projet sur Napoléon, avec Jack Nicholson dans le rôle de l ??Empereur (Kubrick a une véritable passion pour Napoléon, il ne comprend pas comment un homme aussi intelligent a pu sombrer) ; en 1975 Stanley Kubrick réalise son premier film historique "Barry Lyndon" d’après le roman picaresque de William Makepeace Thackeray - le destin d’un jeune et intrigant Irlandais sans le sou, Redmond Barry (Ryan O’Neal), de son ascension pleine d’audace à sa déchéance.

La préparation du film prend un an, le réalisateur veut tourner un film à l ??esthétisme proche des tableaux du XVIIIe siècle. La réalisation du film demande plus de 250 jours de tournage en Grande-Bretagne et en Allemagne au château de Hohenzollern, à Potsdam et au palais de Ludwigsbourg et à la fin du tournage, Kubrick et Ryan O’Neal sont définitivement fâchés.

Pour la musique de Barry Lyndon, Stanley Kubrick emploie des  ?uvres de Bach, Mozart, Vivaldi, Haendel et Schubert, alors que ces compositeurs ne sont pas tous du XVIIIe siècle. Il doit faire des concessions ; « J’ai chez moi toute la musique du XVIIIe siècle enregistrée sur microsillons.[...] Malheureusement, on n’y trouve nulle passion, rien qui, même lointainement, puisse évoquer un thème d’amour. ». Ne trouvant d’ailleurs pas de musique d’époque suffisamment dramatique pour la scène du duel final, il demande à Leonard Rosenman de réorchestrer la Sarabande de Haendel à un tempo plus lent.

Les critiques sont sévères envers le film qui est jugé trop long, trop lent, élitiste et ennuyeux. Le film obtient pourtant quatre Oscars : meilleure direction artistique, meilleure photographie, meilleurs costumes, meilleur arrangement musical.

 ?? Shinning ?

En 1980, Stanley Kubrick entreprend ensuite l’adaptation du roman "Shining, l’enfant lumière" de Stephen King. Ce film est dans la lignée de l’Exorciste, Halloween et Rosemary’s Baby le meilleur du genre selon Kubrick. Le réalisateur et Diane Johnson modifient profondément l ??histoire du livre, ce qui déplaît à Stephen King qui refuse d ??apparaître au générique final du film. Il ne sera pas le seul mécontent : aux  ?tats-Unis, l’exploitation du film est un échec, le public enrageant de n’avoir pas assez tremblé et reprochant aux deux scénaristes d’avoir abâtardi le genre et trahi l’esprit du livre. Comme à leur habitude, certains critiques huent le film.

Le film relate la descente aux enfers de Jack Torrance (Jack Nicholson), écrivain ayant accepté un poste de gardien à l’hôtel Overlook, isolé dans les montagnes rocheuses et fermé pour l’hiver. Il s’y installe avec sa femme Wendy (Shelley Duvall) et son fils Danny (Danny Lloyd) qui possède un don de médium, le Shining.

Plus que tout autre film, Shining va consolider la réputation de « mégalomane perfectionniste » du réalisateur. Kubrick rôde dans les immenses studios de l’Estree, la barbe et les cheveux longs, les yeux cernés, tout comme son héros Jack Torrance qui erre sans inspiration dans l’hôtel Overlook. Pour les déplacements de personnages les plus complexes à filmer, son opérateur Garrett Brown utilise un système de stabilisation de caméra qu’il a inventé quelques années auparavant : le steadicam. Le tournage de plus d’un an est particulièrement difficile pour Shelley Duvall. Alors que Kubrick laisse une certaine latitude dans l ??interprétation à Jack Nicholson, Shelley Duval doit répéter de 40 à 50 fois la même scène. Aujourd’hui, Shelley Duval dit : « Ce fut une expérience formidable, mais si cela était à refaire, je n’accepterais pas le rôle... »
L’image finale du film, semblable à la fin quelque peu mystérieuse et ambiguë de "2001, l’Odyssée de l’espace", engendre plusieurs interprétations par les fervents du cinéaste ; Stanley Kubrick lui-même n’a jamais donné une réponse définitive, préférant laisser le soin aux spectateurs de décider par eux-mêmes. Kubrick considère ce film comme son  ?uvre la plus personnelle.

« Full Metal Jacket »

En 1987, Kubrick veut tourner un vrai film de guerre, mais ni un film comme "Apocalypse Now" ou "Voyage au bout de l’enfe"r, ni une parodie comme "Docteur Folamour", ni un film antimilitariste tel que "Les Sentiers de la gloire". La symbolique du film "Full Metal Jacket" est proche de celle d ??"Orange mécanique" où le héros, intellectuellement supérieur à ses camarades, doit lutter entre le bien et le mal dans un monde en guerre. Le personnage central du film, le soldat « Guignol » (Matthew Modine) va petit à petit perdre son âme aux  ?tats-Unis, symbolisé par l ??agression de son « protégé » le soldat « Baleine » (Vincent D’Onofrio) et au Viêt Nam par l ??exécution d’une sniper vietnamienne blessée.

