Le cinéma tibétain

  • Mis à jour : 3 mars 2012

Article réalisé grâce à celui de Jamyang Norbu, écrit le 27 septembre 2007 sur Alternative tibétaine - www.alternative-tibétaine.com

CINEMA AU TIBET

Hollywood, plus que tout autre chose, peut probablement être tenu pour responsable de l’image d’un Tibet "magique et mystérieux" véhiculé auprès du grand public. Dès 1937, le grand classique de Frank Capra, Horizon Perdu , fut un succès pour la critique et le box-office, remportant deux Academy Awards.

Bien qu’il y eût par la suite d’autres films, tels que Tempête sur le Tibet (1952), le film d’Hammer, L’Abominable Homme des Neiges de l’Himalaya (1957), remake musical d’Horizon Perdu (1973) et L’Enfant sacré du Tibet (1986), entre autres, Hollywood nous a fourni au cours de ces dernières années des films bien plus satisfaisants, comme Sept ans au Tibet et Kundun.

Hormis certains films qui se réclament du Tibet parfois de manière fantaisiste, les références stéréotypées ont souvent lieu dans des films qui n’ont pas grand-chose à voir avec ce pays. Par exemple, le Tibet spirituel apparaît en filigrane dans Kim (1945), Les Millionnaires (1960), La Route pour Hongkong (1962), Le Fil du Rasoir (1984), Little Buddha (1993), L’Ombre (1994), Omaha (1995), Ace Ventura : l’Appel de la Nature (1995), et plus récemment dans Bullet Proof Monk (2003).

Introduction du cinéma au Tibet

Les britanniques

Charles Alfred Bell

A part servir de manière assez floue au sujet du film ou comme faire-valoir pour certaines productions hollywoodiennes, le Tibet a bien sa propre histoire spécifique, bien que modeste, d’une rencontre et d’une interaction avec cette invention révolutionnaire venue de l’Ouest. Les archives britanniques nous apprennent que "dès 1920-21, Charles Bell a regardé des films dans la salle de projection privée de Tsarong (le commandant en chef de l’armée tibétaine)". Après la mission Bell de 1920, les missions britanniques à Lhassa semblent avoir utilisé le cinéma comme une "petite propagande modérée" et un moyen de créer une atmosphère amicale et informelle dans leurs négociations avec les Tibétains. F.M. Bailey projeta des films à Lhassa, en 1924, tout comme le fit Frederick Williamson à son tour en 1936. Ce dernier a même diverti le 13ème Dalaï-Lama avec Charlot. La mission Gould de 1936 a ainsi apporté avec elle un grand nombre des films de Charlie Chaplin , mais aussi Rintintin dans la Nui t (1926), qui fit un carton à Lhassa.


La mission indienne

reprit cette activité publicitaire et projeta aux Tibétains des documentaires indiens appropriés et des films de fiction. La première salle de cinéma commerciale au Tibet semble avoir été ouverte au début des années trente à Lhassa, par deux Ladakhis de la famille de commerçants Radhu, Mohamed Ashgar et Sirajuddin. Leur petit cinéma dans le quartier du Barkor, près de la maison Shatra, projetait des classiques indiens comme Anarkali (1935), initiant par là le processus de transformation des Tibétains (en particulier les femmes) en amateurs transis des films hindi.

Une salle de cinéma plus grande, Joyeuse Lumière (Deki Wolnang), fut construite en 1958 par un fonctionnaire du gouvernement tibétain, Liushar, et par un commerçant musulman, Ramzan. Mais le soulèvement de Lhassa en mars 1959 marqua la fin de cette aventure, notamment en raison du fait qu’un contingent de combattants tibétains y prit position et que le cinéma en fut gravement endommagé.

L’occupation chinoise

L’occupation chinoise de 1950 apporta avec elle son lot de films de propagande, initialement projetés en extérieur, à Wondoe Shinga, à Lhassa. Un grand drap suspendu sur le mur à l’arrière de la vieille demeure Trimon servait initialement d’écran, puis un auditorium fut construit peu après. Les Chinois projetaient leurs propres films de propagande, comme La Fille aux Cheveux Blancs (Bai Mao Nu) , ainsi que des documentaires communistes, mais également des films du réalisateur marxiste indien Bimal Roy, Do Bigha Zamin ( 1953), et même Awara de Raj Kapoor (1951), qui était doublé (textes et chansons) en chinois et devint extrêmement populaire.

