Le cinéma thaïlandais

  • Mis à jour : 2 novembre 2016

L’histoire du cinéma thaïlandais commence avec les prémices du cinéma, quand la visite à Berne du Roi Chulalongkorn est immortalisée sur pellicule par Francois-Henri Lavancy-Clarke en 1897. Le film a ensuite été emporté à Bangkok, pour y être projeté, soulevant l’intérêt de la famille royale, mais aussi d’entrepreneurs locaux qui décident rapidement d’importer du matériel cinématographique.

Ce sont d’abord des projections de films étrangers, puis dès les années 1920, une industrie locale se développe. Dans les années 1930, on peut parler d’un premier âge d’or du cinéma thaïlandais, avec l’existence d’un certain nombre de studios de production.

Après la Seconde Guerre mondiale, des centaines de films sont produits en 16 mm, principalement des films d’action. La forte concurrence des films hollywoodiens réduit considérablement la production locale dans les années 1980.

Mais depuis les années 1990, on peut parler d’une "nouvelle vague" thaïlandaise, avec l’apparition de réalisateurs tels que Nonzee Nimibutr, Pen-ek Ratanaruang ou Apichatpong Weerasethakul, mondialement célébrés dans les festivals, ou de stars du cinéma d’action comme Tony Jaa.

1_ PREMIERS FILMS THAILANDAIS

Les archives nationales du film de Thaïlande sont situées à Nakhon Pathom.
Quand les premiers films ont été projetés en Thaïlande, on les a appelés « nang farang » ( farang : étranger), d’après le théâtre « nang » (théâtre de marionnettes traditionnel). « Aller au cinéma », dans le langage populaire se dit encore« paï dou nang » (aller regarder le nang).

Le premier film thaïlandais a été produit en 1922 par la Société Royale des Chemins de Fer thaïlandais. Intitulé « Sam Poi Luang : Grande Célébration dans le Nord », le documentaire rencontre un grand succès. Son objectif est de vanter les charmes du voyage en train grâce à ce nouveau moyen de communication qu’est le cinéma.

1922 voit aussi une coproduction entre Hollywood et la Société Royale des Chemins de Fer thaïlandais : « Nang Sao Suwan, ou Miss Suwanna de Siam », réalisé par Henry MacRae. La première a lieu le 22 juin 1923 à Bangkok au Phathanakorn Cinematograph. Malheureusement, le film est perdu.

Le premier film de fiction est « Chok Sorng Chan » (Doublement chanceux), produit par Wasuwat brothers’ Bangkok Film Company en 1927 et réalisé par Manit Wasuwat (มานิต วสุวัต). La même année, une autre société de productions, Tai Phapphayon Thai Company, sort « Mai Khit Loei (Inattendu) ». 17 films sont réalisés entre 1927 et 1932, mais seuls quelques fragments ont survécu : une minute de poursuite en voiture de « Chok Sorng Chan » ou encore une séquence de boxe de « Khrai Di Khrai Dai » (Nul autre que le brave ).

Hollywood réalise également des films au Siam pendant cette période, comme le documentaire « Chang », de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack, à propos d’un pauvre fermier qui essaye de survivre dans la jungle. Robert Kerr, qui a travaillé comme assistant d’Henry MacRae sur Miss Suwanna retourne au Siam en 1928 pour y réaliser son propre film : « La Rose blanche (The White Rose) ». Il est montré à Bangkok en septembre 1928.

2_ L’AGED’OR

En 1928, les premiers films parlants sont importés, concurrençant sévèrement les films thaïs encore muets. Comme dans la tradition benshi au Japon, les cinémas employaient des animateurs qui introduisaient les films, ainsi que des orchestres traditionnels thaïlandais qui étaient pour une grande part dans le succès des films. Mais en quelques années, les films parlants prennent le dessus. L’avènement du parlant soulève un problème : il faut traduire les films importés. Dans les premiers temps, c’est un acteur installé au fond du cinéma avec un micro qui fait la traduction simultanée des dialogues en Thaï. Le premier comédien de doublage thaïlandais connu est Sin Sibunruang, ou "Tit Khiaw", qui travaillait pour Siam Film Company. Tit Khiaw et d’autres doubleurs sont devenus eux-mêmes de véritables stars. Ils interprétaient tous les rôles, homme ou femme, aussi bien que les effets sonores : bruits de voitures, cris d’animaux ou coups de pistolet. Par ailleurs, certaines sociétés de production ont préféré pendant un temps continuer à produire des films muets (par souci d’économie) et laisser l’interprétation sonore à des comédiens de doublage. Ce qui attirait également le public lorsque le comédien était célèbre. Cette pratique a continué jusque récemment, pour des projections en plein air ou dans des zones rurales.

