Palmarès du FIFDH 2017

  • Mis à jour : 13 avril

CLOTURE de la 15ème édition du FIFDH

Pour son 15ème anniversaire, le FIFDH s’impose comme un rendez-vous incontournable dans le paysage international des grands festivals de cinéma. Cette 15ème édition a drainé un public toujours plus nombreux et souvent jeune. En témoignent, les salles combles et les files d’attente auxquelles ont dû faire face les spectateurs. Le programme proposait une immersion dans des thématiques parfois difficiles voire tragiques : on y parle de disparitions forcées, de torture, de montée des extrémismes, de scandales financiers, mais aussi d’engagement et de courage. Des thèmes habituellement absents des écrans, qui frappent les esprits et suscitent en chacun l’envie, le besoin de se mobiliser.

Le rendez-vous majeur des droits humains

La lutte contre l’impunité et pour la justice figurait au cœur du Forum du FIFDH 2017. Avec des témoignages poignants, comme celui de Mazen al-Hamada, survivant de la torture dans les prisons du régime syrien, de Tawakkol Karman, Prix Nobel de la Paix 2011 qui appelait à la fin des hostilités ignorées par les médias au Yémen, ou encore ceux des opposant.e.s Asli Erdogan (par vidéo), Pinar Selek, Yavuz Baydar et Kerem Altiparkmak pour dénoncer les dérives autoritaires du président Recep Tayyip Erdogan.

Le débat consacré aux droits des femmes a réuni les militantes féministes Rokhaya Diallo, Françoise Girard et Agata Czarnacka. Tandis qu’au chapitre des droits des LGBTI, l’activiste ougandaise Cleopatra Kambugu, protagoniste du film « The Pearl of Africa » a marqué l’assistance de son témoignage émouvant.

L’ancienne présidente du Brésil Dilma Rousseff a livré un vibrant plaidoyer en faveur de politiques volontaristes de réduction de la pauvreté, profitant de son passage à Genève pour affirmer son soutien à une candidature de Lula à l’élection présidentielle de 2018 au Brésil.

Cinéma : des films ancrés dans la réalité

Film à la portée symbolique importante dans les Etats-Unis d’aujourd’hui et grande surprise des derniers Oscars, « Moonlight », de Barry Jenkins, a fait salle comble à toutes ses projections.
Dans le style cher au réalisateur finlandais Aki Kaurismäki, la rencontre avec les comédiens de son dernier film « L’Autre Côté de l’Espoir » était empreinte d’humour, de profondeur et d’humanisme. Les deux acteurs, Sakari Kuosmanen et Sherwan Haji, sont venus échanger avec le public curieux et engagé sur des questions liées au rôle de l’Europe dans le contexte migratoire actuel.

Le public du Festival a également pu rencontrer de grands cinéastes ayant fait le voyage à Genève pour présenter leur dernier film : Raoul Peck (« I Am Not Your Negro »), Bertrand Bonello (« Nocturama »), Manon Loizeau (« Silent War »), Michele Placido (« 7 Minuti »), Pamela Yates (« 500 Years »), Sanjeewa Pushpakumara (« Burning Birds ») ou encore Raed Andoni (« Ghost Hunting »).

Des lieux toujours plus nombreux pour accueillir le Festival

Les projections organisées en partenariat avec les communes et des associations dans plus de 40 lieux du Grand Genève et de Suisse romande (théâtres, musées, maisons de quartier, hôpitaux, salles de sport, restaurants, etc.) ont accueilli un public extrêmement nombreux. La convivialité des espaces de projection a favorisé l’échange et la proximité entre les intervenants et les spectateurs.
Trois centres d’hébergement collectifs pour personnes migrantes de l’Hospice Général ont ouvert leurs portes durant ces dix jours. Concerts et buffets avaient été organisés par les habitants des lieux contribuant à les intégrer en tant qu’acteurs à part entière de la vie locale.
Pour la première fois, un jury de cinéma composé de détenus de la prison de la Brenaz a visionné une sélection de films suisses lors de projections chargées d‘émotion. Leur prix figure au palmarès officiel du Festival.

PALMARES OFFICIEL

-  Section Documentaires de création
Le Jury International documentaires de création était présidé par Deeyah Khan, aux côtés de Laurent Gaudé, Farahnaz Sharifi, Wu Wenguang et Elena Fortes.

