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Le clown est mort et tous les enfants du cinéma sont tristes

  • Mis à jour : 14 octobre 2016

Clown, dessinateur, affichiste, magicien, cinéaste, gagman : la palette de talents de Pierre Étaix est vaste. Originaire de Roanne où il naît en 1928, graphiste de formation, initié à l’art du vitrail par le maître Théodore-Gérard Hanssen, Pierre Étaix construit essentiellement sa carrière autour du comique.

Il s’établit à Paris où il vit d’illustrations tout en se produisant dans les cabarets et music-halls, tels Le Cheval d’Or, Les Trois Baudets, l’ABC et l’Alhambra, Bobino et l’Olympia, ainsi qu’au cirque avec le clown Nino.

Il rencontre Jacques Tati en 1954 pour qui il travaille comme dessinateur et gagman à la préparation de son film « Mon oncle », dont il réalise l’affiche, puis comme assistant réalisateur sur le tournage (1958).

Il se produit avec son numéro de music-hall, en 1960, dans le spectacle de Jacques Tati :« Jour de fête » à l’Olympia. Pierre Étaix s’inscrit dans le prolongement des grands maîtres du slapstick (cinéma comique du temps du muet) tels Buster Keaton, Harold Lloyd, Harry Langdon, Max Linder, Charlie Chaplin et Laurel et Hardy qu’il admire sans limite et auxquels il a rendu graphiquement de nombreux hommages.

Son apprentissage avec Jacques Tati de la construction comique, proprement cinématographique, le conduit assez naturellement à la réalisation de son premier court métrage « Rupture », qu’il cosigne avec Jean-Claude Carrière. Au lendemain du tournage du film, Pierre Étaix présente à son producteur l’idée du son deuxième court métrage « Heureux anniversaire », également cosigné avec Jean-Claude Carrière. Le film obtient, entre autres, l’Oscar du meilleur court métrage de fiction (Oscars 1963).

Il réalise son premier long métrage « Le Soupirant » en 1963, puis « Yoyo » en 1964, où il rend un vibrant hommage au monde du cirque qui le fascine depuis toujours. Il réalise ensuite deux autres longs métrages « Tant qu’on a la santé » (1965), « Le Grand Amour » (1968) qu’il co-écrit avec Jean-Claude Carrière.

Durant l’été 1969, il réalise « Pays de cocagne » (Celui que je préfère) en 16 mm, film pour lequel il est honni par la critique qui ne lui pardonne pas son triste constat de l’épanouissement de la société de consommation, au lendemain de mai 68. Dès lors, il entame une longue traversée du désert cinématographique.

Devant la raréfaction des artistes de cirque français, Pierre Étaix prend la décision de fonder l’École nationale de cirque en 1973, avec son épouse Annie Fratellini (depuis 1969), et se produit essentiellement en clown blanc avec elle, durant les tournées de leur propre cirque, après avoir longtemps joué l’Auguste.

En 1985, il signe sa première pièce de théâtre « L’âge de monsieur est avancé », authentique hommage à Sacha Guitry et à l’art du théâtre. On lui refuse cependant la mise en scène, que l’on confie à Jean Poiret. Devant le succès de la pièce, on lui demande l’adaptation télévisuelle en 1987. Il réalise le film et interprète le rôle principal avec pour partenaires Nicole Calfan et Jean Carmet. L’année suivante il répond à une commande de La Sept pour une soirée thématique sur Georges Méliès et réalise le court métrage en images de synthèse « Rêve d’artiste » ou le cauchemar de Méliès interprété par Christophe Malavoy, ainsi que le feuilleton Rapt de la série Souris noire qui obtient le FIPA d’argent.

En 1989, il se voit confier la réalisation du premier film de fiction en format omnimax, « J’écris dans l’espace », pour La Géode de la Villette en 1989 ; commande qui lui est faite pour les célébrations du bicentenaire de la Révolution, autour d’un sujet imposé sur l’invention du télégraphe, dont il écrit le scénario avec Jean-Claude Carrière. C’est avec ce dernier film que s’arrête la carrière cinématographique de Pierre Étaix.

En octobre 2009, c’est la consécration, le Festival Lumière à Lyon, qui s’est donné pour objectif principal la restauration de films ainsi que leur projection le temps du festival dans tout le Grand Lyon, a reconnu les talents de Pierre Étaix en créant une rétrospective Vive Pierre Étaix !

En janvier 2010, il remonte sur les planches, avec son nouveau spectacle de music-hall Miousik Papillon, où, alliant musique et slapstick, il réapparaît sous les traits de Yoyo, à Bordeaux d’abord, puis à Lausanne et en tournée en France3.

Le 16 novembre 2011, l’Academy Of Motion Picture Arts And Sciences, (Académie des Oscars du cinéma), lui rend hommage à Los Angeles, lors de la soirée Pierre Étaix : The Laughter Returns.

Depuis la fin novembre 2012, il revient en piste sous le chapiteau du cirque Joseph Bouglione à Chatou, sous les traits de son personnage légendaire de Yoyo, pour faire-valoir, Pieric, son ancien élève de l’école.

Fin septembre 2014, il remonte sur les planches pour un spectacle unique au théâtre Berthelot de Montreuil, aux côtés de Michel Fau, Nicole Calfan, le magicien Pierre Switon, les clowns Housch-Ma-Housch et Pieric.

Il reçoit en mars 2015 un trophée d’honneur pour l’ensemble de sa carrière lors de la cérémonie du 10e anniversaire des Prix Henri-Langlois & Rencontres Internationales du Cinéma de Patrimoine.

Son parcours est retracé sous forme d’abécédaire dans « C’est ça, Pierre Étaix » (Séguier/Arte)4, coécrit par son épouse Odile et son fils, Marc Étaix.


Pierre Etaix, Buster Keaton, Jackie Chan et les... par LEXPRESS