Par ailleurs, très tôt le code de censure promulgué en 1930 est apppliqué et s’applique encore aujourd’hui ; aucune sortie de film, VCD ou DVD ne peut se faire sans le visionnage préalable et l’accord du comité de censure. Le premier comité de censure était mixte et ses membres issus de l’aristocratie, la police ou des corps d’état. L’autorisation était matérialisée par un tampon imprimé sur chaque bobine de film et sur tout le matériel promotionnel (affiches, photos). La police gardera la responsabilité des visionnages jusqu’en septembre 2005, date à laquelle cette fonction a été transférée au Ministère de la culture.

Le premier film parlant thaïlandais est « Long Thang (Gone Astray) », produit par les frères Wasuwat, lancé le 1er avril 1932. Considéré comme un film idéologique, en pleine période de réformes politiques, le film est un succès et mène à la création de Sri Krung Talkie Film Company à Bang Kapi. La société produit 3 à 4 films par an, et sort en 1933 le premier film thaïlandais en couleurs : « Grandpa Som’s Treasure (Pu Som Fao Sap) ».
C’est cette période (jusqu’en 1942) qui est considérée comme l’âge d’or du cinéma thaïlandais.

À l’approche de la Seconde guerre mondiale, le pays vit sous le joug du dictateur Plaek Pibulsonggram, et les sociétés de production sont sommées de produire des films de propagande pour exalter le nationalisme.
L’opposition parvient néanmoins à faire passer ses idées au cinéma, lorsque l’homme politique Pridi Phanomyong produit « King of the White Elephant », en 1940. Le film se démarquait sur de nombreux points : d’une part, le réalisateur (alors ministre) n’était pas un cinéaste professionnel et il avait délibérément choisi comme acteurs des non professionnels ; d’autre part, le contenu du film, une fable historique inspirée de deux épisodes majeurs de l’histoire du Siam, était éminemment politique et la portée internationale de son propos (d’une certaine manière, c’est l’engagement du pays dans le conflit mondial qui s’y jouait) avait amené l’auteur à tourner le film directement en anglais. Le film raconte l’histoire d’un roi du Siam qui ne se résout à partir en guerre qu’après avoir été attaqué.
Film complet en VO

3_ DU 16mm AU 35 mm

Pour des raisons d’économie, l’industrie du cinéma thaïlandais a continué à utiliser majoritairement le 16 mm, plus facile à trouver et à utiliser, pendant de longues années. La production annuelle de films sonores 35 mm est tombée à deux ou trois films par an. Cette production était parfois ambitieuse — les deux films de Rat Pestanyi l’illustrent parfaitement, qu’il s’agisse du bref documentaire culturel consacré à une représentation de théâtre classique « Khon » (1959) ou d’une œuvre de fiction « Phrae dam »/Black Silk–Soie noire (1961) — mais sa diffusion restait relativement limitée. Parallèlement, s’est alors développée en quelques années une production réalisée avec des moyens de fortune : matériel de cinéaste amateur, pellicule couleur 16 mm réversible, copies par contact. Il n’y avait pas de bande sonore : les films étaient doublés en direct pendant la projection par le projectionniste lui-même ou par un ou des doubleurs(s) professionnel(s). Cette production était le fait d’éphémères petites compagnies reposant sur un noyau d’acteurs souvent venus du théâtre populaire, spécialisés dans des emplois typés et dont le jeu et l’apparence étaient extrêmement conventionnels. Ce noyau d’acteurs assurait les seconds rôles tandis que les premiers rôles étaient tenus par un couple de vedettes que l’on retrouvait de film en film.


