Le Nanar de Février 2016

  • Mis à jour : 27 janvier 2016

LE NANAR DU MOIS

Alors que le 7° ou 8° épisodes ... enfin je ne sais plus.... de la saga « STAR WARS » vient de paraître, un film paru en 1977 avait déjà évoqué la lutte dans les étoiles. A cette époque il avait fait moins le buzz que les films de Lucas... C’est pas juste ! Cultures & Cinémas est là pour attirer l’attention de ses internautes favoris sur ce chef d’oeuvre..... mais avant tout rendons hommage à Nanarland véritablement cinémathèque des plus fameux navets de l’histoire du cinéma. Bon d’accord il faut dire qu’il s’agit pas de la Guerre des Etoiles mais de la « Bataille des Etoiles »... Celle que parfois on pert sans perdre la guerre. Donc forcément c’est moins porteur mais quand même !

LA BATAILLE DES ETOILES
• Titre original : Battaglie Negli Spazi Stellari
• Réalisateur : Alfonso Brescia, (sous le pseudo de Al Bradly)
• Année : 1977
• Pays : Italie
• Genre : OVNI d’occasion (Catégorie : Space opera)
• Durée : 1h20
• Acteurs principaux : Jason Palance, John Richardson, Gisela Hahn, Marisa Longo

Revenons vingt ans en arrière. Nous sommes en été 1983. Le petit monde des aficionados attend fébrilement le troisième volet de « La Guerre des étoiles » (« Le retour du Jedi » pour ceux qui auraient été dans le coma ses 30 dernières années), dont la sortie est prévue pour octobre et qu’on annonce déjà comme une révolution dans le domaine des effets spéciaux. C’est alors qu’un distributeur nanar ("Elysée Films" pour ne pas le nommer) se dit "Tiens, y’a un coup à faire ! En s’y prenant bien, on doit pouvoir trouver un space opera inédit, le sortir au mois d’août et ainsi griller George Lucas !’’.

Armé d’une pelle, le distributeur se rend donc dans les marais de la Cinecitta, terre promise du nanar, et commence à creuser dans un endroit bien mou. Très vite, il extrait de la vase un objet filmique enfoui là depuis 1977. ’’Victoire !’’ s’exclame-t-il en visionnant la bande. Notre explorateur des bas-fonds rentre alors à Paris, fait doubler le chef-d’oeuvre par des copains, en tire 3-4 copies cradingues, et, le 17 août 1983 à 14h, c’est le drame : « La Bataille des Etoiles », signé Al Bradly (alias Al Bradley alias Alfonso Brescia) est projeté sur les écrans médusés.

A bord d’une maquette de vaisseau spatial à l’esthétique pompée sur celle de « Cosmos 99 », des spationautes en pyjama ornés de bonnets de bain rouges entrent en contact avec un astéroïde qui dégage un gros champ magnétique. Alors vous pensez bien qu’il faut prendre cela au sérieux et pourtant ......


Bon les gars, quoiqu’il arrive, vous gardez votre sérieux...

Intrigué, le sous-chef des grands Schtroumpfs intersidéraux décide de faire une petite ballade dans l’espace. Et c’est parti pour un vol en apesanteur, incrustation sur fond bleu qui a sûrement été réglée par le même gars qui a commis les effets spéciaux de l’incroyable « homme-puma ». (on reconnaît son style !). Avec de grosses nappes de claviers Bontempi bien planantes, ça fait toujours son petit effet.


Un film en état de grâce... Voyage ... Voyaaaage

Puis, deux spationautes investissent un suppositoire géant... euh, une navette spatiale, pardon ! et se posent en terra incognita. Avec une ridicule lampe-torche, ils explorent l’astéroïde comme ils descendraient dans une cave, mais hélas pour eux, le caillou est habité par des momies de l’espace qui les zigouillent aussi sec. C’est toujours comme ça... on croit toujours que c’est mieux ailleurs.


Taquines, ces momies...

A bord du vaisseau-mère, l’équipage observe la scène avec terreur :
’’- Il y a des humains sur cette planète, c’est inouï !
- Mmh ! Ils ressemblent plutôt à des restes humains !’’


Gare à la colère de l’homme-steak haché !

Les momies sont en fait Les Gonianes, habitants de la planète Gonian qui ont décidé de coloniser la Terre et de prendre apparence humaine histoire d’être moins laids. Ils débarquent au Mexique, estourbissent trois scientifiques auxquels ils volent leurs pyjamas et mettent à exécution leur plan diabolique. (NDLR : Quand je pense qu’il y en a qui organisent des soirées pyjama .... ça fout la trouille !

Heureusement pour nous, pauvres terriens, un envoyé de la planète Galimède accompagné de son fils androïde, le petit Azar (rien à voir avec l’homme d’état espagnol.... toujours à la recherche de l’homme providentiel) , nous protège des Gonianes. Le petit Galimède possède une boule de sapin de Noël... euh, pardon ! une arme d’une puissance hors du commun qui permet de faire disparaître les affreux :

’’On dirait un jouet mais c’est l’arme la plus puissante de l’univers, c’est l’Arme Absolue ! Un laser d’une force incroyable !’’


Avec une dégaine pareille faut pas s’étonner que l’univers entier ait envie de lui coller des tartes.

Et donc, après moult péripéties lambinantes / sorties dans l’espace foireuses / soucoupes volantes en carton / cosmonautes à bonnets de caoutchouc / gros ordinateur qui clignote / figurants momies maquillés avec un mélange de terre glaise et d’asticots (véridique !), nos Héros débarrasseront la planète de la menace Goniane. Ouf ! On l’a échappé belle !


L’informatique du futur telle qu’on la voyait dans les années 70.

Vous l’avez deviné en regardant les images, ce film est un sommet du bricolo-cheap ringard. Ecrit et tourné par un nanardeur récidiviste (Al Bradly) avec le budget habituel que concèdent à leurs yes-men les producteurs de bis italiens (une poignée de lires pour appâter la buse et mon pied au derrière pendant le tournage), c’est une catastrophe monumentale qui peinerait même à rivaliser avec la SF de pacotille américaine des années 50/60(genre « Robot Monster », « Kolos », etc.). Cela n’a pas empêché les producteurs sans scrupules de le remonter sous cinq versions différentes à quelques aménagements de scénario près et de le refourguer un peu partout dans le monde et sous différents titres à des éditeurs de VHS encore moins scrupuleux.

Finalement, ce qui est le plus drôle à propos de ce film, c’est d’imaginer la tête que devaient faire à la sortie de la projection les (deux) spectateurs pas très au courant qui ont cru que ce truc était VRAIMENT le troisième épisode de « StarWars ». En tous cas, d’après les rumeurs qui circulent dans les milieux autorisés, ce film a eu pour conséquence de ruiner totalement la carrière de George Lucas, dont « Le Retour du Jedi » fut proprement écrasé par la concurrence déloyale des momies de l’espace. Depuis lors, devenu à moitié fou, ce pauvre George passe son temps à boire et zoner dans la banlieue d’Hollywood en hurlant ’’Al Bradly m’a tuer !’’. Un destin bien cruel mais c’est la dure loi du showbiz.