Le cinéma lybien

  • Mis à jour : 3 février

La Libye est d’abord représentée au cinéma dans de courts films documentaires au moment de son occupation par les troupes italiennes. Dans les années 1950, le royaume de Libye produit quelques courts documentaires à propos de la cité antique de Lebtis Magna. Mais le premier film libyen au sens fort du terme, réalisé et joué par des Libyens, est « Indama Yaqsu al-Zaman (Le destin est très dur) », Abdella Zarok, qui sort en 1972 et est tourné en noir et blanc.

Outre les films dirigés par des Lybiens The General Organization for Cinema joue un rôle important dans la production de nombreux films, principalement des courts métrages et des documentaires mais aussi plusieurs longs métrages (elle disparaît en 2010).

Entre 1940 et 1960, de nombreux cinémas ouvrent en Libye, mais ils diffusent principalement des films italiens, égyptiens, indiens ou américains. Le public libyen n’a alors que très difficilement accès aux films libyens, qui ne sont visibles que dans la salle de projection de l’Organisation du cinéma à Tripoli et qui ne sont que très rarement édités en VHS. À partir de 1975, le gouvernement prend le contrôle des cinémas et leur interdit l’accès aux films étrangers ; les salles ferment peu à peu. La chute du dictateur Mouammar Kadhafi fin 2011 rend possible un redémarrage de la production de films et la réouverture de cinémas dans le pays.
La filmographie libyenne au sens strict se compose de dix films pour neufs réalisateurs.

Des réalisateurs lybiens

- Mohamed Ayad Driza
- Youssef Chaabane
- Mohamed Ali Fernaji
- Qassem Hawl
- Mohamed Jindi
- Khaled Khachim
- El - Hadj Rached
- Adbellah Rezzoug
- Ahmed Toukhi

Quelques films marquants

  • 1970 : « La révolte d’un peuple » _ Documentaire de Ahmed Toukhi
  • 1973 : « Indama Yaqsu al-Zaman (Le destin est très dur) » de Adbellah Rezzoug
  • 1977 : « .Le Message » (titre arabe : الرسالة [arrissala] ; titre anglais : The Message) est un film de Moustapha Akkad
    Décrivant la vie du prophète de l’islam Mahomet, ce film présente la particularité d’avoir été tourné simultanément en anglais et en arabe, avec des acteurs principaux différents selon les versions. Conformément à l’aniconisme de la tradition musulmane, le prophète n’est jamais représenté. Sa présence est « évoquée », ou « suggérée » au spectateur, par le procédé de la caméra subjective. Le même traitement est appliqué à Ali ibn Abi Talib qui « apparaît » dans le film.
    Synopsis =
    En 610, l’Occident plonge dans le Moyen Âge et beaucoup de civilisations disparaissent. Le prophète Mohammed a 40 ans. L’action prend place de l’année où il prêche le Coran à l’année de sa mort en 632.


Le message (El Risala) 6/9 par djema14

  • 1981 : « Le Lion du désert » (titre arabe أسد الصحراء, anglais Lion of the Desert) est un film américano-libyen de Moustapha Akkad sorti en 1981.
    Synopsis =
    En 1929, le chef du gouvernement italien Benito Mussolini charge le général Rodolfo Graziani de résoudre le problème de la résistance armée des Bédouins en Lybie. Ces résistants sont opposés à la colonisation de leur pays par l’Italie, et leur chef spirituel est Omar Al Mokhtar. L’objectif de Graziani est la répression et surtout, la capture de Mokhtar, mais celui-ci mène une guérilla acharnée..
    1980 :Le Lion du désert (Lion of the Desert) de Moustapha Akkada avec Anthony Quinn, Oliver Reed, Rod Steiger.
    Film mettant en exergue la résistance bédouine au fascisme, le film fut produit sur le compte en banque de Mouammar Kadhafi avec des moyens somptuaires : un décor entièrement reconstitué en plein désert à 1000 km au sud de Bengazi, le tout amené directement d’Angleterre, plus de cinq cent personnages pour le tournage. Ni une réussite cinématographique, ni un succès commercial...
  • 1981 : « La bataille de Taqraft (Ma’rakat Taqraft) » de Khaled Khachim & Mohamed Ayad Driza
  • 1985 : « Non (No !) » de El - Hadj Rached
  • 1986 : « L’écharde (Al- Shaziya) » de Mohamed Ali Fernaji
  • 1986 : « L’amour dans des ruelles étroites (Hub Fi al-Azika al-Dayiqa) » de - Mohamed Jindi
  • 1990 : « A la recherche de Layla al- ’Amiriya (Al Bahth ’An Layla al- ’Amiriya) » de Qassem Hawl
  • 1990 : « Les quatre saisons (Al-Fusul al’Arba’ad) » _ Documentaire de Mohamed Ali Fernaji
  • 1991 : « Chanson de la pluie ( Ma’azufatu al-matar) » de Adbellah Rezzoug (1991)
  • 2004 : « Shadows of a Leader : Qaddafi’s Female Bodyguards » de Rania Ajami.
    Les amazones, les "lipstick killers". La garde personnelle féminine du leader libyen, qui n’apparaît pas à l’écran, a suscité bien des fantasmes. Un film qui laisse des interrogations, mais permet de saisir des tensions internes à la société libyenne (Modernité et Islam, droits des femmes, ruralité et phénomènes urbains). Des femmes qui adoptent les stéréotypes du western, le féminisme, et les concepts de la dictature à l’ancienne en même temps...