Rattana Pestonji

C’est Rattana Pestonji qui tourne le premier en 35 mm et lance un mouvement pour améliorer les qualités artistiques et techniques des films thaïlandais. La plupart de ses films sont considérés aujourd’hui comme des chefs-d’œuvre, au rang desquels « Santi-Weena », premier film thaïlandais à être sélectionné en compétition dans un festival étranger en 1955 (Southeast Asian Film Festival à Tokyo), ou bien « Black Silk » en 1961, premier film thaïlandais en compétition au Festival de Berlin.

Santi-Weena

Bien qu’il ait réalisé peu de films, Rattana a œuvré sans relâche à l’élévation des standards et à la promotion internationale du cinéma thaïlandais. Il est mort en 1970, alors qu’il tentait de créer un Centre National du Cinéma.

4 _ LES ANNEES 1970 ET 80

À la suite de la mise en place d’une lourde taxe sur les films importés en 1977, la production de films explose à la fin des années 1970. En représailles, Hollywood décrète un boycott sur la Thaïlande. Pour la seule année 1978, la Thaïlande produit 150 films. Beaucoup d’entre eux sont de piètre qualité, des séries B baptisées par les critiques «  nam nao  » ou « eau croupie ».

Mais des films sociaux et engagés sont également produits ; on peut citer le Prince Chatrichalerm Yuko, membre de la famille royale éduqué aux États-Unis, qui réalise notamment « Khao Chue Karn (Dr Karn) », film qui s’attaque à la corruption au sein du service militaire et a manqué d’être censuré par le régime militaire de Thanom Kittikachorn. Chatrichalerm a également réalisé « Hotel Angel (Thep Thida Rong Raem) », un film qui évoque le destin d’une jeune femme piégée par la prostitution. Il a réalisé des dizaines de films à vocation sociale jusque dans les années 1990, et une super-production historique, « Suriyothai » en 2001.

Un autre cinéaste notable de cette époque est Vichit Kounavudhi, maître du film d’action, mais aussi de films engagés comme « Première Épouse (First Wife) », qui aborde le sujet des "mia noi" (seconde épouse). Vichit a aussi réalisé « Her Name is Boonrawd » (1985), sur la prostitution organisée autour d’une base militaire américaine pendant la guerre du Viêt Nam. Ses films les plus connus sont deux docu-fictions, « Khon Phukao » (Mountain People / Les Gens de la montagne), l’aventure d’un jeune couple de montagnards, et « Look Isan » (Son of the Northeast / Fils du Nord-Est), qui retrace la vie d’une famille d’agriculteurs à Isan dans les années 1930.

En 1985, Yuttana Mukdanasit réalise « Pee Seua lae Dawkmai (Butterfly and Flower / Papillon et fleur) », film qui traite de la dureté de la vie à la frontière sud. Le film a non seulement servi de révélateur des difficultés rurales dans la société thaïe, mais a également fait date en ce qu’il évoque une relation Bouddhiste-Musulman. Il a remporté le titre de Meilleur Film au Hawaii International Film Festival.

5_ LA NOUVELLE VAGUE THAILANDAISE

Après 1981, Hollywood recommence à envoyer des films en Thaïlande. La télévision, comme partout dans le monde, devient une culture de masse. Ces circonstances provoquent une mise en sommeil de l’industrie cinématographique et une chute sévère du nombre de films produits (une dizaine par an au milieu des années 1990).

En 1997, en pleine crise économique asiatique, trois réalisateurs de publicité, Nonzee Nimibutr, Pen-ek Ratanaruang et Wisit Sasanatieng partagent l’idée qu’il faut améliorer la qualité artistique des films pour attirer à la fois les investisseurs et le public. Ils mettent en pratique leurs idées immédiatement, en réalisant « Dang Bireley and the Young Gangsters » ( Antapan Krong Muang) pour Nonzee et « Fun Bar Karaoke » pour Pen-Ek, deux films policiers, succès publics en Thaïlande et succès d’estime dans les festivals internationaux en 1997.

Fun Bar Karaoke

Nonzee réalise ensuite en 1999 un film de fantômes, « Nang Nak » qui dépasse le succès du précédent en amassant 149.6 millions de bahts - le plus gros box-office jamais vu en son temps.

