Le Nanar du mois d’Avril 2017

  • Mis à jour : 2 avril

« LA MOMIE AZTEQUE CONTRE LE ROBOT HUMAIN »

Réalisation : Rafael PORTILLO
Acteur : Ramon GAY - Rosa ARENAS - Croix ALVARADO - Luis ACEVES CASTANEDA - Jorge MONDRAGON - Arturo MARTINEZ
Scénariste : Alfredo SALAZAR

Monteur et scénariste, Rafael Portillo réalise son premier long métrage en 1953 El Fantasma se enamora. Il interviendra “dans l’ombre” dans la réalisation de plusieurs films hollywoodiens tournés au Mexique comme « De la terre à la lune » (1958) ou « La pluie du diable » (1975). Il reste surtout connu pour avoir tourné la trilogie des momies aztèques :
1957 : « La momia azteca »
1957 : « La maldicion de la momia azteca »
1957 : « La momia azteca contra el robot humano »

Un an après les deux premiers épisodes de la saga de La momie aztèque, Portillo remet le couvert avec un titre pour le moins original : « La momie aztèque contre le robot ». Outre la curiosité que provoque l’intitulé de l’œuvre, les fans de la saga ne peuvent que se réjouir de retrouver les aventures de Popoca et du Docteur Chauve-Souris !

Synopsis =

Le docteur Krupp, un scientifique fou, devenu un malfaiteur sous le nom de « la chauve-souris » veut s’emparer du pectoral et d’un bracelet que porte une momie. Sur ces objets sont en effet gravés des hiéroglyphes indiquant l’emplacement du trésor des Aztèques, richesse qui doit permettre à Krupp de devenir maitre du monde. Mais Pococa, la momie aztèque, gardienne de ces ornements sacrés, reprend vie pour châtier les individus qui tentent de les lui dérober. Les précédentes tentatives du Dr Krupp et de ses sbires ont d’ailleurs échoué. Mais après avoir disparu pendant cinq ans la chauve-souris réapparaît : il a mis au point un robot humain qui doit combattre et vaincre la momie aztèque…

Critique ... enfin si on peut dire

Ce qui s’est passé avant

Nous retrouvons nos héros quelques années après les événements qui avaient émaillé la vie paisible de la cité mexicaine et du temple aztèque. Contrairement au deuxième opus qui se plaçait dans la lignée directe du premier, La momie aztèque contre le robot se base sur une ellipse plutôt conséquente. Le grand, beau et fort Docteur Almada se charge donc de nous narrer ce qui s’est passé durant cette ellipse mais aussi le déroulement des deux premiers épisodes !

Et c’est justement là que le bât blesse. En prenant plus d’une demi-heure à nous remontrer des images déjà vues dans les films précédents, Portillo donne un immense coup de mou à son métrage. L’enchevêtrement de ces éléments déjà connus endort complètement l’intrigue dans la première moitié de ce film qui, comme d’habitude, ne dure pas plus d’une heure.

Ainsi dans une villa luxueuse, on explique devant un parterre de scientifiques et sous l’oeil bienveillant de la maîtresse de maison un peu parapluie dans le corps, à la remémoration d’une cérémonie aztèque. Un pauvre type obligé d’avaler une potion et permettant ainsi une célébration surréaliste : un prêtresse diva soprano le tout avec un accompagnement de tambourin qui me fait pensre à mon petit-fils lors de l’essai de son tambour reçu en cadeau à Noël. Tout ça pour aboutir au sacrifice d’une superbe nana.

Puis c’est le souvenir d’une descente dans les catacombes aztèques (pas romaines .... Soyez attentifs bigre !). Bon évidemment apparemment il n’y a pas d’issue mais en s’y mettant tous il ouvre la pierre (bon ça fait 30 s de film gagné) qui débouche sur un tombeau dans lequel se trouve un squelette. Bon vous me direz pas de quoi faire un tabac. Oui mais le squelette à un pectoral en or et ça ça vaut la peine. Oui, mais voilà il y a une malédiction car on pique pas comme cela un pectoral. Voilà t’y pas que se pointe la momie aztèque (mélange du monstre de Frankestein et de la Chose.... vous reconnaîtrez le texte de la momie). Heureusement le professeur et ses sbires s’en tire de justesse et heureusement car le film aurait tourné court. Alors tout va bien direz vous. Ben non car la momie a de la suite dans les idées ; Il va récupréer le pectoral et en même temps la copine du professeur. Pour l punir il va la sacrifier comme la nana quelques images plus tôt. Alors .... alors ... .
Ce n’est pas zorro qui arrive mais son copain et les autres professeurs. Un coup de revolver mais nib , car une momie c’est immortelle. Heureusement il y a le futé du coin qui a pris un crucifix et ça la momie elle n’aime pas. Cela donne le temps aux autres de s’échapper et tout le monde aurait été sauf si le type au crucifixn’avait pas voulu faire du zèle et tripoter le feu qui lui a pêté à la gueule. Bon il aura un hommage national.