Les Chinois produisirent aussi plusieurs films de propagande dans les années 1960 et 70 sur les démons du "système féodal mangeur d’hommes". Deux des plus célèbres sont Serf (1963, avec Nongnu, chinois, Shingdren, tibétain), aussi intitulé Jampa, et Gangri Mikchu (les Larmes de la Montagne). Avec la libéralisation de Deng apparurent des films en quelque sorte moins propagandistes, tels que Le Voleur de Chevaux (Tien Zhuangzhuan g, 1986).

Le voleur de chevaux

Mais la propagande restait toujours la raison d’être de la réalisation des films chinois sur le Tibet. On se rappellera de La Vallée de la Rivière Rouge (Feng Ziaoning , 1996) et La Chanson du Tibet (Xie Fei, 2000). Bien que ces films emploient des acteurs et des figurants tibétains, il n’y a jusqu’à présent jamais eu de film de fiction d’importance véritablement dirigé ou produit par un Tibétain en Chine.

En 1990, la Troupe de Théâtre de Lhassa a produit un long-métrage, probablement tourné en vidéo, Potala’i Sangdam (Les secrets du Potala) . Après quelques projections initiales, le film fut officiellement interdit, car il montrait le 5ème Dalaï-Lama rencontrant l’empereur chinois Shunzhi en 1652 sans effectuer un kow-tow. Du point de vue des faits, la plupart des historiens s’accordent à dire que le Dalaï-Lama fut reçu à cette époque en tant que souverain indépendant. En 1996, la Troupe de Théâtre de Lhassa retravailla le script pour en faire une pièce adaptée et partit en tournée à travers la Chine, jusqu’à ce que les autorités l’interdisent finalement, dès la fin de l’année, pour "raisons politiques" non spécifiées.

La réalisation au Tibet reste difficile . En, 2010, le réalisateur tibétain Dhondup Wangchen a été condamné à six ans de prison en Chine pour avoir filmé un documentaire dans lequel des Tibétains disent du bien du Dalaï lama et se plaignent de la façon dont leur culture est étouffée.. Le film, intitulé "Laisser la peur en arrière" ("Leaving Fear Behind"), présente une série d’interviews avec des Tibétains exprimant leur amour pour leur chef spirituel exilé en Inde et leur désenchantement quant à l’impact des Jeux olympiques de Pékin sur leur qualité de vie.

Dhondup Wangchen a été condamné le 28 décembre à Xining, capitale de la province de Qinghai, indique un communiqué publié sur le site www.leavingfearbehind.com, qui fait la promotion du film et appelle à la libération du réalisateur.

Les réalisateurs tibétains de l’exil

En exil, le premier Tibétain à avoir véritablement réalisé un film de fiction est très certainement Gungthang Tsultrim, chef du camp de réfugiés tibétains de Clement Town, dans le district de Dehra Dun, en Inde. Tsultrim fut le directeur fondateur de la Société de danse et d’art dramatique de l’Amdo. Bien que son film fut réalisé au milieu des années 1960, son fil directeur consistait essentiellement à recréer des scènes de l’ancien Tibet, notamment de l’Amdo. Le scénario retraçait la vie de l’empereur tibétain Songtsen Gampo. Malheureusement, à cause des divergences politiques entre Tsultrim et Gyalo Thondup, le frère du Dalaï-Lama, et avec le gouvernement en exil, cet exemple pionnier de réalisation d’un film tibétain resta largement inconnu auprès de la société tibétaine, et la pellicule semble avoir été perdue après le meurtre de Tsultrim en 1977.

Donc n’ayant pas d’information précise sur le film de Tsultrim, nous devons considérer Phorba (la Coupe) de Khyentse Norbu comme étant le premier vrai long-métrage tibétain. Ce travail d’un éminent lama (Dzongsar Jamyang Khyentse Rimpoche, pour le nommer complètement), Phorba fut un fabuleux premier succès, gagnant un prix à Cannes et recevant des récompenses et des félicitations du monde entier.