Wisit, qui a écrit les scénarios de « Dang Bireley’s de Nang Nak » réalise « Les Larmes du tigre noir », un western stylisé, hommage aux films d’action thaïlandais des années 1960 et 70. C’est le premier film thaïlandais à être présenté au Festival de Cannes. On peut aussi évoquer les frères « Oxyde et Danny Pang » de Hong Kong, venus en Thaïlande pour y réaliser des films de genre tels que « Bangkok Dangerous ou The Eye. »

Bangkok Dangerous

6 _ L’AVANT GARDE THAILANDAISE

À la suite de cette nouvelle vague « commerciale », se développe une production de films indépendants, courts-métrages et films expérimentaux. Le chef de file de ce mouvement est Apichatpong Weerasethakul, dont le film « Blissfully Yours » a remporté le prix Un Certain Regard au Festival de Cannes en 2002.

Blissfully Yours

Comprenant une scène sexuellement chargée entre un Birman et une Thaïlandaise, le film n’a été que très peu diffusé au cinéma en Thaïlande et le DVD n’a pu y être distribué qu’amputé de cette scène. Le système de tampon de la censure fonctionne encore aujourd’hui, et chaque VCD et DVD doit en porter la marque pour prouver qu’il a passé la censure. Sont ainsi prohibées à la télévision les scènes de sexe, de nudité, la présence d’alcool, de cigarettes ou de pistolets. En vidéo, pour simplifier le problème, ces scènes sont fréquemment floutées. Certains films récents se sont même moqués de cette pratique, tels « Jaew » ou« M.A.I.D.. »
Les DVD importés, eux, ne sont généralement pas altérés par la censure, même si le Ministère de la culture décourage fortement leur distribution. Depuis que le Ministère est chargé de la censure, une quarantaine de films ont été interdits, même si la liste n’est pas rendue publique1.
Le film suivant d’Apichatpong, « Tropical Malady », qui relate un amour homosexuel entre un soldat et un jeune homme de la campagne a remporté le prix du jury au Festival de Cannes mais n’a connu également qu’une distribution timide en Thaïlande.

Tropical Malady
Parmi les autres réalisateurs indépendants, on peut citer Pramote Sangsorn, Thunska Pansittivorakul et Sompot Chidgasornpongse.

7_ GENRES

7.1. _ Action

Le film d’action est le genre roi en Thaïlande. Dans les années 1960 et 70, quand Mitr Chaibancha et Sombat Metanee trônaient au box-office, des centaines de films d’action ont été tournés.
Plus récemment, les films d’arts martiaux avec « Tony Jaa », « Ong-Bak » et « L’Honneur du dragon (Tom-Yum-Goong) », ont fait accéder le cinéma d’action thaïlandais à une renommée internationale. « Born to Fight (Kerd ma lui) », chorégraphié par Panna Rittikrai, qui a œuvré pendant des années dans des films à petit budget directement produits pour la vidéo, est de la même veine.

L’Honneur du dragon

La comédie d’action est également un genre très populaire, avec par exemple « Killer Tattoo » de Yuthlert Sippapak, en 2001, avec Petchtai Wongkamlao et Thep Po-Ngam dans le rôle de tueurs à gages maladroits.

7.2 _ Animation

L’histoire du cinéma d’animation thaïlandais commence après la Seconde Guerre mondiale, quand le gouvernement commande à l’artiste Sanae Klaikluen des courts-métrages pédagogiques recommandant le port du chapeau et des bottes aux fermiers thaïlandais.

  • Le travail de Sanae influencera Payut Ngaokrachang, qui réalise « Haed Mahasajan » en 1955, un court-métrage dont le personnage principal est un policier qui fait la circulation. C’est Payut qui réalisera en 1979 le seul long-métrage d’animation sur celluloïd : « Les Aventures de Sudsakorn ».

Mais le coût des films d’animation traditionnels étant trop élevé (à cause de la quantité de personnel nécessaire), l’industrie les délaisse. Plus récemment, avec le développement informatique, la Thaïlande essaye de devenir une plaque tournante pour l’animation en 3D. Aujourd’hui, de nombreuses séries télévisées, des publicités et des jeux vidéo y sont fabriqués.

En 2006, la Thaïlande a sorti son premier long-métrage d’animation en images de synthèse :« Khan Kluay », qui raconte l’histoire de l’éléphant de guerre du Roi Naresuan. Il est réalisé par Kompin Kemgunerd, qui a notamment travaillé sur des films produits par Disney comme Atlantis ou Tarzan et Blue Sky Studios, comme L’Âge de glace. Même si le processus est entièrement informatisé, Kompin a dû faire face aux mêmes difficultés à trouver du personnel qualifié que Payut.

