Le nanar de février 2013

  • Mis à jour : 23 août 2016

Festival du cinéma fantastique de Gérardmer oblige , notre "Nanar du mois" est consacré à un personnage mythique de ce genre : Frankestein. Mais comme il est courant dans le genre Nanar, cela ne pouvait être qu’un duel. Un duel entre Frankesstein et qui , Réponse le monstre de l’espace. Il y avant "Dracula contre Frankenstein" d’Al Adamson (il fallait ben que cela arrive un jour) "Dracula prisonnier de Frankenstein",

FRANKENSTEIN MEETS THE SPACE MONSTER ? Titre original : Frankenstein Meets The Space Monster

- Réalisateur : Robert Gaffney
- Année : 1965
- Pays : Etats-Unis
- Genre : Nanar anti-mythe (Catégorie : Rencontres du troisième type)
- Durée : 1h19
- Acteurs principaux : Marilyn Hanold, James Karen, Lou Cutell, Nancy Marshall, David Kerman, Robert Reilly, Bruce Glover

L’HISTOIRE

L’histoire se déroule aux Etats-Unis, dans les années 60, en pleine période de conquête spatiale dans le contexte de la Guerre froide. Après avoir perdu trois fusées d’affilée, qui ont toutes explosé en vol de façon mystérieuse, la NASA décide de limiter la casse en n’envoyant non plus un astronaute humain mais un androïde, le dénommé Frank Saunders (Robert Riley). Non amis ça suffit comme ça ! Et de plus il n’y avait plus de volontaires.....

Il est ti pas beau notre androide ?

Ce que la NASA ignore, c’est que ses fusées sont la cible d’extraterrestres venus de Mars (la planète rouge !), qui réduisent à néant cette nouvelle tentative qu’ils prennent pour une attaque de missile. Ayant réussi à s’éjecter, l’astro-robot est pourchassé au sol par une poignée de Martiens qui lui carbonisent la moitié du visage d’un coup de rayon laser. Son cerveau électronique gravement endommagé, l’androïde erre désormais sur les plages de Porto Rico, ne répondant plus qu’à son seul instinct de survie. Frank Saunders est devenu... Frankenstein !

Alors c’est c’est sûr il est beaucoup moins beau. Bravo quand même au maquilleur qui te fais un crane démoli avec des résistances et des boutons de culottes

Bon l’androïde erre mais il est aussi agacé par les chauffards. Parfois je me demande si je n’ai pas été atteint par les martiens car quand je vois la conduite de certains au Pays de Gex ........

Bon c’est pas le tout mais qu’est-ce que les Martiens viennent chercher sur Terre ? Nos filles et nos compagnes ! Un conflit nucléaire ayant éradiqué la gent féminine de leur planète (bon ça va, ceux qui pensent les heureux martiens)- à l’exception notable de la princesse Marcuzan (Marilyn Hanold) - les Martiens décident en effet de s’approvisionner chez nous en reproductrices aux hanches larges et à la poitrine généreuse pour perpétuer la race martienne (une idée scénaristique si brillante qu’elle sera reprise deux ans plus tard dans "Mars needs women"). Alors qu’un Frankenstein hagard terrorise les chauffards de Porto Rico, les extraterrestres entreprennent donc de kidnapper des bimbos en bikini sur les plages de l’île.

Jusqu’ici c’est assez simple. Un androïde top model qui se fait défiguré par les Martiens et qui en devient Frankestein s’en prenant aux conducteurs fous (devenus eux aussi Frankestein ?). Des Martiens qui renouvellent leur cheptel féminin... Mais quid du monstre de l’espace ? Ben, justement le voilà.
Il s’appelle Mull. C’est une créature martienne que les envahisseurs ont emmené dans leur soucoupe, et qu’un Frankenstein ramené à la raison par ses créateurs affrontera dans un final à couper le squeele (une empoignade lymphatique filmée à travers une fumée cache-misère aussi épaisse que vaine).

Mull (Non pas... Nul !) le monstre de l’espace : un costume de gorille pelucheux surmonté d’un masque en caoutchouc du plus bel effet.

ANALYSE TECHNIQUE DU FILM

Vous pensez bien que devant un tel chef d’oeuvre vous ne couperez pas à un analyse du jeu des acteurs et des effets spéciaux. Comme le disait le grand Hitchcock, " plus réussi est le méchant, plus réussi sera le film" Là le principe a voulu être respecté mais manque de bol, "Frankenstein Meets The Space Monster" est mal barré dès les premières minutes puisque les méchants Martiens sont de loin l’aspect le plus drôle du film.

Le crâne bien au chaud sous un abat-jour agrémenté de verroterie, Marilyn Hanold (Miss Playboy Juin 1959, également vue trois ans plus tôt dans "Le cerveau qui ne voulait pas mourir"), incarne la princesse Marcuzan avec une prestance de pintade endimanchée. Elle se fait pourtant ravir la vedette par son bras droit, le Dr. Nadir, interprété par un Lou Cutel grand spécialiste du regard caméra.

Nanti d’une physionomie débonnaire et d’un maquillage sommaire (un faux crâne chauve en latex et des oreilles pointues, qui en font un peu le fils caché du Dr. Spock et de l’oncle Fétide de la famille Addams), Lou Cutel tient moins du redoutable conquérant intergalactique que du Pierrot La Lune candide. Il nous offre ici un curieux numéro de cabotinage onctueux tout en claquements de lèvres et regards lourds de sous-entendus, surjouant en douceur, articulant soigneusement chaque syllabe de son texte avec une application d’écolier à qui on aurait promis un bon point. Entre un rire sardonique de rigueur et un "aaaa-HA !" d’anthologie, Lou Cutel balance quelques répliques grotesques avec une sorte d’entrain puéril ("And now... Maximum Energyyy !") qui ne laissent guère de doute quant au fait que l’acteur devait véritablement prendre son pied sur le plateau.

Du côté des gentils, l’interprétation est plus fade, avec notamment un duo de scientifiques, le docteur Adam Steele et son assistante Karen Grant, joués par un James Karen assez peu concerné et une Nancy Marshall cantonnée au rôle de faire-valoir. En gros, lui incarne le génie scientifique et la force tranquille ; elle les sentiments et la vulnérabilité face aux Martiens. Ca donne un personnage féminin qui pose des questions avec une expression de veau interloqué, auxquelles le bon docteur répond de façon compassée ; ou qui dramatise à chaque pépin, lui entreprenant de la rassurer avec une affabilité paternaliste.

Il y a enfin Robert Reilly dans le rôle du Colonel Frank Saunders alias Frankenstein, qui passe la moitié du film à errer dans des coins isolés de Porto Rico, la bouche entrouverte et les yeux roulant dans leurs orbites. Une interprétation qui n’a rien de vraiment honteux pour un film de genre de ce calibre, même si Robert Reilly a trop souvent tendance à confondre dimension tragique et constipation.

Cinécandide inspiré par Nanarland (site des plus beaux nanars)