Khyentse Rimpoche, qui est un Tibétain bhoutanais, a fait du Bhoutan le sujet de son second film, Voyageurs et Magiciens, sorti en 2004.

1998 vit la sortie de Lungta (Chevaux du vent) qui, bien que dirigé par le réalisateur américain Paul Wagner, comporte de nombreux apports tibétains dans sa création. Avec un scénariste tibétain, Thupten Tsering et d’autres jeunes Tibétains y participant, ce fut l’un des seuls films de fiction qui avait pour sujet la répression politique au sein du Tibet occupé par les Chinois. Un grand nombre de scènes ont été tournées clandestinement à Lhassa, lors d’une sorte de guérilla cinématographique, ce qui donna au film un angle réaliste.

Surtout, Lungta dégage un sentiment très local, "une odeur de tsampa" comme disent les Tibétains. Un film vidéo, Tsampai Shenkhok (Loyauté), produit par le Tibetan Institute of Performing Arts et dirigé par Jamyang Dorjee, sortit en 1999. Cela raconte l’histoire de jeunes Tibétains à Lhassa, qui défient des forces d’occupation chinoises. L’histoire avait été adaptée du film indien Shaheed.

Dans We are No Monks (2004), le réalisateur Pema Dhondup nous raconte l’histoire de quatre amis vivant à Dharamsala. Le film traite de la dichotomie des jeunes réfugiés tentant de créer une vie normale dans leur monde d’exil, mais sentant que leur patriotisme et leur idéalisme les tirent dans une autre direction.

Dreaming Lhasa, dirigé et produit par Tenzin Sonam et Ritu Sarin, sortit à la fin de 2004. Ce film raconte l’histoire d’une jeune Tibétaine, une réalisatrice venue des Etats-Unis, qui rencontre l’amitié et parfois la frustration et la souffrance dans une communauté de réfugiés en Inde. A Dharamsala, elle est entraînée par l’étrange quête d’un nouvel arrivant du Tibet qui recherche un combattant résistant disparu depuis longtemps.

Le couple de cinéastes Tenzin Sonam et Ritu Sarin ont également une série de films documentaires à leur actif, dont Le Cirque de l’Ombre : la CIA au Tibet (1998).

LES FILMS TIBETAINS EN FRANCE et EN SUISSE

- 2ème Festival du film tibétain, 17-18 fév. 2012, Paris
- 4ème Festival du film tibétain, 16-17 nov. 2012, Zurich

Version anglaise

Although followed occasionally by such fairly forgettable films as Storm Over Tibet (1952), Hammer Film ??s Abominable Snowman of the Himalayas (1957), the dreadful musical remake of Lost Horizon (1973) and Golden Child (1986), among others, Hollywood has in recent years provided us and more satisfying and big budget fare as in Seven Years in Tibetand Kundun.

Besides movies actually claiming to be about Tibet (in no matter how fantastic a sense) clichéd references to Tibet often occur in films having little to do with that country. For instance Tibet makes "cameo" spiritual appearances in Kim (1945), The Millionairess (1960), The Road to Hongkong (1962), The Razor ??s Edge (1984), Little Buddha (1993), The Shadow (1994), Omaha (1995), Ace Ventura : When Nature Calls (1995), and most recently in Bullet Proof Monk (2003).
British India and the Introduction of Cinema to Tibet

Apart from merely serving as a subject or a jokey aside for some Hollywood films, Tibet does have its own special history, albeit a modest one, of encounter and interaction with this revolutionary invention from the West. The earliest reference to a film screening in Tibet is an unusual one, where the stereotype of the white sahib displaying Western scientific magic to awe-struck natives, is stood on its head. British records inform us that "as early as 1920-21 Charles Bell watched films in Tsarong ??s (the commander in chief of the Tibetan army) private screening room." [1]

Following the Bell mission of 1920 subsequent British missions to Lhasa appear to have used cinema as "a little mild propaganda" and a means of creating a friendly and informal atmosphere in their dealings with the Tibetans. F.M. Bailey showed films in Lhasa in 1924, as did Frederick Williamson in 1936. The latter even entertained the Thirteenth Dalai Lama with Charlie Chaplin. The Gould Mission of 1936 not only brought with them a number of Charlie Chaplin early one-reelers but also Rin-Tin-Tin in The Night Cry (1926), which became a big hit in Lhasa. Newsreels of military parades, royal pageants, and (during the war) such Pathé news reviews as Victory in the Desert, seem to have gone down well with the local audience. Tibetans also reportedly enjoyed films about Tibet, shot by British visitors, of local landmarks, religious ceremonies, dances, and dignitaries.