7.3._ Comédies

Quel que soit leur genre - action, horreur ou romance - la plupart des films thaïlandais intègrent des éléments de comédie. Une comédie classique des années 1960 est « Ngern Ngern Ngern » (Money, Money, Money / Argent, argent, argent). Le comédien Lor Tork y interprète un prêteur sur gages dont le fils tombe amoureux de la fille de son débiteur.

En 2005, la comédie « The Holy Man » (Luang phii theng / L’Homme saint) avec Pongsak Pongsuwan dans le rôle d’un voyou qui se fait passer pour un moine bouddhiste a été l’un des plus gros succès au box-office thaïlandais.

7.4._ Films policiers

La plupart des films de Pen-ek Ratanaruang sont des films policiers, depuis son premier film « Fun Bar Karaoke » en 1997, jusqu’à « Vagues invisibles » en 2006.

Fun Bar Karaoke

Un autre film policier connu est « Keunbab prompiram » (Macabre Case of Prom Pirom / Le Cas macabre de Prom Pirom) de Manop Udomdej, qui a créé la controverse puisqu’il s’inspire de faits réels : le viol d’une jeune femme dans un village à la campagne en 1977. Le film a été sélectionné dans de nombreux festivals internationaux, tels que le New York Asian Film Festival.
S’inspirant également de faits réels, « Zee-Oui » (2004) retrace les aventures d’un serial-killer cannibale à Bangkok en 1946.

7.5._ Films & homosexualité

Les katoey (transsexuels/travestis) et les homosexuels sont souvent cantonnés à des personnages comiques ou de méchants dans la plupart des films. Cependant, quelques films en ont fait des héros à part entière.
L’un des premiers est « Satreelex, the Iron Ladies », de Youngyooth Thongkonthun en 2000. Le film est inspiré de l’histoire vraie d’une équipe de volley-ball constituée d’homosexuels, travestis et transsexuels qui remporta le championnat national en 1996. il a connu un grand succès en Thaïlande est une certaine reconnaissance à l’international. À tel point qu’une suite a été réalisée en 2003 : « Satree Lek 2 ».

Satreelex, the Iron Ladies

En 2002, « Saving Private Tootsie », raconte l’histoire de kathoey perdus dans la jungle après un accident d’avion. Un bataillon de l’armée thaïe, dirigé par un sergent homophobe (Sorapong Chatree) est chargé de les sauver.
La vie du champion de Muay Thai transsexuel, Parinya Kiatbusaba (ou Nong Tum), a fait l’objet d’une adaptation au cinéma en 2003 : « Beautiful Boxer », de Ekachai Uekrongtham. Contrairement à Satreelex, the Iron Ladies, le film aborde le sujet d’une manière sérieuse.

En 2003 toujours, le film « Tropical Malady, » d’Apichatpong Weerasethakul raconte l’histoire d’amour entre un soldat thaïlandais et un jeune homme de la campagne. Le film s’inspire d’une légende traditionnelle où l’esprit d’un tigre Chaman, poursuit un soldat dans la jungle. Le film a remporté le Prix du Jury au Festival de Cannes. Apichatpong a également coréalisé « The Adventure of Iron Pussy », avec l’artiste Michael Shaowanasai, un film numérique à petit budget dont le héros est un travesti agent secret. Le film est une comédie musicale, hommage et parodie des films des années 1960, dont le héros est fortement inspiré des rôles de Petchara Chaowarat.

En 2005, le film « Rainbow Boys », consacré à une relation homosexuelle contemporaine, n’a été que peu distribué. Enfin, en 2006 « The Last Song », remake d’un film de 1985, raconte la vie d’un transsexuel danseur de cabaret qui lutte pour trouver l’amour et la reconnaissance.

En 2007, le film « Bangkok Love Story » de Poj Arnon raconte l’histoire d’amour entre Mehk, un tueur à gage, et Eit, sa cible. En 2015, le film pornographique parodique « Jurassic Porn » fait parler de lui dans la presse internationale.