  • GRAND PRIX DE GENEVE
    « The War Show » de Obaidah Zytoon and Andreas Dalsgaard
    « Film de mémoire, film de combat The War Show porte haut les valeurs de la liberté. Obaidah Zytoon et Andreas Dalsgaard racontent de l’intérieur le courage d’une génération. Ce film reste marqué en nous pour nous rappeler la beauté de l’engagement. C’est aussi un magnifique hommage à ceux que la répression a englouti. »
  • PRIX GILDA VIEIRA DE MELLO EN HOMMAGE A SON FILS SERGIO VIEIRA DE MELLO
    « I Am Not Your Negro »
    de Raoul Peck
    « En réveillant la figure de l’écrivain James Baldwin, le film donne à entendre l’intelligence face à la brutalité. Le mariage des voix, des images d’archive, de la musique forme un objet artistique puissant et envoûtant. Dans une période où les préjugés et le racisme s’expriment sans honte à visage découvert, la voix de Raoul Peck nous rappelle l’urgence de ce long combat pour l’égalité. »
  • PRIX DU JURY DES JEUNES
    « The Good Postman » de Tonislav Hristov
    « En racontant l’histoire d’un postier dans un village bulgare qui s’engage en faveur de l’accueil des migrants, Tonislav Hristov transmet avec émotion et humour le projet utopique de ce héros atypique. Une thématique au cœur de l’actualité qui représente avec brio les enjeux qui s’opposent à nos frontières. La forme originale du film, se rapprochant parfois de la fiction, ainsi que l’esthétisme des images contribuent à poétiser cette quête perdue. »

Section Fiction et droits humains
Le Jury International Fiction et droits humains était présidé par Mounir Fatmi, aux côtés de Pınar Selek, Farzana Wahidy et Clarisse Colliard.

  • GRAND PRIX FICTION ET DROITS HUMAINS ( CHF 10’000 )
  • « Burning Birds » de Sanjeewa Pushpakumara
    « Le jury a décidé à l’unanimité de décerner le prix de la Fondation Hélène et Victor Barbour au film Burning Birds (Sri Lanka/France/Pays-Bas/Qatar) de Sanjeewa Pushpakumara. En utilisant le cinéma avec talent et engagement au service des droits humains, le réalisateur dévoile la situation au Sri Lanka et dénonce avec courage la réalité des femmes dans les contextes de guerre. »
  • MENTION SPECIALE DU JURY FICTION INTERNATIONAL
    « Era O Hotel Cambridge » de Eliane Caffé
    « Le jury a également décidé de donner une mention spéciale à Era O Hotel Cambridge de Eliane Caffé (Brésil, France, Espagne) pour l’originalité, la maîtrise et l’empathie autour de l’urgente situation des réfugiés au niveau mondial. »
  • PRIX DU JURY DES JEUNES ( CHF 500 )
  • « Burning Birds » de Sanjeewa Pushpakumara
  • MENTION SPECIALE DU JURY DES JEUNES COMPETITION FICTION
    « Mimosas, la voie de l’Atlas » de Oliver Laxe
    « Nous voulons donner une mention spéciale à Mimosas, la voie de l’Atlas de Oliver Laxe, qui nous a frappé par la force de son message sur la spiritualité et nous a émerveillé par la beauté du cadre, des paysages et des costumes. »

Section OMCT
Décerné par le Jury de l’OMCT, attribué à un.e cinéaste dont le film témoigne de son engagement en faveur des droits humains, pour soutenir l’écriture de son prochain film.

  • GRAND PRIX DE L’ORGANISATION MONDIALE CONTRE LA TORTURE (OMCT)
    « Silent War » de Manon Loizeau
    « Silent War traite avec subtilité, pudeur et une incroyable puissance la thématique du viol utilisé comme arme de guerre qui, bien qu’elle soit trop souvent ignorée et reléguée au second plan, continue d’affliger nombre de femmes, communautés et de pays dans le monde. Et la double peine qui pèse sur la victime est le comble de l’horreur. En plus d’être convaincant et factuel sans montrer une seule scène des atrocités infusibles, l’appel au secours de ce film est une œuvre d’art digne d’être connue du plus grand nombre. »
  • PRIX DU JURY DE LA BRENAZ
    Le gagnant de cette 1ère édition à la Brenaz est le film documentaire de Nicolas Wadimoff, « Jean Ziegler, l’optimisme de la volonté ».