After the departure of the British from the sub continent, the Indian mission took up this publicity task and showed appropriate Indian documentary and feature films to Tibetans.

The first commercial cinema hall in Tibet appears to have opened in Lhasa in the early thirties by two Ladakhis of the Radhu mercantile family, Mohamed Ashgar and Sirajuddin. Their small cinema in the Barkor area near Shatra house screened such Indian classics as Anarkali (1935), thereby initiating the process of turning Tibetans (especially Tibetan women) into devoted Hindi movie fans. Hollywood films as Tarzan, Jungle Jim and Lassie Come Home (1943), were also popular. A larger cinema hall, Happy Light (Deki Wolnang), was built in 1958 by a Tibetan government official, Liushar, and a Muslim merchant, Ramzan, but the Lhasa Uprising of March 1959 spelled its end, especially as a contingent of Tibetan fighters held out at the cinema and it suffered much damage.

The Chinese occupation of Tibet in 1950 brought with it Communist propaganda films initially shown outdoors at Wondoe Shinga grounds in Lhasa. A large cloth screen hung on the back wall of the old Trimon mansion, initially served as screen but an auditorium was constructed soon after. The Chinese not only screened their own propaganda feature films as The White Haired Girl (Bai Mao Nu) and Communist documentaries, but also such films by Marxist Indian filmmaker Bimal Roy, Do Bigha Zamin (1953), and even Raj Kapoor ??s Awara (1951), which was dubbed, songs and all, in Chinese, and which became hugely popular not only in Tibet but also in East Turkestan (Xinjiang). When Vikram Seth visited East Turkestan in the 1980s, people there, noting he was an Indian, would enquire about Raj and Rita, the protagonists of the film.

The Chinese also made a few propaganda features in the sixties and seventies about the evils of the "feudal man-eating system", two of the most well-known releases being Serf (1963, a.k.a Nongnu, Chinese, Shingdren, Tibetan) also titled Jampa, and Gangri Mikchu (Tears of the Mountain). With Deng ??s liberalisation came somewhat less propagandistic films as The Horsethief (Tien Zhuangzhuang, 1986, 88 min). But propaganda still remains the raison dêtre of Chinese filmmaking on Tibet, as such later releases as Red River Valley (a.k.a Yizizhuoma, Feng Ziaoning, 1996, 120 min) and Song of Tibet (Xie Fei, 2000, 104 min) demonstrates. These two films on Tibet are regularly screened at official Chinese "Tibetan Cultural Festivals", as recently as 2004 in Toronto, Canada. Though these movies employed Tibetan actors and extras, there has, so far been no major feature film actually directed or produced by a Tibetan.

Tibetans from Lhasa television and official performing arts organisations have made a few tele-films. In 1990 (?) the Lhasa Theatre Troupe produced a full length feature (probably shot on video), Potala ??i Sangdam (Secrets of the Potala). After some initial screenings the movie was officially banned, because it reportedly showed the 5th Dalai Lama meeting the Chinese Emperor Shunzhi in 1652 without performing a kow-tow. In point of fact most historians agree that the Dalai Lama was received as an independent sovereign. In 1996 the Lhasa Theatre Troupe reworked their film-script into a play and toured China until the authorities banned it late in the year, citing unspecified "political reasons".
Tibetan Filmmakers

Since their encounter with the modern world, by way of British India, Tibetans enthusiastically took to such inventions as photography and we first hear of a Tibetan using a camera around 1908. The cinema came a bit later. As mentioned earlier, the Tibetan aristocrat Tsarong was screening films in his house in Lhasa as early as 1912. Tsarong also acquired a cine-camera, and Heinrich Harrer tells us in Seven Years in Tibet that in Lhasa he saw some films shot by Tsarong ??s son Dundul Namgyal (George) and he was impressed at the professional quality of the work. Harrer also tells us that the young 14th Dalai Lama was a keen cinematographer and that in fact he commissioned Harrer to build him a private cinema hall.