Bangkok Love Story

7.6._ Films historiques

Le film historique est aussi un incontournable du cinéma thaïlandais : l’une des plus grosses productions est « Suriyothai » de Chatrichalerm Yukol en 2003. On peut citer également « King Naresuan » (2006), qui évoque le règne de Naresuan au xvie siècle.
Tanit Jitnukul a réalisé plusieurs films historiques, tels « Bang Rajan », « Sema : Warrior of Ayutthaya » ou « Kun Pan : Legend of the Warlord. »
Concernant l’histoire plus contemporaine, « The Overture » raconte la vie d’un musicien de palace des années 1800 à 1940, et « The Tin Mine », évoque la vie dans une mine en Thaïlande du sud dans les années 1950.

7.7._ Films d’horreur

En 1999, « Nang Nak » de Nonzee Nimibutr, une histoire de fantômes usée jusqu’à la corde, déjà racontée dans maints et maints films thaïlandais, a relancé une vague de films d’horreur et de suspense. Ce film a été suivi par « The Eye », des frères Pang, la compilation pan-asiatique de Nonzee Trois histoires de l’au-delà (Three), « Bangkok Haunted », réalisé par Pisuth Praesaeng-Iam et Oxide Pang et l’énorme succès au box-office en 2004 de Banjong Pisanthanakun et Parkpoom Wongpoom, « Shutter ».
Comme slasher movies, on peut citer « Art of the Devil » et sa suite en 2005, ou bien « Scared et Narok » (Hell / Enfer), également sortis en 2005.

Les films d’horreur ont généré comme ailleurs leur pendant comique comme les films de Yuthlert Sippapak, « Buppah Rahtree » (sélectionné au Toronto International Film Festival) et sa suite, ou « Krasue Valentine ». Il existe également un film de zombis, « Sars Wars », sorti en 2004.

7.8._ Comédies musicales

Le plus gros succès du genre reste « Mon Rak Lookthung » (Magical Love in the Countryside), avec Mitr Chaibancha et Petchara Chaowarat qui a monopolisé les salles de cinéma pendant 6 mois en 1970.
S’en est suivie une vague de comédies musicales luk thung, célébrant les beautés de la vie rurale à Isan. Un autre exemple est « Ai Tui » (Mr. Tui), de Dokdin Kanyamarn en 1971, avec Sombat Metanee et Petchara.
En 2001, deux films ont à nouveau remis le luk thung à l’honneur : « Monpleng Luk Thung FM » (Hoedown Showdown) et « Monrak Transistor » de Pen-ek Ratanaruang, qui rendait hommage à la musique de Suraphol Sombatcharoen. En 2005, Petchtai Wongkamlao a écrit, réalisé et interprété « Yam Yasothon », un hommage aux comédies musicales des années 1970, gros succès au box-office thaïlandais.

7.9. _ Comédies sentimentales

Les comédies sentimentales à tendance lacrimale sont souvent de grands succès d’audience. Historiquement, « Plae Chow » (The Old Scar / La Vieille Cicatrice) de Cherd Songsri en 1970, reste le grand classique de l’amour maudit et a été l’un des premiers films thaïlandais à connaître un succès international.
Plus récemment, les cinémas ont dû distribuer des mouchoirs en papier aux projections de « The Letter » : Jod Mai Rak.

En 2003, « Fan Chan », film collectif de 6 réalisateurs, s’est attaqué aux amours adolescentes. L’un des six, Komgrit Treewimol, a poursuivi dans cette veine avec « Dear Dakanda », l’un des succès de 2005.

7.10. _ Teen movies

Les "films pour adolescents" sont devenus un genre à part entière dès les années 1970, avec « Wai Ounlawon » de Piak Poster, qui raconte l’amour d’un jeune homme pour une adolescente, évidemment contrecarré par le père intraitable de la jeune fille. 30 ans plus tard, les deux acteurs ont repris leur rôle (ils sont devenus parents) dans une suite réalisée en 2005 : « Wai Ounlawon 4 » (Oops… There’s Dad / Oups, voilà Papa).
La bande-son joue un rôle important dans ces films, à la fois dans la réalisation où elle tient une part importante, et dans le marketing des films puisque les bandes originales sont également devenues des best-sellers.

8. _ FESTIVALS

- Bangkok International Film Festival (depuis 2003, remise des Golden Kinaree)
- World Film Festival of Bangkok (depuis 2003 également)