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Le Nanar d’octobre 2013_ APRES LA CHUTE DE NEW WORK

  • Mis à jour : 30 mai 2014

Les impôts viennent d’arriver. La situation financière est apocalyptique et cela nous a donné l’idée d’un Nanar post-apocalyptique. Ce genre-phare du monde du nanar marqua durablement de son empreinte les industries filmiques de pays comme l’Italie ou les Philippines. Les décors se résumant souvent à des usines désaffectées, des carrières de sable ou des terrains vagues, on peut y voir un parallèle troublant avec les films d’entreprises. Bon bien sûr tout cela est de la fiction, quoique......

Pour illustrer ce genre nous avons choisi "2019, après la chute de Newyork" , film franco-italien réalisé par Sergio Martino, sorti en 1983. Bon, il ne faut pas y voir une intention malicieuse de Cultures & Cinémas mais......
Extrait du site Nanarland

« 2019 après la chute de New York » est sans doute l’un des films les plus marquants du genre « post-apocalyptique » qui fit fureur dans des années 1980 encore perturbées par la peur de la guerre nucléaire. Ce film italien a reçu un peu d’argent (sans doute vraiment pas beaucoup) de coproducteurs français, ce qui nous donnerait presque envie de crier cocorico.

Comme l’annonce le titre, nous sommes en 2019, vingt ans après un cataclysme nucléaire qui a rendu stériles tous les êtres humains. La situation est donc critique : l’action débute dans un New York dévasté, plus proche d’une banlieue craignos que d’une ville ayant essuyé le feu nucléaire. Ici logent les troupes de l’armée responsable de l’apocalypse : habillées tout de noir et se déplaçant à cheval, elles contrôlent New York et oppriment les rares survivants, sur lesquels leurs équipes de savants mènent des expériences afin de trouver une femme féconde. (Eh oui ! Sans la femme , l’apocalysme ne serait pas ce qu’elle est (un mauvais point pour le rédacteur)


2019 après la chute de new york par ludosan13

Après cette entrée en matière, l’action se déplace dans le Nevada, hors de la zone d’influence des milices fascistes du futur. Nous faisons connaissance avec notre héros, un aventurier du nom de Parsifal, sorte de sous-Snake Plissken, joué par un Michael Sopkiw particulièrement exécrable.

Participant à une course de voitures (des V8 bardés d’épées) se déroulant dans une carrière abandonnée devant une foule enthousiaste d’au moins huit figurants, Parsifal gagne l’épreuve et remporte le gros lot, un esclave sexuel hermaphrodite, soit une sorte de fille dont on ne voudrait pas dans la plus vulgaire des boîtes à strip-tease.


2019 après la chute de new york par ludosan13

Après avoir rendu la liberté à son esclave (tout ça pour ça !), Parsifal se voit convoquer par des soldats descendus d’un curieux hélicoptère : emmené dans la base arctique où se sont repliés l’armée et le gouvernement légitimes des Etats-Unis, notre héros au nom Wagnérien se voit confier la mission de récupérer la dernière femme féconde, qui se trouve être la fille d’un savant réfugié en plein coeur de New York, donc en plein repaire des fascistes.

Flanqué de deux compères - une sorte de Capitaine Crochet muni d’une pince mécanique et un borgne louche . Parsifal part en mission pour New York et se lance à la recherche du dernier espoir de l’humanité.

En chemin, il sera évidemment victime de nombreux chausse-trapes de la part des méchants, quand il ne s’agira pas d’échapper aux nombreux mutants plus ou moins dégénérés qui hantent la ville (des sortes d’équivalents futuristes des racailles de banlieues, mais encore pires car irradiés).


2019 après la chute de New York par ludosan13

Il rencontre en chemin une jolie rebelle (jouée par la jeune première française Valentine Monnier, vue entre autres dans « Elle voit des nains partout ! ») avec laquelle il entamera une relation évidemment condamnée d’avance par les horreurs de la guerre, la folie des hommes, tout ça.

De rebondissements idiots en retournements de situations crétins, Parsifal et ses compagnons parviennent à retrouver le cercueil où hiberne depuis vingt ans la dernière femme encore féconde. Sauveront-ils l’humanité ? Pour cela, il vous faudra voir ce film, dont le visionnage ne devrait pas décevoir les plus nanardophiles d’entre vous. Ajoutons au passage que Sergio Martino n’a pas failli à la réputation qu’ont les italiens d’en rajouter dans le sadisme et la violence complaisante, en nous gratifiant de quelques scènes aussi sanglantes que gratuites.

CRITIQUE  : Eh oui c’est pas parce que c’est un navet que l’on a pas un avis autorisé sur ce film.. Privilégiant les décors d’usines plus ou moins désaffectées, les sous-sols de centrales électriques et les décharges d’ordure, Sergio Martino réussit l’exploit de créer l’illusion d’un univers futuriste à peu près cohérent, sans pour autant effacer une tenace impression de bricolage, entre le spectacle avant-gardiste et le défilé de Mardi-Gras.

Le film est en outre rendu désopilant par sa succession de personnages grand-guignolesques : du Mussolini de carnaval qui dirige les milices fascistes de New York à la traîtresse en cuir noir qui convoite son poste, en passant par les mutants aussi hargneux que leurs maquillages sont grotesques, les méchants croulent sous le ridicule le plus total.

Mais la vedette du film est totalement volée par George Eastman, qui cabotine sans aucune retenue dans le rôle de « Big Ape », le chef des hommes-singes de New York : vêtu d’un élégant costume chamarré, Eastman se paie le luxe de composer (avec force grimaces, mais un tel enthousiasme qu’on le lui pardonne) un personnage de flibustier immoral qui va quand même prêter main-forte aux héros, essentiellement pour son propre intérêt ; en somme une sorte de Barbe-Noire le pirate du futur, si réjouissant qu’on l’aurait bien vu remplacer comme protagoniste ce grand noeud de Parsifal.

Des mutants, des effets gore période « Blood Feast », des rats, du sexe, des mauvais acteurs, des maquettes hilarantes, des vaisseaux spatiaux en plastique, des pistolets lasers faisant « piou piou », et même une référence à Richard Wagner : ce film est un véritable grenier aux merveilles, accumulant les surprises jusqu’à laisser le spectateur complètement ravi. Point le plus abouti du post-nuke italien, il allie une vraie compétence de cinéaste populaire à une orgie de nawak : l’action ne s’arrête pratiquement jamais, et la rigolade non plus ! Rien ne fonctionne vraiment au premier degré, et pourtant, on finit par se prendre au jeu et suivre avec un vrai intérêt la quête spectaculairement débile de Parsifal et de ses compagnons ; à croire que le nanar nous fait vraiment entrer dans une autre dimension, où le bon goût traditionnel n’a plus cours : car après la projection d’un tel film, rien ne nous vient à l’esprit sinon « Vite, un autre ! »