Tout le monde est bien embêté car le pectoral est toujours en bas et que cette satanée momie continue à faire des siennes. C’est ainsi qu’elle fiche le bazar dans un laboratoire , bouzillant en passant un des gardes du corps et surtout le docteur Krupp (sosie du docteur Bombard) qu’elle donne à bouffer aux serpents. Seulement on ne sait pas pourquoi les serpents en ont pas voulu (????° et heureusement sinon il n’y aurait pas eu ce film.

L’action à mener maintenant

Cette fois on va pouvoir suivre les aventures en temps réel . Il était temps après 30 minutes de film. Enfin pas tout à fait car il est raconté un épisode au cours duquel le Dr Krupp part faire une balade avec la femme du professeur sortie de son lit par une phrase rituel répété sans arrêt (elle prend quand même le temps de mettre sa robe de chambre .... il fait froid non mais ) et son garde du corps (défiguré dans le labo), dans un cimetière pour rendre visite à la momie. Bon ! Parce qu’au mexique on n’est pas chien . Dans un cimetière mexicain on peut mettre aussi des aztèques.
Cette sortie nocturne n’est pas passé inaperçue et même si le Docteur a fait en sorte que la dame ne se souvienne de rien, sa petite fille a tout vu et il en faut pas moins pour mettre la puce à l’oreille du professeur. Avec ses acolytes il retrouve la tombe de l’aztèque et s’apprête à mener une action efficace.

Nous voilà dans le labo du Dr Krupp forcé d’assister avec les professeurs à lka naissance du Robot. Dans une ambiance Frankestalienne, avec les ampoules , l’orage , un coeur qui bat, le robot nait. Et là crise de fou rire. C’est un mélange d’homme et de machine : un robot humain.

Parce qu’il est pas stupide le docteur. Comme un robot ça manque un peu d’intelligence et que les hommes sont victimes de la malédiction, demander à un robot humain de piquer le pectorale, alors ça c’est pas con. Avec son robot ilretourne dans le cimétière. En passant le gardien qui avait déjà pris un coup lors de la première visite , en prend un second par le robot. Puis vient la confrontation avec la momie. Grand moment désopilant. Bon je vous laisse deviner qui va gagner et la fin très moralisatrice.

Dans ce film, le temps semble pourtant long, très long, et les séquences qui faisaient la réussite des deux premiers films se transforment ici en vastes moments d’ennui. Les personnages eux-mêmes en pâtissent et ne parviennent plus à captiver. Mais pour vous récompenser d’avoir été jusqu’au bous je vous propose le film en entier. Attention avancer un peu pour éviter ce sifflement incommodant (sans doute la malédiction de la momie) .

Le film est essentiellement constitué de joutes oratoires absurdes et de bagarres mollassonnes dans des décors miteux de laboratoires ou de repaires de gangsters. Il faut attendre le dernier quart d’heure pour assister enfin à l’affrontement sans merci entre la momie et le robot radioactif, mais pas très actif. Le film date de 1959 mais le caractère infantile de son récit – on n’ose pas évoquer l’aspect extrêmement rudimentaire de sa mise en scène – ferait passer les sérials américains des années 30 pour des modèles de sophistication et de profondeur psychologique.

Entre spectacle de patronage et cour de récréation, La Momie aztèque contre le robot constitue le bas du panier de la pléthorique production mexicaine bis, qui possède ses perles et ses trésors cachés. Mais c’est un nanar qui satisfera les « complétistes » les plus persévérants, capables de patienter jusqu’à l’apparition amusante de ce robot humain, guère gâté par son créateur.

Le cinéaste saborde donc la saga qu’il avait créée un an plus tôt. Aucun rythme, aucun relief, La momie aztèque contre le robot est sans aucun doute le pire film de la saga. En rabâchant des séquences déjà vues et en bâclant des personnages qui avaient fait le succès des deux premiers opus, le mexicain assassine littéralement Popoca et ses ennemis !