Kubrick voulait que la musique corresponde à l’époque de l’histoire racontée. Ainsi, dans Full Metal Jacket, film sur la guerre du Viêt Nam, il utilise des chansons des années 1960, époque du conflit.

Le film est entièrement tourné en banlieue de Londres, bien loin du réalisme du film d’Oliver Stone, "Platoon". Quelques plantes exotiques servent de décors d ??arrière-plan, les scènes de combat sont tournées dans une usine désaffectée et l ??île de Parris Island est recréée dans une ancienne base militaire britannique. Kubrick utilise plusieurs fois l ??élargissement de champ pour modifier l ??interprétation du spectateur lorsqu ??il voit la scène de près puis de loin. Le tournage du film est interrompu pendant quatre mois suite à l’accident de voiture de Lee Ermey, conseiller technique en sa qualité d’ancien instructeur des marines et acteur principal de la première partie du film.

« Eyes Wide Shut »

En 1996, plus de sept ans après la sortie de son dernier film, Stanley Kubrick se lance dans l’adaptation du roman la Nouvelle rêvée de l’écrivain autrichien Arthur Schnitzler, livre qu’il avait lu à la fin des années 1970. Le scénario est une fidèle adaptation du livre et raconte l’errance dans la nuit new-yorkaise du docteur Harford (Tom Cruise), obsédé par la révélation de sa femme (Nicole Kidman) d’avoir failli céder à la tentation d’un autre homme et à la recherche de ses propres fantasmes. Un voyage entre le réel et l’imaginaire.

La musique de son dernier film, Eyes Wide Shut est marquante par ses motifs linéaires de piano extraits de Musica Ricercata de György Ligeti. Elle accentue le malaise des situations vécues par le personnage de Tom Cruise. On retrouve dans Eyes Wide Shut ce qui a toujours fasciné Kubrick : le thème du double qui envahit tout et qui engendre la perte d’identité, « nos pulsions les plus intimes, derrière les apparences ». Ce film est le testament de Kubrick, qui meurt d’une crise cardiaque dans son sommeil le 7 mars 1999.

Rumeurs de collaboration avec la NASA

« 2001, l’Odyssée de l’espace » est un triomphe dont l ??influence est gigantesque sur l’imagination collective et sur lequel viendra se greffer la théorie visant à lui donner une influence sur la NASA ; cette dernière aurait emprunté les noms de Jupiter, Discovery ou Ulysse pour ses projets.

En réalité, Discovery fut baptisée en référence au HMS Discovery de l’explorateur anglais James Cook. La fusée Jupiter, quant à elle, a été lancée en 195868, 10 ans avant la sortie du film.

D’après une théorie du complot, des contacts entre la NASA et Kubrick l’auraient poussé à réaliser pour le compte de la NASA des prises de vues factices. Cette théorie se fonde sur l’investissement supposé d’un ancien conseiller de la NASA et l’intérêt de cette dernière pour le film 2001, en phase de montage à l’époque. Celle-ci aurait poussé Kubrick à participer à la réalisation en studio de faux alunissages des programmes Apollo 11 et 12. En 1968, Kubrick aurait été secrètement contacté par l’agence spatiale pour réaliser les trois premiers alunissages. Kubrick aurait d’abord refusé puis fini par accepter face aux menaces de révélation de l ??« embarrassante » implication de son frère Raul dans le parti communiste américain. Il aurait ensuite proposé un scénario où la mission Apollo 13 aurait échoué mais les astronautes sauvés. Devant le refus de la NASA, Kubrick aurait cessé sa collaboration. Ces affirmations proviennent pour la plupart du documentaire « Opération Lune » réalisé par William Karel en 2002 pour montrer les moyens de trucages et de manipulation de la vidéo et des interviews. Ce documentaire réalisé avec des acteurs et des interviews détournées a créé la confusion, certaines parties relatant des faits réels, d’autres des hypothèses et de la pure fiction, le tout monté pour servir une fiction.

Par contre il est vrai que Kubrick a utilisé des Objectifs de la Nasa qu ??il adapté à une vielle caméra traînant dans les couloirs d ??Hollywood (il était persuadé que cette caméra avec le mécanisme qu ??il fallait pour tourner Barry Lyndon), pour filmer en lumière naturelle (notamment celle de la Lune sur le balcon) les plans de Barry Lyndon.

Documents joints

Document, PowerPoint, 5.3 Mo