The first Tibetan to actually make a feature film could quite possibly have been the late Gungthang Tsultrim, head of the Tibetan refugee settlement at Clement town in Dehra Dun district, India. Tsultrim was the founder/director of the Amdo Dance and Drama Society and had written and produced a play in the early sixties on the life of the Tibetan Emperor, Songtsen Gampo. Tsultrim hired equipment and technicians from Bombay and shot his film partly in Clement town and partly in Ladakh. This film was made in the mid-seventies, and though having a story line largely recreated scenes of life in old Tibet, particularly Amdo. Unfortunately, because of Tsultrim ??s political differences with Gyalo Thondup the Dalai Lama ??s brother and the government-in-exile, this pioneering example of Tibetan film-making has been largely unknown to Tibetan society, and the negative and prints of this film appear to have been lost after Tsultrim ??s murder in 1977. The Illustrated Weekly of India did a write-up on this film with photographs of scenes from the film.

So in lieu of definite information about Tsultrim ??s film we would have to consider Khyentse Norbu ??s Phorpa (The Cup) to be the first proper full-length Tibetan feature film. The work of an eminent lama (Dzongsar Jamyang Khyentse Rimpoche, to give his full name), Phorpa was a tremendously successful first film, winning a prize at Cannes and receiving awards and accolades world wide. Rimpoche, who is Tibetan/Bhutanese, has made Bhutan the subject of his second film Travellers and Magicians which was released in 2004.

1998 saw the release of Lungta (Windhorse) which, though directed by the American filmmaker Paul Wagner, had considerable Tibetan input into its creation. With a Tibetan screenwriter, Thupten Tsering, and other young Tibetans participating, this was one of the only feature-films that addressed the political repression in Communist-occupied Tibet. A number of sequences were covertly shot in Lhasa city, in a kind of guerilla film-making, which gave the film a realistic edge. Overall Windhorse has a very indigenous feel to it  ?? "a smell of tsampa", as Tibetans might say. A video-film Tsampai Shenkhok (Loyalty), produced by the Tibetan Institute of Performing Arts, and directed by Jamyang Dorjee, was released in 1999. It tells the story of young Tibetans in Lhasa city defying the Chinese occupation forces. The story was adapted from the Indian film Shaheed.

In We Are No Monks (2004), filmmaker Pema Dhondup tells the story of four friends living in Dharamshala. The film deals with the dichotomy of young refugees attempting to create a normal life in their exile world, but feeling their patriotism and idealism pulling them in another direction. Bollywood actor, Gulshan Grover, is cast as a local police officer who, in the course of his duties, encounters these confused, angry and hard-drinking young men.

Dreaming Lhasa directed and produced by Tenzin Sonam and Ritu Sarin, will be released at the end of 2004. It tells the story of a young Tibetan woman, a filmmaker from the United States, finding friendship and at times frustration and sorrow in the refugee community in India. In Dharamshala she is drawn into the strange search of a new arrival from Tibet for a long-vanished resistance fighter.

The husband/wife team of Tenzin Sonam and Ritu Sarin are successful documentary film makers. Four of these are about Tibet :

The Reincarnation of Khentse Rimpoche (1991), The Trials of Telo Rimpoche (1994), A Stranger in My Native Land (1998), and The Shadow Circus : The CIA in Tibet (1998).

Tsering Rhitar, a resident of Kathmandu, won a major South Asian documentary film award with The Spirit Doesn ??t Come Anymore (1997). He has also made a feature film Mukundo (1999) about a female shaman of Nepal.

Another Kathmandu-based Tibetan filmmaker, Kesang Tseten, has two documentaries to his credit : We Homes Chaps (2001), and On the Road With the Red God (2004).
P.S.

This is a preliminary draft outline of a more extensive essay on Tibetan cinema, and some of the information requires rechecking. Anyone intending to cite any information or quote any passage from this work should first get in touch with the author.
Footnotes

[1] Hansen, Peter H. "Tibetan Horizon : Tibet and the Cinema in the Early 20th Century", Imagining Tibet : Perceptions, Projections and Fantasies, Thierry Dodin & Heinz Rather (eds.), Wisdom Publications, Boston, 2001, p. 96.