Hommage à Claude Miller

  • Mis à jour : 7 avril 2012

Discrètement, tout comme il a vécu, il s’en est allé. Sans savoir si son Thérèse D. , tourné l’été dernier avec Audrey Tautou et Gilles Lellouche, figurera ou non parmi les vingt prétendants à la palme d’or.

Claude Miller venait d’avoir 70 ans. De lui, nous garderons le souvenir d’un cinéphile enragé, électrisé par Bergman et Hitchcock. Sans doute vient-elle de là, cette obsession pour Eros et Thanatos, qui irradiait ses oeuvres les plus pointues. De Bataille et de Gombrowicz sans doute aussi, dont il revendiquait l’influence.

Une oeuvre au noir

Miller aimait surprendre les gens en flagrant délit de transgression et se sentait tiraillé entre son amour du cinéma comme stupéfiant et sa propension à tailler dans le vif de la nature humaine. La face cachée des gens, celle qui n’est pas noble, voilà ce dont parlait son cinéma.

Il laisse dix-sept longs métrages et quelques titres marquants qui honorent le cinéma français. Parmi ceux-ci, le tout premier, La Meilleure façon de marcher (avec Patrick Dewaere), puis nombre d’adaptations littéraires comme Mortelle randonnée (avec Isabelle Adjani) et Garde à vue , avec Lino Ventura et Michel Serrault, dialogué par Audiard, un carton au box-office. On lui sait gré également d’avoir extirpé Charlotte Gainsbourg de l’ombre de son encombrant papa en lui offrant L’Effrontée et La Petite Voleuse.

Claude Miller avait fait l’IDHEC, s’était retrouvé dans la même promotion que Théo Angelopoulos avant de démarrer dans le métier comme assistant, au service notamment de Bresson, de Truffaut.

Son avant-dernier film, Voyez comme ils dansent, tourné au Canada avec Marina Hands et James Thierrée, était sorti en août dernier dans une totale et désolante indifférence. Thérèse D. ravivera sans doute la flamme. Trop tard.  ? PHL. La voix du Nord

PHOTO MAX ROSEREAU

Mortelle randonnée